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Sur les réseaux sociaux, les mots doux des candidats FN du Grand Est

© Twitter / Facebook / fnlegislatives.fr
© Twitter / Facebook / fnlegislatives.fr

BuzzFeed a passé à la loupe les comptes Twitter et facebook des 573 candidats Front National aux législatives. Il a publié mardi 6 juin les résultats de son enquête : malgré la stratégie de dédiabolisation du FN, certains candidats, notamment dans le Grand Est, se lâchent sur les réseaux sociaux.

Par M.C / V.P

Contenus homophobes, antisémites, islamophobes ou racistes… Le site d'information Buzzfeed a réalisé un tour de France des réseaux sociaux des candidats frontistes et en a révélé hier les perles rencontrées sur Facebook et Twitter.

Sur les 573 candidats que présente le parti, une centaine se distinguerait par des propos qui pourraient relever de poursuites pénales. La stratégie de dédiabolisation engagée par le parti d’extrême droite semble donc mal engagée.

BuzzFeed pointe notamment l’antisémitisme ou l'homophobie toujours présent dans les rangs FN.

En Alsace


Ainsi, en 2014 le candidat de la deuxième circonscription du Haut-Rhin, Grégory Stich, postait un photo-montage fustigeant le « lobby juif », accompagné de photos de Manuel Valls et François Hollande portant des kippas. Un tweet effacé le 7 juin, sans doute suite à l'article de Buzzfeed.

© Twitter
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Mais les candidats FN cibleraient aussi régulièrement les homosexuels.

Grégory Stich, toujours lui, a également partagé sur Twitter un visuel homophobe mêlant sur fond de drapeau français le logo du Parti socialiste détourné en vibromasseur, et une nouvelle devise: « LGBT, Genderité, Va te faire enculer ». Un tweet lui aussi effacé le 7 juin.

D’autres candidats sont épinglés par BuzzFeed. Christelle Ritz, candidate dans la 5e circonscription du Haut-Rhin, responsable du FN à Mulhouse, Sylvain Marcelli, candidat dans la 6e circonscription du Haut-Rhin, mais aussi Julia Abraham, candidate dans la deuxième circonscription du Bas-Rhin, pour leurs partages de photos montages anti-migrants ou complotistes, ou encore pour leurs relations avec

En Champagne-Ardenne


Candidat dans la 3e circonscription de la Marne, Baptiste Philippo a aimé un contenu publié par le Casapound, un groupe d'inspiration nationaliste-révolutionnaire et néofasciste. Il a "aimé" une vidéo d'une manifestation du mouvement datée du 25 mars, où l'on voit apparaître l'emblème du Casapound, une torture noire inscrite dans un cercle blanc sur fond rouge, qui rapelle les formations militaires des Romains.

Le candidat dans la 2e circonscription des Ardennes, s'illustre lui hors réseaux sociaux. En février, Guillaume Luczka s'est rendu au bar de la Traboule à Lyon, QG des identitaires locaux où se déroulait une réunion des ces promoteurs de la "race blanche".

L'événement a été condamné par la tête du Front national - Marine le Pen et Florian Philippot - et la présence du secrétaire départemental ardennais du parti lui a valu des remontrances du parti pour y avoir été présent. « On ne m’a pas averti de là où on allait. J’ai simplement suivi des amis du Front national dans ce bar. Je suis resté vingt minutes à prendre un verre, » expliquait le candidat au journal l'Union en avril.


En Lorraine

Dominique Bilde, candidate dans la 4e circonscription de Meurthe-et-Moselle, est elle aussi épinglée. Elle fait partie des députés européens FN qui ont embauché un parent proche en tant qu'assistant parlementaire en contournant les règles des institutions européennes. L'élue FN a fait embaucher son fils auprès de Sophie Montel, son homologue de Bourgogne-Franche-Comté, une petite manipulation nécessaire pour être en règle.


Pas de suspensions de candidatures



Interrogé sur France Inter au sujet de l'article de BuzzFeed, David Rachline, Directeur de campagne de Marine Le Pen pour la présidentielle, a répondu qu’il n’était « pas honnête ». « Quand à nos candidats dérapent, ils sont écartés, car il n’y a pas de place pour l’ambiguïté » a-t-il déclaré. Il s'est également fendu d'un tweet assassin.


Le secrétaire général du Front national, Nicolas Bay, a assuré qu'aucun des députés accusés d'avoir proféré des propos extrêmes sur la toile ne sera suspendu. Pour lui, il y a d'autres propos plus isolés qui peuvent "nécessiter un petit rappel à l'ordre", qui peuvent être "maladroitement exprimés, sortis de leur contexte, relever de l'humour pas toujours de très bon goût, mais ces propos ne sont pas suffisamment graves pour qu'on retire la confiance à nos candidats".

"Les 573 candidats qui portent nos couleurs mènent une campagne exemplaire" et le FN est "parfaitement irréprochables", a-t-il garanti.

Interrogé sur le cas de Grégory Stich, mais aussi ceux de Joseph Damour (2e circonscription des Pyrénées-Atlantiques), rediffusant un tweet qualifiant Pierre Bergé, copropriétaire du Monde, de "pédale", ou de Christophe Versini (15e de Paris) pour qui "l'ennemi c'est l'islam. Nous sommes en guerre contre l'islam", Nicolas Bay a déclaré qu'"ils ne correspondent pas aux idées, aux valeurs que nous défendons".

"La question, c'est s'ils ont bien relayé eux-mêmes ces propos. Parfois, quand c'est pas le candidat lui-même qui tient ces propos et qu'il le partage, c'est parfois une maladresse, parfois on partage un propos sans le partager, on peut même le partager pour le critiquer", a insisté l'eurodéputé FN.

Des candidats seront, selon lui, "bien entendu sanctionnés", mais "pas avant le premier tour" des législatives.

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