VIDEO. Regardez ces animaux longer un ruisseau, observés par un naturaliste

Le naturaliste Jean Chevallier a publié une nouvelle édition de ses célèbres vidéos réalisées à l'aide de pièges photographiques dissimulés sur des lieux de passage fréquentés par des animaux. Une ribambelle d'oiseaux et de mammifères sont ainsi observables.

Ils sont de retour. Les animaux divers et variés filmés par le naturaliste Jean Chevallier ont droit à une nouvelle vidéo
Publiée sur Youtube le mercredi 4 janvier 2023, la vidéo, tel un bonbon, fait partie des petits plaisirs de la nouvelle année. On y observe une soixantaine d'espèces d'oiseaux et de mammifères.
Ces dernières ont été filmées de jour comme de nuit entre 2019 et début 2022, au moyen de pièges photographiques qui se déclenchent lorsqu'il y a du mouvement. Le résultat est toujours saisissant, voire émouvant (regarder la vidéo ci-dessous).

Comme pour les vidéos de 2019 et de 2021, France 3 Champagne-Ardenne a naturellement redonné la parole à Jean Chevallier, jamais avare d'anecdotes. "J'avais réalisé une petite vidéo intitulée Un pot à la source. Celle-ci, c'est dans les quelques mètres qui suivent la source. C'est comme l'équivalent d'un petit ruisselet, une sorte de flaque qui coule sur trois mètres."
"Comme l'eau coule, c'est intéressant de laisser longtemps les trois pièges-photos en place, surtout pendant les périodes estivales. Il y en a un peu en hiver, mais ça ne donne pas grand-chose : les oiseaux viennent moins boire et se baigner." 

Une riche diversité

"C'est intéressant de voir la diversité qu'on peut obtenir sur un point fixe, même si on pourrait l'obtenir en un tas d'autres endroits. Rien qu'un jardin pourrait le faire. Ici, on a du blaireau [un animal remarquable; ndlr], du chat sauvage, et même des musaraignes aquatiques ou un putois, qui ne sont pas très communs." Sans oublier des sangliers : on voit même un troupeau de marcassins trop choux défiler à la queue-leu-leu. 
Jean Chevallier a été particulièrement heureux de pouvoir capter des gorgebleues. "C'est un oiseau de marais, qui n'est pas une espèce très fréquente, mais on le voit apparaître plusieurs fois. Il se trouve qu'il niche relativement pas très loin."

Ou le fameux putois mentionné plus tôt. "C'est une bête de moins en moins commune." Petite surprise quant aux fameuses musaraignes aquatiques. "Elles ont une petite scène de dispute. Ce n'est pas fréquent de choper ça." Le naturaliste est aussi bien content d'avoir une longue séquence avec un jeune chat sauvage. "La distance et la lumière étaient parfaites."

Les aléas de la captation en pleine nature

À noter que les pièges photographiques ne sont pas invisibles, loin de là. "Les oiseaux s'en fichent. Mais la plupart des mammifères les détectent. Ils s'en occupent ou pas, mais souvent, ils tournent la tête vers eux. Je pense qu'ils les entendent plus qu'ils ne les voient, car ces caméras automatiques ont des petits bruits de déclenchement, peut-être dans le domaine de l'ultrason et pas audibles pour nous..."
Ainsi, "les renards [des animaux très intéressants; ndlr] sont souvent très inquiets, les martres sont plutôt curieuses, les chats s'en inquiètent - mais pas ici - et de toute façon, les animaux s'habituent rapidement". Évidemment, les accidents arrivent. "J'ai déjà eu des pièges bousculés par des sangliers, c'est très classique, c'est un animal costaud et il n'hésite pas à venir mettre son groin dessus... Les ragondins aiment bien y mettre leur nez également."


"J'ai aussi eu un renardeau qui s'en est pris au piège. Ils sont très méfiants, mais celui-ci a tiré les ficelles et commencé à s'acharner dessus. Il y a toujours un petit risque que l'appareil se retrouve à l'eau, il faut y penser. Dans mon souvenir, en tout cas, je n'ai pas eu d'ennui particulier. À cet endroit en tout cas." 
Pour éviter les soucis, une vérification régulière est nécessaire. "Quand on en connaît pas trop le coin, c'est bien de ne pas dépasser la semaine. On a des surprises parfois : des branches ramenées par le vent, la végétation qui pousse vite au printemps... Pour la vidéo du petit tronc, c'était tous les mois [vidéo qui avait été très partagée, bien plus que sa seconde itération, à voir ci-dessous; ndlr]."

Les charmes animaliers

"Ici, sur ces endroits où les oiseaux viennent se baigner et boire, il y a une telle affluence en été qu'en une journée, il y a 200 vidéos. Donc si on laisse le piège plusieurs jours, la carte SD est vite saturée; et ça devient lourd de regarder 400, 600, 800 vidéos prises automatiquement."
Près de 700 vidéos de 30 secondes ont été sélectionnées pour ce montage. La vidéo de six minutes, en 90 morceaux, proviennent de 100 d'entre elles. Elles sont toujours tournées dans les environs du riche lac du Der, où les départements de l'Aube, de la Marne, et de la Haute-Marne forment un tripoint (voir sur la carte ci-dessous).

"Les gens apprécient de regarder ces séquences car ils ont une sensibilité avec la nature", estime Jean Chevallier (qui a aussi conçu un ouvrage pour ses nombreuses illustrations). "Le charme des animaux joue. Je pense que ça leur fait plaisir de voir une certaine diversité comme ça, qui existe encore près de chez nous. Même si la biodiversité a pris un coup, on peut encore voir des choses qui font plaisir." Bien d'autres vidéos sont consultables sur la chaîne Youtube du naturaliste.