"Je n'ai pas déshabillé de force un joueur de 12 ans", l'ancien président du club de Laxou prend la parole

Mercredi 14 février 2024, une faute, lors d’un match entre U13 dans la commune de Laxou, a débouché sur de graves accusations contre l’ex-président du club. Celui-ci revient sur les faits et va droit au but.

"L’enquête prouve que je n'ai pas déshabillé de force un joueur de 12 ans", insiste l'ancien président du club de foot de Laxou Sapinière, attristé par l’affaire en cours depuis ce mercredi 14 février 2024. L’affaire la voici. Mercredi, dans la commune de Laxou, située dans l'agglomération ouest de Nancy, le club de football local accueille un match amical entre son équipe des U13 et celle du club de Dombasle. L’évènement sportif se déroule normalement, jusqu’en deuxième mi-temps. Un jeune joueur de Laxou réalise un tacle "assez violent", selon les mots de son coach, sur un autre joueur et la situation s’envenime.

Et à partir d’ici, les versions divergent. Elhadj Ahmidte, l’éducateur coach, raconte qu'à la suite de cette faute, il aurait pris la décision de sortir le joueur du terrain "pour qu’il comprenne qu’il ne faut pas faire cela". Et explique que celui-ci "est alors parti s’asseoir contre un grillage, jusqu’à ce que le président le rejoigne et fasse ce qui a été raconté dans le journal".

Or l’ancien président, Bernard Bietzer est catégorique : il n’a pas déshabillé de force un joueur de 12 ans, comme le révélait l'Est Républicain. Son récit des faits est autre. Il raconte qu’après le tacle en question, l’ambiance autour du match se serait tendue. "Il y a eu un mouvement de foule sur le terrain, qui m’a fait craindre une bagarre générale. Comme il y a déjà pu en avoir" explique-t-il, "cela devenait tellement houleux que l’arbitre a décidé d’arrêter le match". Il prend alors la décision d’"exfiltrer" le joueur "alors énervé" qui venait de se faire expulser. 

Alors que le garçon, assis contre le grillage, comme l’indique également Elhadj Ahmidte, souhaite retourner sur le terrain "pour s’expliquer", Bernard Bietzer le retient contre la grille, reconnaît-il. "J’assumerai les conséquences de ce geste", déclare-t-il, "mais il s’agit de l’unique charge retenue à mon égard".

"La situation a trop débordé"

"Je lui ai ensuite demandé de rendre sa tenue de foot", témoigne-t-il. Et c’est là que tout déraille. À ce moment-là, l’ancien président du club est persuadé que, conformément aux instructions qu’il a donné, le joueur a des affaires pour se changer au vestiaire. Or ce n’est pas le cas. "J’ai compris ensuite que les joueurs de l’équipe étaient arrivés déjà habillés pour l’occasion. Sur le coup, j’ai juste cru qu’il voulait repartir avec la tenue et j’ai eu peur qu’on la perde, détaille Bernard, et lorsque l’on perd un numéro, on perd toute la tenue, ça coûte cher au club, c’est déjà arrivé et c’est pour ça que j’ai demandé qu’on ne donne plus les tenues avant". 

Le vestiaire se trouvant à seulement quelques mètres de la discussion, le président bénévole a "cru qu’il allait partir au vestiaire se changer, mais il s’est déshabillé de lui-même et m’a tendu la tenue". Elhadj Ahmidte, lui, continue de maintenir la version qui a fait l’objet d’un partage massif sur les réseaux sociaux, selon laquelle l’ancien président aurait déshabillé de force le joueur. "La situation a trop débordé et je ne peux pas laisser passer ça du tout", relate celui qui s’est dit "assez surpris" de ce prétendu comportement. 

L’adolescent s’est donc retrouvé, en caleçon. Et c’est dans cet état, "en pleurs et tout tremblant" que sa mère est venue le récupérer, selon son témoignage dans l'Est Républicain. 

Le président renvoyé, la fin de "20 ans d’engagement et de bénévolat"

C’est donc bien pour cela que Bernard Bietzer a fait l’objet d’une garde à vue de 48h au bout de laquelle l’enquête aurait permis, selon lui, de ne retenir aucune charge contre lui sur ce point. Selon lui, "des différends internes dans le club" pourraient être à l’origine des accusations qui demeurent. De son côté, les dirigeants ont préféré prendre les "mesures nécessaires, par précaution pour le club", explique Blandine Ozdemir, la vice-présidente. Le président a été démis de ses fonctions dès le lendemain. Les vice-présidentes assurent donc pour le moment la présidence de l’association par intérim en attendant la nouvelle élection qui aura lieu ce lundi 19 février 2024.

"C’est très compliqué pour moi. On vient de balayer d’un revers de main 20 ans d’engagement et de bénévolat, c’est douloureux, confie le mis en cause, j’essaye de me recentrer autour des valeurs sûres que sont ma famille, mes proches, que je veux protéger de tout ça". L’homme qui vient de célébrer ses 66 ans se dit "démoli" mais prêt "à se relever", conclut-il. 

Dans le cadre de cette affaire, il est donc convoqué devant le tribunal correctionnel le 29 août, pour la charge énoncée plus haut concernant le maintien de l’adolescent contre la barrière du stade. 

Pour l’heure, nous n’avons pas réussi à joindre la maman du jeune garçon concerné, ni le parquet de Nancy. 

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