À Reims, le vélo s’impose dans la campagne municipale

À quelques jours du premier tour des municipales, la place qu’occupe le vélo à Reims fait débat. Circulation dangereuse, bandes cyclables incohérentes, ou encore manque d’aménagements : les candidats prennent position.
 
L’hôtel de ville de Reims
L’hôtel de ville de Reims © Roni GOCER / France 3 Champagne-Ardenne
C’était le dernier sujet du débat que nous avions organisé pour le premier tour : le sort réservé aux vélos pour la prochaine mandature. Autour de la table, les avis convergent – même pour le maire sortant, Arnaud Robinet – sur les lacunes de la ville. Car depuis plusieurs années maintenant, Reims fait figure de mauvaise élève : la ville occupe l’avant-dernière place du classement des villes cyclables de la Fédération des Usagers de la Bicyclette.

Si récemment il y aurait eu des progrès, concède le président de la Fédération Olivier Scheider, ils restent trop limités : « Les dernières mesures positives qui ont étés adoptées, notamment l’extension des bandes cyclables, ne sont pas suffisantes. Elles s’adressent à ceux qui pratique déjà le vélo, mais n’incite pas de nouveaux usagers à s’y mettre». Pour appuyer son analyse, l’association a recueilli les avis de plus de 800 cyclistes rémois. « Parmi les problèmes qui nous sont relayés la sécurité occupe une place centrale, de très loin. »
 
Des "sas à vélo" ont étés mis en place devant les feux rouges. Reims, 12/03/2020.
Des "sas à vélo" ont étés mis en place devant les feux rouges. Reims, 12/03/2020. © Roni GOCER / France 3 Champagne-Ardenne
 

Rouler à vélo sans craindre les voitures 


Pour défendre le bilan d’Arnaud Robinet – candidat à sa réélection sous l’étiquette « Les Républicains » – Laure Miller monte au créneau : « On partait de très loin, à l’inverse d’autres collectivités qui ont engagés des projets liés aux vélos depuis des décennies. » En tant qu’adjointe au maire, a elle été en charge de la politique cycliste de la municipalité. « On a largement augmenté le nombre d’aménagements liés aux vélos. Par exemple, le nombre d’arceaux est passé de 1700 arceaux à plus de 3500 sous notre présidence. » Sur les critiques concernant la sécurité, elle tempère : « Il faut garder de la mesure. J’ai fait du vélo à Paris pendant des années, ici à Reims on se rend vite compte que c’est bien plus apaisé. »

Pas crédible, pour Gérard Chemla, tête de liste « Osons Reims » soutenu par LREM. « Avec une telle sensation de danger en roulant à vélo, je ne vois pas beaucoup d’enfants sur les bandes cyclables. » L’avocat souhaiterait pour y remédier installer davantage de pistes cyclables – la différence entre « piste » et « bande », tenant à la présence ou non d’éléments séparant les cyclistes du trafic. « Je pense qu'on a jamais imaginé sérieusement que le vélo pourrait avoir une place à Reims. Sous cette mandature, à part la période précédant les municipales, je n’ai pas vu beaucoup d’initiatives pour les deux roues. »
 
Utilisateur quotidien du vélo, Gérard Chemla assure que la taille de la ville s'y prête parfaitement. Reims, 12/03/2020
Utilisateur quotidien du vélo, Gérard Chemla assure que la taille de la ville s'y prête parfaitement. Reims, 12/03/2020 © Roni GOCER / France 3 Champagne-Ardenne
 

Rendre la conduite plus agréable 

Si Reims semble inhospitalière pour les cyclistes, sa réputation ne date pas de la dernière mandature. Lorsque la municipalité était dirigée par la socialiste Adeline Hazan – de 2008 à 2014 – les mêmes critiques existaient déjà. L’actuel candidat du PS et de ses alliés, Eric Quénard assume : « Évident, on a une part de responsabilité là-dedans. Mais le problème est plus ancien encore, et la ville a majoritairement été dirigée par la droite. » Parmi les mesures qu’il propose pour pallier à ces lacunes, il met en avant la création de deux « vélo-routes ». « On veut favoriser les trajets domicile-travail avec des trajets continus, et accompagner cette mesure par la construction de garages sécurisés. » Autre mesure annoncé par le candidat : la mise en place d’une aide financière par la commune pour l’achat d’un vélo, comprise entre 150 et 200 euros.

Pour le candidat d’EELV Léo Tyburce aussi, la discontinuité des bandes cyclables est un enjeu : « Le problème, c’est que ça amène le cycliste à s’arrêter en permanence, alors que le redémarrage demande plus d’énergie en vélo qu’en voiture. Et puis, l’incohérence de certaines bandes créent de la tension entre les automobilistes et ceux à deux roues. »
 
Léo Tyburce accorde également à la sécurité des cyclistes une part importante de sa politique pour le vélo. Reims 13/03/2020
Léo Tyburce accorde également à la sécurité des cyclistes une part importante de sa politique pour le vélo. Reims 13/03/2020 © Roni GOCER / France 3 Champagne-Ardenne


Reste pour le candidat des Verts un bon exemple dans la ville : la place de la mairie. « Là-bas, la circulation des voitures est plus contraignantes, ce qui permet aux vélos de circuler plus librement." Un modèle dissuasif qui amenerait pour lui plus de rémois à favoriser le vélo. 

Courtisés par tout les candidats, l'associaton Vél'Oxygene organise une "vélorution" -manifestation à vélo- ce samedi 14 mars. L'objectif est claire : rappeler au prochain maire que le vélo doit tenir une place importante dans son futur mandat. 
 
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