Grand-Nancy : une trentaine d'agriculteurs ouvrent le premier magasin de producteurs de l'agglomération

Ils ont à cœur de faire découvrir leurs produits aux nancéiens. 31 agriculteurs lorrains se sont associés pour ouvrir un magasin de producteurs à Vandoeuvre-les-Nancy, avec une règle stricte : tout est produit à moins de 70 km, et vendu par les agriculteurs eux-mêmes.   

Après deux ans d'efforts, le projet de magasin de producteurs 'la belle campagne' va enfin voir le jour en juillet 2020
Après deux ans d'efforts, le projet de magasin de producteurs 'la belle campagne' va enfin voir le jour en juillet 2020 © Valérie Odile, FTV
Il aura fallu deux ans pour que le projet aboutisse. Si aucun grain de sable ne vient bloquer les rouages, le magasin de producteurs ‘la belle campagne’ ouvrira ses portes le 7 juillet 2020 dans la zone commerciale de Vandoeuvre –les Nancy. Une véritable satisfaction pour les trente producteurs du grand-Est qui vont enfin pouvoir faire découvrir leurs produits, dont 90 % sont bios, et 100% sont lorrains, aux citadins.
 
Aurélie Giron, maraîchère depuis 7 ans à Manoncourt-en-Woëvre
Aurélie Giron, maraîchère depuis 7 ans à Manoncourt-en-Woëvre © Didier Protin

Satisfaire les besoins des citadins

Depuis plusieurs années, ces agriculteurs lorrains multiplient les points de vente pour toucher des publics différents : drives fermiers, marchés, AMAP ( Association pour le maintien d'une agriculture paysanne) et dépôt dans des magasins bios. Mais au final, ce sont souvent les mêmes publics qui reviennent, les locaux, les ruraux ou semi –ruraux.

Avec mon camion, ou  à la ferme, ce sont les gens du coin qui viennent m’acheter mes volailles ou mes œufs.

Vanessa Morin, Poulailler du Moulnot à Dombasle

Les citadins, eux, ont plus de mal  à accéder aux circuits courts, même quand les produits fermiers viennent jusqu’en ville comme avec le réseau ‘la ruche qui dit oui’.  Ils n’ont souvent pas le temps de faire le tour des producteurs, puis de compléter les courses, ou des horaires trop contraignants pour être présents à la remise des paniers.
 
Derniers coup de marteaux avant de pouvoir remplir les rayons de la belle Campagne à Vandoeuvre-les-Nancy
Derniers coup de marteaux avant de pouvoir remplir les rayons de la belle Campagne à Vandoeuvre-les-Nancy © Valérie Odile, FTV

Pourtant, la demande est bien là. Elle a été clairement mise en lumière avec la crise du COVID-19, où la majorité des producteurs ont doublé leurs vente. Oui mais voilà, de retour au travail,  les citadins désertent les marchés et les fermes.

J’ai vendu doublé mes ventes de légumes pendant le confinement, malheureusement je n’en ai gardé que 10 %des nouveaux clients.

Aurélie Giron, maraîchère à Manoncourt-en-Woëvre

Même son de cloche chez Eric Bogard, fromager dans les Vosges.

On a vraiment cru qu’il y avait eu un changement durable dans les modes de consommations

Eric Bogard, éleveur de chèvres dans les Vosges

Pour toucher cette clientèle citadine, il faut s’adapter à leur mode de vie, autrement dit être ouverts tous les jours ou presque, y compris entre midi et deux, le samedi et le soir, en bref, se calquer sur les horaires de supermarchés. C’est justement ce que proposera le magasin de producteurs ‘La belle campagne’. Ouvert du mardi au samedi de 10h à 19h non-stop.

‘Produit chez nous, mangé chez vous’

Sur 300 m2, les adeptes de produits locaux  pourront trouver plus de 1000 références de produits : viandes, poisson, fromages, pâtes, farines, pain, fruits et légumes, confitures, tisanes, et même quelques produits cosmétiques. Plus de 90 % sont labellisés bio, et le reste en agriculture très raisonnée.  Les associés ont été triés sur le volet pour la qualité de leurs produits, leur proximité, moins de 70 km, et leur investissement dans le projet.
Reception des travaux dans le local de 300m2 à Vandoeuvre-les-Nancy
Reception des travaux dans le local de 300m2 à Vandoeuvre-les-Nancy © Valérie Odile, FTV

Car dans ce magasin, pas de vendeurs, pas de salariés, uniquement des producteurs qui viendront eux-mêmes remplir les rayons, parler de leurs produits, conseillers les clients et tenir la caisse.

Chacun doit venir travailler au magasin au moins un jour par mois, plus d’autres jours qui sont calculés sur le chiffre d’affaire. Je serai présente 1.5 jours par mois sur site.

Annie Michel, huileries d’Ormes

Tous sont très motivés par ce projet commun, même s’il leur a demandé des efforts supplémentaires financièrement, (550.000 euros pour l’aménagement du local), et en terme de temps.

Je me réjouis d’être au contact de la clientèle, j’ai besoin d’avoir un retour sur la qualité de mes produits.

Aurélie Giron, maraîchère à Manoncourt-en-Woëvre

Quand on dépose nos produits dans un magasin, on ne sait pas s’ils vont être bien présentés. Or, nous, on est  fiers de ce que l’on produit et on veut les mettre en valeur.

Annie Michel, huilerie d’Orme


"Je suis sûr que cela va marcher", nous confie Yannick Ladonnet, producteur laitier dans les Vosges et qui est à l’origine du projet. "La demande de produit locaux est bien réelle ! En France, aucun magasin de producteurs n’a fermé, même quand ils sont dans de petits villages".
Trente-et-un agriculteurs lorrains qui ont hâte de faire découvrir leurs produits aux citadins du Grand-Nancy
Trente-et-un agriculteurs lorrains qui ont hâte de faire découvrir leurs produits aux citadins du Grand-Nancy © Didier Protin

La preuve en est, une dizaine de futurs clients ont pointé le bout de leur nez en moins d’une heure sur le site, alors que le magasin n’a pas encore ouvert. Certains sont prêts à abandonner leurs courses dans les supermarchés traditionnels si les produits sont bons et surtout s'ils ne sont pas hors de prix, comme nous l'indique Christine. Dominique, elle, ne conçoit plus de ne pas encourager l’économie locale.

Je serai sans doute une fidèle, car cela me permettra de manger local, bio sans me bloquer les jours de marché.

Dominique, future cliente

Un bon présage en tout cas pour la trentaine de producteurs, qui s’est lancé dans un gros challenge : toucher au moins 150 clients par jour pour survivre.
Pour plus de renseignement, rendez-vous sur leur page Facebook.
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