Droits des personnes transgenres : voici pourquoi des manifestations avaient lieu ce dimanche 26 mai "partout en France"

L'Organisation de solidarité transgenre (OST) de Reims (Marne) a mené un rassemblement ce dimanche 26 mai, parmi plusieurs organisés sur tout le territoire. Il visait à défendre les droits des personnes trans, notamment des mineurs, dans le collimateur d'une proposition de loi émanant de la droite sénatoriale.

Bis repetitia. Une semaine après avoir porté ses revendications au sein d'une marche des fiertés (Pride) vue comme politique, l'Organisation de solidarité transgenre (OST) de Reims (Marne) se réunissait à nouveau ce dimanche 26 mai 2024, comme partout en France

Le but des membres de cette antenne de création récente : défendre leurs droits alors que la droite sénatoriale ambitionne de restreindre les transitions médicales chez les mineurs, le mardi 28 mai. L'OST veut aussi s'insérer sur le champ politique en demandant de nouveaux droits et en participant à des manifestations de convergence des luttes (revendications sociales lors du 1er mai, par exemple).

Clément Barbet, reporter de France 3 Champagne-Ardenne, s'est rendu à 16h00 sur la place Saint-Thomas, pas loin de la gare de Reims. Une quarantaine de personnes étaient décomptées par l'organisation sur les coups de 16h30. Parmi elles, Cassandre, qui explique que "cette proposition de loi [PPL; ndlr] fait partie d'une offensive réactionnaire globale sur les droits des personnages LGBTQIA+ en France [lesbiennes, gays, bisexuel(le)s, transgenres, queers, intersexes, asexuel(le)s, et autres : termes expliqués en cliquant sur le sigle; ndlr]"

Les enfants "victimes d'une panique morale"

"Cette proposition de loi attaque directement nos droits, elle utilise des arguments qu'on entend depuis des années et qui sont faux. Elle utilise des paniques morales en s'attaquant aux droits des enfants. Pour nous, elle met en péril la santé de beaucoup d'enfants trans, qui aujourd'hui ont besoin de ces transitions pour vivre une vie heureuse." La militante demande le retrait de cette PPL, ou son rejet si elle devait atteindre l'Assemblée nationale après un vote majoritaire du Sénat (voir reportage vidéo ci-dessous).

 

"Des mineurs trans ont parfois besoin d'effectuer une transition médicale." Ce qui n'inclut aujourd'hui pas la très grande majorité des opérations de chirurgie, réservées aux personnes majeures. "Pour ces mineurs trans, ça peut être douloureux psychologiquement, physiquement d'être forcé à subir une puberté qui n'est pas souhaitée." Par exemple, une personne considérée comme une fille à sa naissance, mais se sentant garçon se sentira mal en voyant sa poitrine augmenter de volume, pareil pour une personne assignée garçon à la naissance qui voit sa pilosité augmenter partout sur son corps. Les bloqueurs de puberté permettent de retarder cette dernière et sont présentés comme "réversibles", en plus d'être déjà utilisés chez des mineurs cisgenres (c'est-à-dire pas transgenres) en cas de puberté précoce. Une fois que l'enfant est plus âgé et suivi, il est censé pouvoir prendre une décision sur ce qu'il souhaite.

Interdire toutes les transitions pour tous les mineurs, c'est augmenter le nombre de dépressions, et de risques de tentatives de suicide

Cassandre, militante de l'Organisation de solidarité transgenre (OST) de Reims

"C'est important d'avoir le droit de choisir d'effectuer une transition médicale. Interdire toutes les transitions pour tous les mineurs, c'est augmenter le nombre de dépressions, et de risques de tentatives de suicide. Voilà pourquoi cette proposition de loi est dangereuse." La transition peut aussi être sociale, par exemple laisser un enfant utiliser un prénom du genre opposé à l'école (ce que permet en partie la circulaire Blanquer). 

Convergence des luttes

L'OST voit aussi dans cette PPL un véritable cheval de Troie. "C'est aussi une première étape pour s'attaquer à l'ensemble des personnes trans, pas seulement mineures. C'est ce qu'on voit depuis quelques années dans les autres pays, par exemple certains États américains." Une fois les droits des personnes transgenres réduits, l'OST craint aussi de voir ceux des personnes homosexuelles d'être à leur tour menacés, et avance donc qu'elle "se bat pour tout le monde" (voir le lieu du rassemblement sur la carte ci-dessous).

Preuve que tout n'est toujours pas rose pour les personnes LGBTQIA+ en 2024, un individu s'est emparé du micro que tenait la militante Cassandre pour y proférer une injure à caractère homophobe. Imperturbable, l'OST a continué après qu'il soit parti à porter ses revendications. Et fait savoir qu'elle "continuera à se battre", multipliant les actions et prises de parole.

L'antenne était d'ailleurs présente le matin même, au parc Léo Lagrange vers 11h00, à l'hommage rendu par l'association Ex-Aequo à François Chenu et Paula Migeon, deux personnes de Reims respectivement tué(e)s en raison de leur homosexualité et de leur transidentité. De son côté, Ex-Aequo avait appelé à participer au rassemblement de l'OST à 16h00. 

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