Info France 3. Régionales 2021 Hauts-de-France : Xavier Bertrand consolide son avance selon notre sondage

À 20 jours du premier tour des élections régionales dans les Hauts-de-France, le président sortant Xavier Bertrand consolide son avance devant Sébastien Chenu, candidat du Rassemblement National. Loin derrière, la gauche unie arrive en troisième position et LREM peine à se maintenir au second tour.

Xavier Bertrand, le 6 mai 2021 à Poulainville (Somme).
Xavier Bertrand, le 6 mai 2021 à Poulainville (Somme). © FRANCOIS LO PRESTI / AFP

Xavier Bertrand consolide son avance dans les Hauts-de-France. Selon un sondage Ipsos Sopra Steria pour France 3 et France Bleu publié ce mercredi 2 juin, le président sortant candidat à sa réélection soutenu par les Républicains et l’UDI arrive en tête des intentions de vote au premier comme au second tour des élections régionales des 20 et 27 juin dans les ex-régions Nord Pas-de-Calais et Picardie.

Même si un sondage n’est qu’une photographie à l’instant T et qu’une marge d’erreur existe, la tendance semble confirmer l’avance de Xavier Bertrand sur les autres candidats.

Xavier Bertrand 4 points devant le RN au premier tour

Avec 36% des voix au premier tour, Xavier Bertrand grignote un petit point supplémentaire par rapport à notre sondage réalisé le 5 mai dernier. Bien que la différence soit minime, la dynamique semble être dans le camp du président sortant. 

Sébastien Chenu, candidat du Rassemblement national, récolte 32% des intentions de vote, un score inchangé par rapport à début mai. Même constat pour la liste La République en Marche conduite par Laurent Pietraszewski qui stagne en quatrième position à 10%, tout juste assez pour se maintenir au second tour. Un score décevant alors que plusieurs poids lourds du gouvernement ont rejoint la campagne comme les très médiatiques ministres de la Justice Éric Dupond-Moretti et de l’Intérieur Gérald Darmanin. 

Pour la liste de l’union de la gauche menée par Karima Delli, c’est la douche froide. Créditée de 17% des voix au premier tour, c’est trois points de moins que lors de notre sondage réalisé début mai.

Un second tour avec ou sans LREM ?

Dans l’hypothèse d’une quadrangulaire au second tour avec le maintien de la liste LREM, Xavier Bertrand obtiendrait 38% des voix, soit cinq points de plus que le candidat du Rassemblement national Sébastien Chenu. Loin derrière, Karima Delli récolterait 18% des suffrages et Laurent Pietraszewski 11%.

Si le candidat de la majorité présidentielle n’atteignait pas la barre des 10% au premier tour ou décidait de se retirer pour faire barrage à l’extrême droite, Xavier Bertrand gagnerait avec 43% des suffrages, devant le candidat d’extrême-droite crédité de 36%. La candidate de la gauche unie atteindrait 21%.

L’électorat d’Emmanuel Macron siphonné par l’actuel président de région

Premier enseignement de ce sondage, le bon score du candidat à sa réélection Xavier Bertrand, également candidat à l’élection présidentielle de 2022. "C’est une consolidation et une stabilité à un haut niveau pour Xavier Bertrand", décrypte Brice Teinturier, directeur général délégué de l'institut de sondages IPSOS.

Selon notre sondage, 82% des électeurs ayant voté pour François Fillon à la présidentielle de 2017 vont glisser un bulletin Bertrand le 20 juin prochain, tout comme plus d’un tiers des électeurs ayant plébiscité Emmanuel Macron en 2017. Un camouflet donc pour le candidat de la majorité présidentielle dans les Hauts-de-France.

"Il n’y a pas d’effet Dupond-Moretti".

Brice Teinturier, directeur général délégué de l'institut de sondages IPSOS

De plus, cette enquête d’opinion permet d’affirmer qu'"il n’y a pas d’effet Dupond-Moretti", selon Brice Teinturier. L’arrivée de l’actuel ministre et Garde des Sceaux du gouvernement Macron comme tête de liste de la majorité présidentielle dans le Pas-de-Calais devait impulser une nouvelle dynamique dans la campagne de Laurent Pietraszewski, tête de liste LREM. Sans succès.

Avec 10% d’intentions de vote au premier tour (soit un score identique à celui de notre sondage du début du mois de mai), la liste de la majorité présidentielle peut à peine prétendre se maintenir. "Il y a encore une campagne qui va se faire mais ils sont à la limite de la qualification, analyse Brice Teinturier. S’il n’y a pas de liste LREM qualifiée pour le second tour, on ira vers un triomphe de Bertrand".

