Reims : un homme mis en examen pour avoir égorgé sa compagne, il encourt la prison à perpétuité

Le procureur de la République de Reims a précisé les contours d'un féminicide survenu le 11 mai à Reims. Une femme de 30 ans avait été retrouvée morte dans son appartement, égorgée par son conjoint. 

Le drame s'est déroulé rue de Courlancy à Reims, le 11 mai.
Le drame s'est déroulé rue de Courlancy à Reims, le 11 mai. © Valentin Cruard, FTV

Le mystère  s'éclaircit plus d'une semaine après la découverte d'une femme retrouvée morte dans un immeuble de Reims le 11 mai 2021. Le procureur de la République de Reims, Matthieu Bourrette, a retracé les faits avec plus de précisions, ce 19 mai. En voici le détail. Vers 19h, les services de police du commissariat de Reims étaient requis par l’employeur d’une jeune femme demeurant rue de Courlancy, car celle-ci ne s’était pas présentée sur son lieu de travail l’après-midi, alors qu’elle avait travaillé le matin. Les services de secours, également avisés, et les services de police arrivés sur place constataient dans la pièce à vivre la présence d’un corps de jeune femme ensanglanté et mutilé, décédé, tandis que son compagnon était enfermé dans la salle de bain.

Ce dernier, lourdement blessé et alors qu’il était sur le rebord de la fenêtre, au 3e étage, était appréhendé et transporté à l’hôpital où il était opéré durant la nuit, son pronostic vital étant engagé. Le parquet de Reims a ouvert une enquête de flagrance du chef de meurtre sur conjoint, confiée à la direction départementale de la sécurité publique de la Marne.

Les investigations ont permis d’identifier la défunte comme étant Coralie K., née le 14 juillet 1990 à Reims, exerçant la profession d’aide à domicile, et qui vivait en concubinage depuis deux ans avec Vincent P. né en 1989 à Reims. Le couple avait emménagé depuis deux mois dans cette résidence, et en dehors de quelques problèmes de bruit liés à la musique, il n’avait pas fait parler de lui.

Victime de violences conjugales

Il apparaissait toutefois, précise encore le procureur, que la défunte s’était confiée à des proches en indiquant avoir été victime de violences conjugales, et avait décidé de quitter son compagnon qui, selon plusieurs témoins avait également tendance à boire et pouvait alors devenir violent. Aucune plainte n’avait jamais été déposée et aucun signalement n’avait été adressé au parquet ou au service de police.

Le couple n’avait pas d’enfant. L’autopsie pratiquée sur la victime démontrait qu’elle avait reçu plusieurs coups de couteau, et qu’elle avait été à plusieurs reprises égorgée de manière extrêmement profonde. Examiné sur le plan médical, l'homme avait également sur le corps près de 15 blessures par arme blanche, qui n’avait pu être réalisées que par l’intéressé lui-même.

Placé en garde à vue pour meurtre aggravé le 18 mai 2021, Monsieur P. soutenait que le couple avait été agressé par un tiers dont il ignorait tout, qui s’en était d’abord pris à sa compagne avant de s’en prendre à lui, et qui avait ensuite quitté les lieux. Il choisissait ensuite de garder le silence. Ces éléments, en l’état des investigations, ne correspondent nullement aux constatations médicales, et de police technique et scientifique réalisées sur place. 

"Cruel et barbare"

Une information judiciaire a été ouverte le 19 mai 2021. L'auteur du meurtre présumé, qui a également conservé le silence devant le magistrat instructeur, a été mis en examen du chef de meurtre par conjoint. Conformément aux réquisitions du parquet, il a été placé en détention provisoire, en milieu hospitalier compte tenu de son état de santé. Afin d’éviter le risque de déperdition de preuves, la soustraction de l’intéressé à la justice, le risque de pression sur l’entourage de la défunte. Mais également pour protéger le mis en examen qui semble avoir voulu attenter à ses jours après les faits. Outre le trouble exceptionnel causé par les faits à l’ordre public au regard de leur nature et de la méthode de mise à mort employée qui de fait s’apparente à un acte particulièrement cruel et barbare.

Sans antécédent pénaux, actuellement sans activité professionnelle, l'homme encourt la réclusion criminelle à perpétuité. La famille de la défunte a été accompagnée par l’association France Victimes 51. L’instruction devra s’attacher à mettre en lumière toute la cinétique des faits, au regard des constatations réalisées et des déclarations non conformes du mis en cause, mais également investiguer sur la personnalité du mis en examen.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
faits divers féminicide société femmes