Reims : après les orages et trois inondations en 15 jours, attente de la reconnaissance d'état de catastrophe naturelle

Au cours des orages des deux dernières semaines à Reims (Marne), l'avenue Jean Jaurès a été sinistrée en étant inondée à trois reprises. Une situation difficile pour les commerçantes et commerçants du secteur. Pour les aider, le gouvernement pourrait reconnaître l'état de catastrophe naturelle.

L'incertitude règne sur l'avenue Jean Jaurès, à Reims (Marne). Cette voie bordée de nombreux commerces points de restauration a été victime de trois inondations en série, dues aux forts orages de la mi-juin 2021.

Au niveau météorologique, la situation s'est un peu calmée. Mais les commerçantes et commerçants du secteur se retrouvent avec des enseignes parfois dévastées.

La mairie est sur le front, et une réunion a été organisée dans la soirée du mercredi 23 juin. Émilie Larché y a participé, et a répondu aux questions de France 3 Champagne-Ardenne. Elle tient l'auto-école Jean Jaurès, au numéro 65 de l'avenue éponyme (voir sur la carte ci-dessous).
 


Comment va votre auto-école ?

"Elle a été inondée trois fois de suite... Ce week-end, je vais enlever tout le sol, parce que moi, c'est du parquet. Pas du parquet massif, mais du parquet périphé avec une sous-couche en-dessous; sauf que la sous-couche est morte, elle n'a pas eu le temps de sécher... Le plus simple, c'est de tout enlever pour que l'humidité ne rentre pas dans les murs."

"J'ai racheté l'auto-école à mes anciens patrons, et je suis en activité depuis le 1er mai... C'est cool, hein ? Le mobilier était tout neuf, il a pris l'eau. Mais je me dis que ce n'est que du mobilier, et je relativise beaucoup par rapport aux commerçants des métiers de bouche dans la rue. Je pense notamment au pauvre désoeuvré de la brasserie sur le giratoire Aristide Briand, qui sort de six mois de covid et était fermé, n'a pas pu travailler... Et là, coup sur coup, trois orages, un mètre d'eau dans sa cave, l'eau à 50 centimètres dans son établissement... Clairement, je ne peux pas me plaindre."


Quelles démarches allez-vous accomplir ?

"Pour l'instant, c'est en stand-by. Monsieur Robinet [le maire de Reims; ndlr] nous a averti qu'il avait fait la demande auprès du Premier ministre pour que ça passe en état de catastrophe naturelle. Il n'y avait toujours pas de réponse positive [mercredi] soir. Mais ce serait en bonne voie. On attend d'avoir la validation de l'État, que ce soit officiel. Tant qu'on a pas ça... je ne vais entamer les démarches auprès de mon assurance, puisqu'elle me dit : attendez de voir si ça passe en état de catastrophe naturelle."
 


Que fait la mairie pour vous aider ?

"J'ai rappelé la ville ce matin, le maire a mis en place une demande de prise en charge sur Internet [1.500 euros maximum pour les dommages et 2.000 pour les travaux de protection; ndlr]. Si on a des soucis, on peut appeler [le 03 26 77 70 12; ndlr] pour qu'un agent de la ville soit détaché pour pouvoir constater. Pour mettre en place, dans un premier temps, soit des batardeaux, ou bien des barrières anti-inondation."

"Devant l'auto-école, j'ai une espèce de rebord devant la vitrine, et une marche. Ma porte d'entrée n'arrive donc pas à fleur de trottoir, il y a un passage. Donc si je mets un batardeau ou une barrière anti-inondation, je vais avoir un écart. Et quand bien même, si j'installe ça demain et qu'il y a un orage aussi violent qu'en début de semaine, l'eau passera quand-même... C'est pour ça que j'aimerais qu'un agent passe pour voir comment je pourrais procéder."


Que faites-vous en attendant ?

"Je mets des sacs de sable derrière la porte tous les soirs en partant. Je suis un peu dans le flou, dans l'attente, difficile d'en dire plus. Il n'a pas plu depuis qu'on a mis les sacs, donc je ne peux pas vous dire si ça fonctionne. Ce sont des sacs donnés mardi après-midi par la ville, qui les a reçus de mémoire de la société Point P."

"Certains crient au scandale, pas moi. Le maire a fait ce qu'il a pu, avec ce qu'il pouvait et dans l'urgence. C'est très bien. Après, je ne sais pas si tout ça va fonctionner à 100%, mais ils ont quand même mis en place quelque chose dans l'immédiateté."


Comment arrivez-vous à poursuivre votre activité, en attendant ?

"Je suis une auto-école : quand bien même mon bureau est fermé, je peux travailler à distance de chez moi. Même si je ne pouvais pas recevoir du public à cause de la montée des eaux, ça n'arrêterait pas totalement mon activité, contrairement aux autres commerçants que je citais. Je peux encore circuler en voiture : j'ai de la chance, les voitures ne restent pas avenue Jean Jaurès, je repars avec la mienne le soir car je n'habite pas Reims... mais c'est aussi un problème."


Pourquoi ?

"Si je n'habite pas à Reims et que j'apprends qu'il y a des orages, l'instant où j'arrive, je ne peux rien faire. Clairement, le temps que j'arrive, l'orage est passé depuis 25 minutes... C'est ce qui se disait à la réunion hier, il faudrait réagir tout de suite [quand ça arrive], mais si on n'est sur place, c'est problématique..." 


Que pensez-vous du bassin de rétention, proposé par des commerçant(e)s du secteur ?

"Ça pourrait être une solution. Mais est-ce que les gens, les commerçants, vont être d'accord ? C'est juste que le coût est astronomique. Je crois qu'il y en a pour 14 millions d'euros de coût total des travaux. Et il y a le temps, surtout. Ils expliquaient à la réunion que le secteur est sur un site archéologique, donc il va y voir des fouilles... Il faudrait entre deux et cinq ans de travaux, et les clients ne pourraient plus accéder aux commerces."
 

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