D'abord interdite, une manifestation pro-palestinienne autorisée à Nancy, "ce rassemblement, c'est une victoire du droit à l'expression libre en France"

Le tribunal administratif a annulé l'interdiction de la préfecture de Meurthe-et-Moselle d'une manifestation pro-palestinienne à Nancy mercredi 25 octobre 2023.

Vers 16h, ce mercredi 25 octobre, la préfecture de Meurthe-et-Moselle confirmait bien dans un arrêté l'interdiction du rassemblement organisé par l'association France Paslestine Solidarité Lorraine Sud à Nancy, place Maginot entre 18h et 20h. Parmi les arguments avancés par la Préfecture, "une atteinte à l'ordre public" et un "contexte de tensions vives".

C'était avant le délibéré du tribunal administratif qui a décidé de suspendre cet arrêté et de trancher en faveur des manifestants. "Une victoire" pour l'avocat au barreau de Paris, Lionel Crusoé, représentant la Ligue des Droits de l'Homme, "le Préfet n'a rien produit pour ce qui est du contexte local et des risques qui peuvent exister à Nancy".

Ce que nous n'admettons pas, c'est qu'on fasse l'amalgame entre la critique des actes d'Israël, le soutien à la Palestine et l'antisémitisme

Alain Desmarets, AFPS 54

"Ce rassemblement, c'est une victoire de la normalité au regard du droit et au regard des droits humains, du droit à l'expression libre en France et au regard du droit de manifester. On est donc très content", a déclaré au micro de France 3, Alain Desmarets, président de l'AFPF (France Palestine Solidarité Lorraine Sud), "c'est un juste retour de choses. Heureusement qu'il y a la justice pour contrebalancer des décisions qui nous semblent de plus en plus liberticides de la part du gouvernement. C'est assez inquiétant et pas seulement sur la question palestinienne. On est dans un contexte particulier depuis les massacres du Hamas, c'est plus tendu. Mais ce que nous n'admettons pas non plus, c'est qu'on fasse l'amalgame entre la critique des actes d'Israël, le soutien à la Palestine et l'antisémitisme. On se bat contre toute forme de racisme. L'objectif ce soir, c'est de demander l'arrêt des bombardements et un cessez-le-feu. 2.000 gosses sont morts sous les bombes à Gaza, ce n’est pas la peine de rajouter aux morts israéliens les morts palestiniens, ça ne sert à rien, ça ne réglera pas le problème. Il faut arrêter tout de suite".

Place Maginot, entre 150 et 200 personnes se sont rassemblées pour demander l'arrêt des bombardements sur la bande de Gaza dans le conflit qui oppose Israël au Hamas à l'appel d'une vingtaine d'organisations locales.