Orages à Reims : selon Météo France, "un phénomène qui se répète en moyenne tous les 50 ans"

Trois épisodes orageux, en trois semaines, se sont abattus sur la ville de Reims provoquant de nombreux dégâts et surtout des inondations systématiques dans certains secteurs du centre-ville. Pour Météo France, le phénomène majeur est la quantité de précipitations.

L'orage de lundi 21 juin a entrainé, une nouvelle fois, des inondations en plein cœur de la ville de Reims, comme ici Place Cérès.
L'orage de lundi 21 juin a entrainé, une nouvelle fois, des inondations en plein cœur de la ville de Reims, comme ici Place Cérès. © M. Mercier / France Télévisions

Entre 19 h 10 et 20 heures, ce lundi 21 juin, il est tombé sur la ville de Reims entre 40 et 53 mm d’eau soit 40 à 50 litres d’eau par mètre carré. Au même moment, à Prunay, là où se trouve le pluviomètre de Météo France, seulement 1 mm d’eau était observé. "Il s'agissait d'un orage très isolé qui est arrivé à maturité sur le centre de Reims, explique Alexandre Trajan, chef prévisionniste régional à Météo France. L'orage a duré une heure en deux salves, déversant entre 40 et 50 mm de pluie pile sur le centre de Reims. En soi, le phénomène n'est pas spécialement violent, sans fortes rafales de vent et sans grêle, même si au vu des échos-radars il a pu y en avoir un peu. Mais ce qui était « remarquable » c’est qu’il soit pile au-dessus de l’agglomération rémoise. L’image radar montre bien qu’à 19h30, l’intensité était la plus forte. Nous sommes dans un régime de temps très instable dans lequel des orages se développent. Le phénomène majeur, c’est la quantité de précipitations."

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Quand cela tombe au-dessus des forêts, il n’y a pas beaucoup de conséquences, à la différence des zones urbanisées où tout ruisselle car il n’y a pas ce phénomène d’éponge. 40 à 50 mm de précipitations, cela représente une grande quantité d'eau. On est proche des records quotidiens, en 1 heure seulement !

Alexandre Trajan, chef prévisionniste régional à Météo France

 

Résultat, des commerces inondés, des caves submergées et plus de 80 interventions des pompiers déclenchées.

 

L'image des échos-radars de Météo France montre qu'à 20 heures les précipitations sur la ville de Reims étaient encore de 20 mm par mètre carré.
L'image des échos-radars de Météo France montre qu'à 20 heures les précipitations sur la ville de Reims étaient encore de 20 mm par mètre carré. © Météo France

 

Premières gouttes à Germaine et effondrement à Reims

Le prévisionniste de Météo France n’explique pas ce phénomène très localisé. "Une cellule orageuse a sa vie propre. Elle naît, se développe, a sa vie et s’effondre", reprend Alexandre Trajan. Et ce lundi 21 juin, la cellule "est arrivée par le sud de Reims. Les premières gouttes sont tombées sur le village de Germaine, puis 30 mm sur la commune de Montbré, juste avant d’arriver à Reims. La cellule était instable et s’est régénérée sur Reims pour s’intensifier. C’est vraiment étonnant, reprend le prévisionniste de Météo France. Si cet orage s’était déroulé 30 km à l’est ou à l’ouest, on en n’aurait jamais parlé."

La ville de Reims a connu, en trois semaines, trois épisodes orageux très importants avec de nombreux dégâts en plein centre-ville. Quelques jours plus tôt, samedi 19 juin, le phénomène était accompagné de grosses bourrasques de vent. "La localisation était bien plus vaste. La zone pluvio-orageuse s’étendait sur 100 km sur tout le nord de la Marne, dans les Ardennes et dans l’Aisne. On a observé toute une ligne orageuse qui s’étendait jusqu’en Picardie. Il est tombé 30 mm de pluies, soit 30 l/m², essentiellement en une heure. Ce n’était pas ce caractère vraiment étonnant d’ultra-localisation comme hier (ce lundi 21 juin). Et, ce n’était pas un orage mais une zone pluvio-orageuse avec des parties actives." Autrement dit, deux heures d’activité avec une heure de pluie vraiment forte.

 

Le 19 juin dernier, il ne s'agissait pas d'un orage localisé mais bien d'une zone pluvio-orageuse, comme le montre cette image des échos-radars de Météo France.
Le 19 juin dernier, il ne s'agissait pas d'un orage localisé mais bien d'une zone pluvio-orageuse, comme le montre cette image des échos-radars de Météo France. © Météo-France

 

Pas de localisation possible

Ce mardi 22 juin et jusqu’à jeudi 24 juin, où une amélioration est annoncée dans la journée, c’est le même phénomène qui est observé dans le ciel champardennais. "On ne sait pas où seront les orages", explique encore Alexandre Trajan, chef prévisionniste régional à Météo France. "Localement, il peut y avoir, 30 à 40 ml d’eau, mais on ne peut pas dire où. La prévision des orages est compliquée pour nous. Nous donnons une probabilité. Une fois l’orage créé, on peut le suivre et faire des prévisions immédiates. C’est ce qui s’est passé dimanche dernier (le 20 juin) pour les Championnats de France de cyclisme à Epinal, explique-t-il encore. Nous avons suivi les orages, nous les avons surveillés et avons alerté sur l’heure des grosses précipitations."

C’est la mission de service public de Météo France. "Dès que cela touche la sécurité des gens, nous sommes en contact avec les préfectures et les centres opérationnels de zone. Nous réalisons un point quotidien et travaillons en relation très étroites. Et lorsqu’il y a une vulnérabilité particulière, évènements sportifs, concerts en plein air, nous étudions les risques. Nos prévisions fonctionnent 24 heures sur 24, avec un code couleur. En cas de passage en zone orange, nous suivons la zone et rafraichissons les prévisions."

 

En juin, la Marne est arrosée d'environ 60 mm de pluie en moyenne. Les 40 à 50 mm tombés hier représentent donc trois semaines des pluies de juin ! En termes de durée de retour c'est un phénomène qui se répète en moyenne tous les 50 ans. Mais attention, cela ne signifie pas que cela ne se reproduira plus pendant 49 ans ! 

Alexandre Trajan, chef prévisionniste régional à Météo France

 

Il faudra donc attendre jeudi 24 juin pour voir poindre une amélioration. "La masse d’air instable part sur l’Allemagne et la Pologne, précise encore le prévisionniste. Elle laissera place à un air sec, plus frais et plus stable".

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