Lunéville: les robots débarquent à l'hôpital pour assister les malades

Zora, prof de gym à l'essai à l'EHPAD Stanislas / © France 3 Lorraine
Zora, prof de gym à l'essai à l'EHPAD Stanislas / © France 3 Lorraine

Dans un territoire où le maintien de l'offre de soins est un combat quotidien, les "Rencontres Santé 4.0", organisées les 26 et 27 mars par le groupe hospitalier local, réfléchissent à l'hôpital de demain. Sera-t-il sauvé par les robots d'assistance à la personne?

Par Benoît de Butler

Quatre robots d'assistance à la personne étaient présentés en démonstration à Lunéville (Meurthe-et-Moselle), mardi 26 et mercredi 27 mars 2019 à l'occasion de la 2e édition des "Rencontres Santé 4.0".
Organisées par le groupe hospitalier local, elles avaient pour but de réfléchir à l'hôpital de demain.

Zora est un androïde "classique" fabriqué en Belgique, programmé(e?) pour des tâches assez variées mais qui joue ici le rôle de coach en gymnastique douce. Nous sommes dans une maison de retraite rattachée à l'hôpital de Lunéville et l'activité physique fait partie du programme quotidien des pensionnaires.
Paro est un bébé phoque (japonais) en peluche qui réagit aux caresses et à la voix, il est présenté comme un robot thérapeutique pour certains troubles du comportement.
Plus protocolaire, James est à votre service pour vous guider dans l'hôpital et vous assister dans vos démarches.
Enfin, Billy-Billy est un assistant personnel intelligent, une enceinte connectée dédiée plutôt au maintien à domicile des personnes âgées. 
Billy-Billy a réponse à (presque) tout. / © France 3 Lorraine
Billy-Billy a réponse à (presque) tout. / © France 3 Lorraine

Point commun de ces quatre robots très différents: ils sont destinés aux patients. Alors que la robotique s'impose sans difficulté à l'usage des soignants (robots chirurgicaux, distributeurs de médicaments...), elle est encore hésitante dans l'assistance à la personne. C'est qu'ici on touche directement à l'humain, et l'arrivée de tels robots à l'hôpital soulève inévitablement des interrogations.

Vont-ils un jour remplacer les infirmières? Sûrement pas, mais il faut bien constater que faute de moyens, la plupart des hôpitaux manquent de personnel et les soignants sont souvent surchargés de travail. C'est encore plus vrai en gériatrie. Il peut être tentant, pour que les professionnels puissent se concentrer sur les soins, de robotiser les tâches le plus ingrates (déplacer un malade, servir les repas...). Au risque de déshumaniser un peu plus l'hôpital.
Le robot James. Steward... ou aide-soignante 24/24 ? / © France 3 Lorraine
Le robot James. Steward... ou aide-soignante 24/24 ? / © France 3 Lorraine
Plus profondément, ces robots qui parlent, chantent et jouent avec les pensionnaires de l'EHPAD nous renvoient à la solitude des anciens. Une carence qui est celle de la société tout entière. Là encore, les robots ne remplaceront jamais les visites familiales... ou le chat qu'il a fallu laisser en quittant la maison.
Paro le phoque, un remède à la mélancolie ? / © France 3 Lorraine
Paro le phoque, un remède à la mélancolie ? / © France 3 Lorraine
François Gasparina, le directeur du groupement hospitalier, n'élude pas ces questions éthiques. Elles sont d'ailleurs au coeur du débat organisé ce mercredi 27 mars à l'Orangerie de Lunéville avec Rasmus Michau. L'auteur de "Les robots n'auront pas notre peau" est du genre optimiste. Il assure que les robots vont agir au service de l'humain plutôt que de prendre sa place.

Innovation

Ces "Rencontres Santé 4.0" s'inscrivent dans une série de réflexions sur l'hôpital de demain. En janvier, c'était la consultation à distance. En juin prochain, les médecines douces. Le Groupe Hospitalier de l'Est de la Meurthe-et-Moselle (GHEMM) regroupe une douzaine de structures - trois hôpitaux et huit EHPAD - dispersées sur un territoire fortement rural. Elles se sont rassemblées pour faire face à la désertification, au vieillissement de la population... et à la réduction des budgets. 

En pleine préparation du Contrat Local de Santé - la négociation du projet de soins, sur le Lunévillois, pour les années qui viennent - le GHEMM parie donc sur l'innovation. Pour l'instant, rien n'est acté. Après deux jours de show à l'hôpital, les robots vont retourner dans les placards des concessionnaires.
 

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