ENTREPRISES - Une nouvelle vie pour l'atelier d'ébénisterie d'art des Walser à Mazerulles

C'est une nouvelle page qui s'ouvrira au début de l'année prochaine à l'atelier d'ébénisterie d'art de Mazerulles en Meurthe-et-Moselle. Un jeune compagnon formé sur place va reprendre l'entreprise de la famille Walser et perpétuer ainsi un savoir-faire qui remonte à 1876.
Pierre Very va reprendre l'atelier d'ébénisterie d'art de Mazerulles sous l'oeil attentif de Philippe Walser.
Pierre Very va reprendre l'atelier d'ébénisterie d'art de Mazerulles sous l'oeil attentif de Philippe Walser. © Pierre Very
C'est une saga qui a débuté un jour de 1876. Cette année-là, Georges Meyer ouvre son atelier d'ébénisterie à Nancy. Le début d'une très longue aventure dans laquelle la famille Walser s'inscrit dès 1947. Pendant plusieurs décennies, Robert puis son fils Philippe pérpétuent un savoir-faire en matière de restauration de meubles anciens. Au fil des années, l'atelier des Walser se fait une réputation aussi bien en Lorraine qu'en France et même à l'étranger.  En 2009, lorsque Philippe Walser part à la retraite c'est sa fille Anne-Sophie qui reprend l'affaire à 23 ans. Tout semble donc allait pour le mieux mais en quelques mois la belle histoire familiale va s'arrêter.

A la recherche d'un repreneur

"C'est comme si j'avais reçu un coup de massue sur la tête." Ainsi réagit Philippe Walser lorsqu'il apprend que sa fille, après dix ans d'activité, va être contrainte pour des raisons de santé de cesser de travailler à l'atelier. La jeune femme se met à tousser et ne supporte plus de respirer quotidiennement des poussières de bois et des produits comme de l'ammoniaque, des solvants ou des vernis. Elle est contrainte de jeter l'éponge définitivement en juillet 2020. A Mazerulles, Philippe Walser sort alors de sa retraite et reprend provisoirement du service.

Je ne pouvais pas accepter de voir cet atelier fermer définitivement sans trouver un repreneur

Philippe Walser

"Aussi ai-je cherché un ancien élève qui a fait sa formation à mes côtés. Le repreneur ne sera pas quelqu'un de ma famille de sang mais de la grande famille du métier. Cela s'inscrit dans l'esprit du compagnonnage. Dans ce milieu, on est très proche les uns des autres".
A 26 ans, Pierre Very aura la lourde tâche de prendre la succession de la famille Walser.
A 26 ans, Pierre Very aura la lourde tâche de prendre la succession de la famille Walser. © Pierre Very

Pierre Very, un jeune de 26 ans relève le défi

"Malgré mon jeune âge" explique Pierre Very, "j'ai déjà sept années d'expérience dans le bois. J'ai commencé par faire le tour de France du compagnonnage en menuiserie pendant quatre ans puis trois années en ébénisterie chez les Walser." A la clé, 4.800 heures de formation en conservation-restauration. "C'est un compagnon solide, très motivé, travailleur et très compétent" juge Philippe Walser. Le jeune homme va également bénéficier d'un stock de marchandises exceptionnel. Du bois de placage, des essences précieuses, différentes sortes de colles anciennes, des vis utilisées autrefois, ou encore des serrures de meubles. Autant de matériel qui n'a pas forcément de valeur marchande mais qui représente une mine d'or pour un restaurateur de meubles anciens. "Philippe m'a transmis son savoir, je fais en sorte de reproduire les mêmes gestes que lui. Je suis vraiment emballé par ce projet même si j'angoisse un peu." En janvier prochain, Pierre Very sera seul maitre à bord. Un soulagement pour la famille Walser.  L'oeuvre commencée en 1876 va encore pouvoir se poursuivre pendant plusieurs années.
 
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