Reims : contre toutes les violences faites aux femmes, un rassemblement le 21 novembre

Contre toutes les violences faites aux femmes, du harcèlement de rue aux agressions à domicile, Laura organise un rassemblement. Il a lieu le samedi 21 novembre à 14h30, devant le palais de justice de Reims (Marne), à l'occasion de la journée internationale contre les violences faites aux femmes.

Siffler ou insulter une femme dans la rue, lui faire des attouchements... c'est un outrage sexiste ou une agression sexuelle, et c'est puni par la loi.
Siffler ou insulter une femme dans la rue, lui faire des attouchements... c'est un outrage sexiste ou une agression sexuelle, et c'est puni par la loi. © Vanessa Meyer, MaxPPP
Laura sait ce que c'est de subir une agression sexiste ou du harcèlement de rue : être suivie dans la rue par un homme, sifflée... Laura en a assez. Et Laura aimerait que ça change. Pour elle, pour sa famille, pour ses amies... car il est difficile de trouver une femme qui n'en a jamais été victime. Elle organise un rassemblement le samedi 21 novembre 2020, une date choisie pour sa proximité avec la journée internationale contre les violences faites aux femmes.

Car c'est de cela qu'il s'agit pour réunir une centaine de personnes (selon le décompte du 27 octobre) devant le palais de justice de la place Myron Herrick, à Reims (Marne, visible sur la carte ci-dessous). D'ici là, il pourrait y avoir bien plus de monde au rendez-vous. France 3 Champagne-Ardenne a interrogé Laura sur sa démarche, organisée via le collectif Nous Toutes 51
 
"Quand j'habitais à Nancy, je militais pour Nous toutes 54. En revenant à Reims, où vit ma famille, j'ai constaté qu'il n'y avait pas ça. Je n'ai pas non plus vue de campagne de la mairie pour quoi que ce soit [contrairement à Strasbourg; ndlr]... J'ai donc créé un collectif avec deux autres personnes. Ce n'est pas une structure ni un collectif d'urgence, c'est juste notre page Facebook et un compte Instagram où nous donnons des conseils, permettons d'échanger."
 

Fédérer autour de la lutte contre les violences faites aux femmes

Heureusement, pour organiser son rassemblement, Laura peut compter sur l'assistance ou le relai de quelques structures amies. Il s'agit d'Exaequo et Transmission, des associations LGBTIQA+ (lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre, intersexe, queer, et asexuelle) de Reims : les femmes transgenres sont particulièrement victimes de harcèlement de rue, rappelle Laura. Sans oublier Femmes relais 51.

"On s'ouvre à toutes les populations, des hommes seront là. On ne se ferme pas à leur présence." En annonçant son rassemblement sur Facebook, Laura a reçu un commentaire désobligeant d'un monsieur arguant que les hommes étaient aussi victimes de violences. C'est le cas, et Laura ne le nie absolument pas. Mais ce commentaire en particulier n'a été publié que pour "discréditer" le mouvement, explique-t-elle. "On n'est pas dans un concours de celui ou celle qui subit le plus d'assassinats ou de violences. C'est comme si j'allais me plaindre à Femmes relais 51, qui aide beaucoup les femmes immigrées, que d'autres femmes ont besoin d'aide... C'est pas une compétition." 

Laura a créé ce collectif au début du mois d'octobre. Elle était d'ailleurs venue en parler le samedi 10 octobre à Laurence Laborie, qui présente le journal télévisé de France 3 Champagne-Ardenne (voir la vidéo ci-dessous).
  
Laura veut aider les femmes "à supporter leurs bourreaux". Leur redonner confiance, les soutenir. On peut prendre l'exemple du viol. "Le cliché du viol, c'est un inconnu qui attaque une jeune femme en jupe, la nuit, sur un parking. Eh bien non. Dans huit cas sur dix, elle connaît son violeur. Ça peut être son mari - car le viol conjugal existe - ou un ami, un cousin, un père ou un frère. Quand ça survient dans la famille, il y a d'ailleurs une pression pour ne pas porter plainte. On accuse la femme de vouloir détruire la famille, alors que le seul responsable, c'est celui qui a violé."

Qu'importe l'âge, la tenue, le comportement, ou le lieu : il n'y a pas de modèle-type de l'agresseur, et toutes les femmes sont concernées. Elles ont droit de se sentir en sûreté sur la voie publique et à leur domicile : la loi est de leur côté. La militante féministe dénonce tous les types de violences :
L'un de ces types de violences pourrait bientôt être plus facilement contré. Le jeudi 29 octobre, la juridiction de la Marne deviendra l'une des premières à expérimenter le port du bracelet anti-rapprochement. Il devrait permettre de mieux protéger les victimes de violences conjugales.
 

Le coronavirus pris en compte

Évidemment, l'actuel contexte sanitaire n'incite pas à organiser une manifestation, aussi bien-fondée soit-elle. Mais Laura est confiante. "La sous-préfecture ne nous a pas dit non, nous avons échangé plusieurs fois."

Aide-soignante, elle connaît les ravages du coronavirus (Covid-19) pour avoir été réquisitionnée lors de la première vague."On respectera les distanciations, on se groupera par six, il y aura de la solution hydroalcoolique... Et les personnes non-masquées ne seront pas les bienvenues. Si les règles deviennent plus strictes, on n'ira pas au-delà de la loi, et ce sera reporté. Je ne veux pas mettre la vie des gens en danger." Même les plus belles causes doivent savoir patienter devant ces circonstances exceptionnelles. Mais ça ne sera que reculer pour mieux sauter.
 
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