Pénurie de carburants : à Reims, la voiture électrique a encore de la route à faire avant de s'imposer

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Écrit par Matti Faye .

Alors que s'est ouvert en début de semaine le Mondial de l'Auto où les nouveaux modèles électriques font le spectacle, voici un état des lieux de la situation de la voiture électrique à Reims et dans la région. Il lui reste encore du chemin à parcourir pour s'imposer face aux modèles thermiques.

Le Mondial de l'Auto a ouvert ses portes lundi 17 octobre au parc des expositions de la porte de Versailles à Paris. Avec pour slogan "Revolution in on", l'édition 2022 est le témoin de la grande transformation du secteur automobile. 

Car en 2035, il ne sera plus possible de vendre de véhicules thermiques neufs en Europe. Une mesure radicale qui force les constructeurs à s'adapter. Alors que les pénuries de carburant compliquent la vie de nombreux Français ces derniers jours, les constructeurs multiplient les annonces.

Le groupe Stellantis (ex-PSA) par exemple va produire "à brève échéance" 12 véhicules électriques en France, contre six actuellement, a annoncé ce lundi son directeur général Carlos Tavares au premier jour du salon. Certains modèles seront assemblés à Mulhouse (Haut-Rhin). Mais du côté des particuliers, la transition vers l'électrique va prendre du temps.

Des voitures électriques encore peu nombreuses

Dans le Grand Reims, la voiture reste incontournable pour les foyers. 78,5 % d'entre eux possèdent au moins un véhicule, selon des données de l'Insee de 2019. 29,6 % des foyers ont même deux véhicules ou plus.

Et les voitures diesel et essence restent très largement majoritaires. Sur les 3,3 millions de voitures enregistrées dans la région Grand Est en 2021, on comptait 1,9 million de diesel et 1,3 million d'essence. Il ne reste donc que des miettes pour les autres types de motorisation. Le ministère de la Transition écologique ne recense ainsi que 18 900 voitures électriques ou à hydrogène en 2021 dans la région.

Mais il faut toutefois noter que ce nombre a presque doublé en un an. On n'en comptait que 10 400 en 2020. Une réelle dynamique semble donc bien engagée. Et le président de la République Emmanuel Macron, qui a inauguré le Mondial de l'Auto, a fait plusieurs annonces qui ont pour objectif de stimuler encore davantage la demande.

La prime à l'achat par exemple sera augmentée de 6 000 à 7 000 euros pour la moitié des ménages. De quoi les aider à basculer vers l'électrique. Le président a également rappelé sa promesse de mettre en place un leasing à 100 euros par mois pour permettre aux plus modestes de s'équiper. Les premières livraisons pourraient avoir lieu en 2024.

La question de la recharge

Mais qui dit véhicule électrique dit nécessité de disposer de bornes de recharge en nombre suffisant pour remplumer les batteries. Et la France est pour l'instant en retard sur les objectifs qu'elle s'est fixée.

Alors que le chef de l'État comptait sur 100 000 bornes sur la voie publique fin 2021, le pays s'en comptait que 50 000 à cette date selon une estimation réalisée par Enedis, le gestionnaire du réseau électrique. Le président a fixé cette semaine un nouveau calendrier : 100 000 bornes publiques au premier semestre 2023 et 400 000 en 2030.

La région Grand Est fait partie des régions les moins bien dotées en bornes de recharge accessibles au public. Selon les dernières données communiquées par Enedis, on comptait 82 points pour 100 000 habitants dans notre région, bien moins qu'en Occitanie par exemple où ce chiffre grimpe à 128. 

Des zones à faibles émissions pour limiter la pollution de l'air

Des zones à faibles émissions (ZFE) doivent être mises en place d'ici 2025 dans toutes les agglomérations françaises de plus de 150 000 habitants. Dans ces secteurs, certains types de véhicules n'auront progressivement plus le droit de circuler. En Champagne-Ardenne, il n'y a de zone à faibles émissions qu'à Reims avec une zone qui recouvre l'hypercentre et la traversée urbaine.

Même si la voiture n'est pas toujours le mode de déplacement le plus efficace en ville, les modèles électriques apparaissent comme un atout pour montrer patte blanche à l'entrée des ZFE.

À Reims, après l'interdiction des véhicules non-classés et Crit'air 5, la mesure s'est étendue en septembre 2022 aux véhicules Crit'air 4. Un an plus tard, ce sera au tour des Crit'air 3 de ne plus pouvoir circuler dans la zone. Les véhicules classés Crit'air 2, 1 ou E auront eux toujours le droit de circuler dans la zone à faibles émissions.

"Le principe même de la zone à faibles émissions, c'est d'exclure les véhicules les plus polluants de la zone la plus polluée", rappelait en septembre sur notre antenne Laure Miller, adjointe Renaissance au maire de Reims en charge de l’écologie, de la nature en ville et des aménagements publics.

Y a-t-il déjà un effet notable de la ZFE sur l'équipement automobile des rémois ? En tout cas, on constate que les véhicules les moins polluants, classés Crit'air E, 1 ou 2 sont plus nombreux dans le Grand Reims que dans le reste de la région Grand Est ou même qu'au niveau national.

Selon des chiffres de 2021, les plus récents disponibles, 66,3 % des voitures du Grand Reims sont dans les trois meilleures catégories de vignettes Crit'air. Dans le Grand Est, ce n'est le cas que de 62,8 % des voitures. Et de 61,9 % au niveau national.

Et la transition est en cours. Comme vous pouvez le voir sur le graphique animé ci-dessous, dans la région Grand Est, les véhicules les plus polluants ont peu à peu laissé leur place à des modèles moins émetteurs de particules fines et de dioxyde d'azote.

Les véhicules Crit'air 1, presque inexistants dans les immatriculations du Grand Est en 2011, sont désormais la troisième catégorie la plus fréquente. Et ils sont en passe dépasser les Crit'air 3, dont le nombre a fondu de 370 000 voitures en dix ans dans la région.

Des aides pour changer de voiture

Dans une interview aux Echos avant le début du Mondial de l'Auto, le président Emmanuel Macron a indiqué que que 150 millions d'euros du "Fonds vert" seraient "fléchés" vers les Zones à faibles émissions (ZFE), pour accompagner ces nouvelles interdictions de circulation des véhicules les plus âgés.

"Ce qui est insupportable pour nos compatriotes, c'est quand ils ont le sentiment que la ville leur est interdite", a indiqué Emmanuel Macron. "Il faut accompagner les ménages qui ont les véhicules les plus polluants pour les aider à changer leurs véhicules et accéder au centre-ville, en lien avec les collectivités territoriales et les employeurs".

Les collectivités territoriales accompagnent déjà les particuliers et les professionnels qui doivent changer de véhicule. Dans le Grand Reims, les foyers les plus modestes concernés par la ZFE peuvent bénéficier d'une aide de 3 000 euros pour mettre un véhicule polluant à la casse et le remplacer par un modèle classé Crit'air E, 1 ou 2.

La Région Grand Est a également mis en place un dispositif de soutien pour passer à l'électrique. Il concerne les particuliers qui habitent en zone rurale ainsi que les professionnels installées dans des zones rurales ou dans une zone à faibles émissions.

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