Reims : des jeunes gens violemment agressés et filmés après "une blague potache" à la cathédrale

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Écrit par Matthieu Mercier
Des jeunes ont été passés à tabac à Reims, et filmés grâce à un smartphone, une enquête est en cours.
Des jeunes ont été passés à tabac à Reims, et filmés grâce à un smartphone, une enquête est en cours. © capture écran Twitter

Une nouvelle fois, des jeunes gens ont été victimes d'agressions violentes, filmées avec un smartphone. Les faits se sont produits à Reims, une enquête est en cours pour identifier les auteurs. 

La vidéo de 34 secondes tourne sur les réseaux sociaux depuis jeudi 11 mars au soir. Aujourd'hui, elle affole TiK Tok, Twitter et Snapchat suscitant de nombreux commentaires en tous genres. Une fois de plus, il s'agit du "happy slapping". Ce terme anglais qui désigne le fait que des personnes soient agressées et filmées avant de se retrouver sur les réseaux sociaux. Dans cette vidéo, on y voit des jeunes gens passés à tabac, sous l'oeil d'un smartphone, tenu par un témoin qui n'agit pas. Deux scènes bien distinctes sont filmées. Dans la première qui dure quinze secondes, six jeunes, filles et garçons, sont à genoux sur un prie-Dieu, dans un édifice religieux de Reims. Ils rient et font un signe de croix, l'un d'entre eux fume une cigarette dans l'édifice, une fille leur impose une croix sur le front. 

Sur la deuxième séquence, ces mêmes jeunes sont debout, en ligne, à l'extérieur, et se font frapper par d'autres jeunes, plus âgés. Des gifles violentes. L'un d'entre-eux est jeté au sol, avant de s'être s'excusé "pour les actes à l'église, envers les chrétiens". Une voix de femme demande aux agresseurs de se calmer. Le procureur de la République de Reims, Matthieu Bourrette a confirmé à France 3 Champagne-Ardenne, qu'une enquête a été ouverte jeudi 11 mars, sur la base de deux signalements d'établissements scolaires : "enquête pour violences en réunion et happy slapping". 

La police nationale a ainsi été saisie pour enquêter sur ces faits. Selon nos informations, l'identification des auteurs de l'agression est bien avancée. Les vidéos ont été visionnées par les enquêteurs. Deux noms ont été rapportés. Les victimes sont connues, mais pour l'instant (ce vendredi 12 mars, Ndlr) pas encore de plaintes déposées, et la personne qui filme n'est pas identifiée. Il faut encore réunir les protagonistes. L'agression pourrait avoir lieu dans le secteur des hautes promenades à Reims, l'enquête ne fait que débuter. Mais les vidéos sont encore visibles sur Internet. 

D'après une source bien informée, les faits auraient eu lieu d'abord dans la cathédrale de Reims. L'un des jeunes masque sur le menton, à genou sur le prie-Dieu, avait une cigarette éteinte. Ces éléments ont été diffusés sur les réseaux sociaux et certains jeunes ont pris ombrage de cela et les ont invités à se rendre derrière le monument aux morts de Reims. Se sont présentés uniquement des garçons C'est là qu'ils ont été agressés. Mais aucune ITT n'a été reconnue. L’un des adolescents se plaint de maux de tête. Mais ils ont fait des examens et au final aucune séquelle physique n'a été signalée.

Les agresseurs sont connus. Il y avait un risque de « match retour et d’échange entre bandes », selon nos informations, car l’un d’entre eux est issu des quartiers. L'un des agresseurs serait un arménien, chrétien orthodoxe. Tout le monde sera convoqué au commissariat. L’affaire est suivie de près. Pour d’éventueles poursuites judiciaires.

Un précédent du même genre à Reims

L'affaire rappelle cette autre agression filmée à Reims, devant un collège en septembre 2020. Une jeune fille de 14 ans victime d'un lynchage en règle. La police de Reims avait été immédiatement saisie de cette affaire. Les auteurs de l'agression et de la diffusion des images avaient été interpellés. On y voyait un jeune homme en survêtement noir, baskets aux pieds, saisir la jeune fille aux cheveux détachés, en t-shirt blanc et legging noir, par le cou. Puis, l'adolescent la fait chuter au sol. Il lui tire les cheveux, la frappe avec ses bras, ses pieds, elle se relève et elle tombe à nouveau. Un accès de violence que rien ne semble pouvoir arrêter. 

Depuis 2007, "les vidéastes amateurs sont condamnables, car jugés en connivence avec l'agresseur. Un article du Code pénal qualifie d'acte de complicité "le fait d'enregistrer sciemment (...) des images relatives à la commission de ces infractions". Cette loi est née au moment où le happy slapping, une pratique qui consiste à filmer l'agression d'une personne dans le but de la diffuser sur internet, devenait viral en France. "Pour l'enregistrement, la peine encourue par le vidéaste est la même que celle de l'auteur de l'agression. Pour la diffusion de la vidéo, la personne encourt cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende. Mais en pratique, ces peines sont rarement prononcées, car les auteurs des vidéos sont difficiles à identifier, tout comme leur motivation à filmer".

 

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