Commerces de proximité fermés : "la situation est prête à s’embraser" affirme le président de la CCI des Hauts-de-France

Depuis l’annonce d’un reconfinement et la fermeture des commerces non-essentiels, une cellule de crise a été ouverte à la Chambre de Commerce et d’Industrie des Hauts-de-France (CCI). Selon son président, "la situation est prête à s’embraser." Interview.

Les commerces non-essentiels doivent baisser le rideau, comme ici à Lille.
Les commerces non-essentiels doivent baisser le rideau, comme ici à Lille. © Matthieu Rappez / France 3 Hauts-de-France
Depuis 24 heures, le téléphone n’arrête pas de sonner et les mails arrivent par dizaine. Commerçants, artisans, collectifs, élus locaux… tous sollicitent en dernier recours la CCI et la Chambre des Métiers de l’Artisanat (CMA) des Hauts-de-France pour dénoncer la fermeture forcée des commerces jugés non-essentiels pendant le confinement alors que les grandes surfaces peuvent rester ouvertes, tout comme certains grands magasins spécialisés. "Ils veulent passer à l’action" face à cette injustice affirme Laurent Rigaud, président de la CMA régionale.

Parmi les commerçants, des libraires, des fleuristes, des professionnels de l’habillement, des artisans… "Tous sont perdus et ne comprennent pas l’origine de cette décision de fermeture, avance Philippe Hourdain, président de la CCI des Hauts-de-France, alors qu’ils ont été exemplaires."

Plusieurs maires de communes du Nord et du Pas-de-Calais ont d’ailleurs pris des arrêtés pour autoriser les commerces non-essentiels à ouvrir. Les préfets des deux départements ont vite répondu, demandant de revenir sur ces décisions "illégales" sans délai.

Cellule de crise ouverte

Depuis 48 heures, le président de la CCI sent la tension monter, et ne veut pas laisser la situation s’envenimer. Une cellule de crise a été ouverte en partenariat avec la Chambre des Métiers de l’Artisanat. "Nous sommes en alerte et la situation est prête à s’embraser" confie-t-il.

À la crainte de mettre définitivement la clé sous la porte se mêle un sentiment de grande injustice chez les commerçants. L’exemple parfait restant les librairies, sommées de fermer tandis que la Fnac et les grandes surfaces pouvaient vendre des livres. Le gouvernement est depuis revenu sur cette décision et les rayons concernés ont été fermés temporairement.  "On sent une grande lassitude chez les commerçants : ils sont prêts à sortir, affirme Philippe Hourdain. Je ne dis pas que ce sont des voyous et que ça va mal tourner, mais nous sommes dans une période de crise aiguë et on se doit de rester calmes. On doit faire comprendre aux décideurs qu’il y a eu une erreur et qu’il est encore temps de changer."

"Leur capacité de résilience arrive à bout"

Pendant le premier confinement, les grandes surfaces pouvaient ouvrir tandis que les commerces de proximité étaient restés fermés, sans créer de remous. "Il y a eu un effet de sidération donc personne n’a bougé, avance le président de la CCI, mais cette fois-ci, c'est différent."

Philippe Hourdain a échangé par téléphone avec Alain Griset, ministre délégué aux Petites et Moyennes Entreprises (PME), tandis que le patron de la CCI France est actuellement entendu à Bercy. "On ne veut pas opposer la grande distribution et le commerce de proximité, rappelle Philippe Hourdain, mais bougeons rapidement pour ne pas laisser les choses s’envenimer."

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