Le paradoxe du Rassemblement National 

Crédité de 32% des voix au premier tour des régionales dans les Hauts-de-France, Sébastien Chenu semble être le principal challenger du président sortant. Lors de notre précédent sondage il y a un mois, le candidat du Rassemblement National récoltait le même pourcentage de voix. 

"Si véritablement il terminait à 32%, cela reste très en deçà du score enregistré par Marine Le Pen (tête de liste du FN dans les Hauts-de-France en 2015, elle avait récolté 40,6% des voix au premier tour, ndlr). Aux européennes de 2019, le RN avait récolté 33,5 % des voix dans les Hauts-de-France, complète Brice Teinturier. Si au soir du premier tour il est à 32 et même demain à 33, ce n’est pas un très bon score pour lui".

Pourtant, ce sondage montre à quel point la base des électeurs du RN est stable et fiable. Alors qu’un peu plus de 6 électeurs sondés sur 10 estiment que leur choix est défini, ils sont 8 sur 10 ayant affirmé vouloir voter pour Sébastien Chenu dès le premier tour à être surs de leur choix. 

La gauche unie peine à séduire

Face à la droite représentée par Xavier Bertrand, l’extrême droite par Sébastien Chenu et la majorité présidentielle par Laurent Pizetraszewski, la gauche a décidé de partir rassemblée. Une union inédite en France puisque le Parti socialiste, la France insoumise, les communistes et les écologistes ne font qu’un derrière l’eurodéputée EELV Karima Delli

Mais la dynamique n’est pas bonne. Selon notre sondage, la liste de la gauche unie ne rassemble que 17% des voix au premier tour. Soit trois points de moins que lors de notre dernier sondage paru il y a un mois. "La gauche est à un niveau extrêmement faible", avance le directeur d’IPSOS.

Une des raisons se trouve peut-être dans les préoccupations exprimées par les sondés. Alors que la crise sanitaire arrivait en tête de notre dernier sondage début mai, l’angoisse de l’épidémie semble être quelque peu retombée puisqu’elle a été remplacée en tête des sujets qui préoccupent les sondés par la délinquance et l’immigration, des thématiques chères à la droite. "Même s'il y a eu une poussée de la délinquance, le chômage et les attentes économiques restent fortes, nuance toutefois Brice Teinturier. Manifestement, la gauche n’a pas été capable de convaincre sur cette dimension".

L’abstention, grande inconnue

"Les instituts de sondage sont performants pour mesurer les intentions de vote mais pas l’abstention", rappelle Pierre Mathiot, politologue et directeur de Sciences Po Lille. Au premier tour des élections régionales de 2015, l’abstention s’élevait à 45,19% dans les Hauts-de-France.

Un taux déjà très élevé qui a explosé lors du second tour des élections municipales de juin 2020, en pleine crise sanitaire. "L’appréciation de l’abstention est très compliquée à gérer. Parfois on a eu des surprises, dans un sens ou dans l’autre. La dernière fois, la participation avait augmenté de 8 points entre les deux tours en faveur de Xavier Bertrand", rappelle le politologue.

"La participation bénéficie au sortant et à la force politique la mieux identifiée, donc à Xavier Bertrand et au RN".

Pierre Mathiot, politologue et directeur de Sciences Po Lille

Néanmoins, un fort taux d’abstention profite à certains partis plus qu’à d’autres. "La participation bénéficie au sortant et à la force politique la mieux identifiée, donc à Xavier Bertrand et au RN. Plus l’abstention va être forte, plus ça va être pénalisant pour la gauche, poursuit Pierre Mathiot. Les premiers sondages montrant que la gauche ne bouge pas semble avoir comme effet une baisse de la mobilisation des électeurs de gauche. Côté RN, le score correct de leur candidat incite les électeurs à se déplacer parce que cela donnele sentiment que son vote va avoir de la valeur".

Un premier débat entre les sept candidats aux élections régionales dans les Hauts-de-France a eu lieu sur France 3 Nord Pas-de-Calais et France 3 Picardie mercredi 2 juin, à partir de 21h05.

Méthodologie

Ce sondage Ipsos Sopra Steria a été réalisé via internet selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession, catégorie d’agglomération, département) du 27 au 29 mai 2021, auprès de 1 000 personnes inscrites sur les listes électorales dans les Hauts-de-France, constituant un échantillon représentatif des habitants de la région âgés de 18 ans et plus.

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