TEMOIGNAGES. Panique au centre aquatique Aquarives en Moselle, "plusieurs enfants ont fait des malaises", raconte un témoin

Publié le Mis à jour le
Écrit par Yves Quemener

Samedi 18 juin 2022, à l'ouverture, plus de 500 personnes ont forcé les portes d'entrées du centre nautique Aquarives à Hagondange (Moselle). Ce qui a provoqué une grosse frayeur. Une vingtaine de policiers sont intervenus. "C'était violent" raconte Kenza, sur place avec ses filles.

Samedi 18 juin 2022, au centre aquatique Aquarives à Hagondange (Moselle), à l’ouverture des portes vers 14 heures, plus de 500 personnes ont forcé le passage

"Samedi, j’étais avec ma fille de six ans, mon fils de dix ans et une copine. Lorsque je suis arrivé, il y avait trop de monde. Et à 14 heures les portes s’ouvrent", raconte Sabine, qui était sur place. "Comme il n'y avait aucune file, aucun sens, ils auraient dû mettre des vigiles ou une personne à l’entrée. Rien. C’était plein de gens de tous les côtés. Il faisait très très chaud. On avance, ça pousse".

C’était violent. Devant moi une ado est tombée dans les pommes. "J’ai dit à ses parents "sortez, partez ! Il n'y avait plus d’air". Je n’ai jamais vu ça dans une piscine.

Kenza, témoin de la scène à l'Aquarives

Kenza, 35 ans, est venue de Talange (Moselle) avec ses deux filles. "Je suis arrivée en avance et déjà vers 12h30 il y avait beaucoup trop de monde. Et puis à l’ouverture on avait l’impression d’être dans une manifestation. C’était violent, tout le monde poussait. A l’intérieur moi j’ai dit que ce n’était pas normal."

Dans la file d'attente, devant elle, une ado est même tombée dans les pommes. "J’ai dit à ses parents "sortez, partez !" Il n'y avait plus d’air. Je n’ai jamais vu ça dans une piscine".

Puis la police est arrivée. Kenza raconte : "Les bleus sont restés là pour maintenir l'ordre. Il y a eu des bagarres devant moi sur l’espace vert. Les gens étaient vraiment très énervés. Ils ont forcé le passage, et ils sont passés par-dessus les barrières. Mes filles pleuraient. Franchement je le répète il y a des gens qui sont tombés dans les pommes".

La police est là et demande aux gens de sortir. Je parle avec eux en leur expliquant que des enfants ont fait des malaises. C’était catastrophique. Beaucoup de personnes ont fait des malaises. A Amnéville, des jeunes ont même frappé le maître-nageur et ils l'ont poussé dans l'eau

Sabine, témoin de la scène à l'Aquarives

Ces témoignages ne sont pas isolés. Quelques témoins sur les réseaux sociaux racontent la scène qui s'est déroulée en plein soleil. "À la caisse, une seule caissière pour tant de monde. On forçait et si on rentrait sans payer a dit un jeune ? Les gens râlent car ils ont leurs tickets d’entrée mais la machine ne fonctionne plus !"

Et ensuite les incidents se sont multipliés une bonne partie de l'après-midi. "La police est là et demande aux gens de sortir. Je parle avec eux en leur expliquant que des enfants ont fait des malaises. C’était catastrophique. Beaucoup de personnes ont fait des malaises", dit Sabine, encore traumatisée. 

 Un important dispositif policier sur place

Une vingtaine de policiers sont intervenus rapidement. "C’est des jeunes qui venaient de Metz, de Borny, de Woippy et de Thionville (Moselle). En fait, comme la piscine de Hayange était fermée, ils ont essayé de rentrer à l’Aquarives sans payer. Il y avait déjà beaucoup trop de monde à cause de la canicule", explique Fabrice Marseu, délégué départemental de FO Police en Moselle. "Aussi lorsque la direction a décidé de bloquer l'accès, la situation est devenue hors de contrôle, et nos services ont du intervenir car certains jeunes avaient pénétré illégalement".

Ainsi, toujours selon la police, "on est d’abord resté à l’extérieur pour ne pas être pris à partie. Comme on a eu peur qu’il y ait des blessés, nous ne sommes pas intervenus à l’intérieur tout de suite, pour éviter un mouvement de foule".

Comme la piscine de Hayange était fermée, ils ont essayé de rentrer à l’Aquarives sans payer. Il y avait déjà beaucoup trop de monde à cause de la canicule

Fabrice Marseu, délégué FO Police de Moselle

Dimanche 19 juin, à Amnéville (Moselle) comme le centre Aquarives était fermé, les mêmes scènes de paniques se sont produites. "Ils ont arraché les douches et les tourniquets, les grilles. Ils ont tout dégradé et il y eu des bagarre avec les vigiles" ajoute Fabrice Marseu. Un témoin raconte : "il y avait des dizaines de voitures de police. A l'intérieur de la piscine, des jeunes sont montés sur le grand plongeoir qui était fermé. Le maître nageur leur a dit "c’est interdit". Ils l’ont tapé et poussé dans l’eau".

Le directeur de la piscine d’Amnéville a déposé plainte lundi 20 juin 2022, tout comme celui de l’Aquarives. Les images de vidéosurveillance vont pouvoir être exploitées.