Toul : mobilisation contre les suppressions de postes dans les centres des Finances publiques, "on veut tout dématérialiser"

Dix suppressions de postes et la disparition de cinq trésoreries supplémentaires en Meurthe-et-Moselle. Au programme de cette rentrée 2023, cette nouvelle étape dans la restructuration des finances publiques inquiète les professionnels. Réunis à Toul, les syndicats sensibilisent les usagers sur la dégradation de ce secteur du service public et les "dangers de la dématérialisation".

Dès la fin du mois de janvier 2023, le centre des Finances publiques de Toul (Meurthe-et-Moselle) ne sera ouvert au public que trois matinées par semaine, contre quatre à l'heure actuelle. Une décision incompréhensible pour les salariés, qui dénoncent une casse du service public. Entre suppressions de postes et dégradation des conditions d’accueil, l’intersyndicale des finances publiques du département s'est rendue sur place pour sensibiliser les usagers ce mardi 10 janvier.

Suppression de postes et accueil du public mis à mal

À l’ordre du jour, la nouvelle organisation de l’accueil du public au centre des Finances publiques de Toul, la disparition de cinq trésoreries et dix emplois en Meurthe-et-Moselle pour 2023. “ C’est incompréhensible, on perd encore dix emplois cette année sur le département. En quinze ans, nous avons perdu 30% de nos effectifs”, dénonce Didier Cunat, représentant syndical CGT et employé au SIP (Service des impôts des particuliers) de Nancy.

Il y a beaucoup de fermetures de postes, le service de proximité est mis en difficulté

Céline Corre, agente aux finances publiques et secrétaire de la CFDT DDFIP 54

Même constat pour Céline Corre, agente aux finances publiques et secrétaire de la CFDT DDFIP 54 (Direction départementale des finances publiques de Meurthe-et-Moselle). “Il y a beaucoup de fermetures de postes, le service de proximité est mis en difficulté. Ici, il n’y a plus qu'un agent présent pour recevoir les gens, l’accueil téléphonique et internet sont privilégiés, nous sommes un service public mais nous laissons les personnes en difficulté de côté”, fustige la syndicaliste.

L’argument principal, la “dématérialisation”

Comme partout en France, la refonte des Finances publiques entamée en 2019 par Gérald Darmanin, alors ministre de l'Action et des Comptes publics, se poursuit. En Meurthe-et-Moselle, cette réorganisation suscite l'indignation des syndicats. Parmi les principaux points de friction, des suppressions d’emplois qui engendrent la disparition de l’accueil physique des usagers.

C’est très compliqué pour certaines générations et certaines catégories sociales de tout devoir faire par téléphone ou sur un ordinateur

Didier Cunat, représentant syndical CGT et employé au SIP de Nancy

C'est un pas de plus vers la destruction du service public, selon les syndicats. “On n’accorde pas assez de temps aux usagers, on veut tout dématérialiser, c’est une tendance. On veut simplifier les choses mais tout le monde n’a pas accès à internet. C’est très compliqué pour certaines générations et certaines catégories sociales de tout devoir faire par téléphone ou sur un ordinateur”, insiste le représentant syndical de la CGT, Didier Cunat.

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