Arrestation en Turquie d'une jihadiste belge évadée d'un camp en Syrie

Une jihadiste belge qui s'était enfuie d'un camp sous contrôle kurde du nord de la Syrie a été arrêtée en Turquie et la Belgique va demander son extradition, a annoncé mardi le parquet fédéral belge, confirmant les informations de deux quotidiens flamands.

Camp d'Aïn Issa (Syrie), le 26 septembre 2019.
Camp d'Aïn Issa (Syrie), le 26 septembre 2019. © DELIL SOULEIMAN / AFP
Selon les journaux De Morgen et Het Laatste Nieuws, l'arrestation qui remonte à vendredi a eu lieu à Kilis, près de la frontière syro-turque que la jeune femme venait de franchir avec l'aide de passeurs.

Présentée comme étant Fatima Benmezian, une Anversoise de 24 ans condamnée par défaut en Belgique pour avoir rejoint le groupe Etat islamique, elle s'était évadée du camp d'Aïn Issa le mois dernier, à la faveur du chaos provoqué
par l'offensive militaire turque dans cette région.

Selon le parquet fédéral, la jeune femme a été condamnée à Anvers (nord), le 18 mai 2015, à cinq ans d'emprisonnement pour participation aux activités d'un groupe terroriste.
 


Demande d'extradition


"Elle a été effectivement arrêtée à Kilis, puis transférée vers un centre de détention en Turquie et on prépare une demande d'extradition" à adresser à Ankara, a précisé le porte-parole du parquet fédéral Eric Van Duyse. Il a souligné que les autorités turques pourraient aussi décider d'expulser la ressortissante belge sans se conformer à cette procédure.

A son arrivée en Belgique, sa condamnation de 2015 lui sera officiellement signifiée et elle disposera d'un délai de 15 jours pour décider d'être ou non rejugée, a ajouté M. Van Duyse.

Actuellement, des milliers de jihadistes du groupe Etat islamique sont détenus par les forces kurdes en Syrie, parmi lesquels une cinquantaine de Belges d'après les chiffres officiels communiqués à Bruxelles.

Le 16 octobre, les autorités belges avaient fait état de l'évasion de deux combattants belges de leur centre de détention. Outre ces prisons, les forces kurdes administrent aussi des camps où sont retenus les proches des jihadistes, femmes et enfants notamment, de multiples nationalités.

 
Environ 800 personnes se sont évadées du camp d'Aïn Issa dans le sillage de l'offensive turque déclenchée le 9 octobre. Malgré un accord russo-turc conclu le 22 octobre qui a mis fin à cette opération, les inquiétudes persistent sur l'avenir des jihadistes dans cette région.

 
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