Mur anti-intrusions de migrants à Calais : la mairie interdit les travaux

En haut, le début des travaux. En bas, le projet de mur. / © AFP/MONTAGE FRANCE 3
En haut, le début des travaux. En bas, le projet de mur. / © AFP/MONTAGE FRANCE 3

Natacha Bouchart, la maire de Calais, a pris un arrêté "interruptif des travaux de construction du mur aux abords de la rocade portuaire."

Par @F3nord

"Conformément à ce que j’annonçais par voie de communiqué en date du 23 septembre dernier, et en l’absence de réponse satisfaisante de la part de l’État et de la Société d’Exploitation des Ports du Détroit (S.E.P.D), j’ai pris un arrêté interruptif des travaux de construction du mur aux abords de la rocade portuaire", indique la mairie de Calais dans un communiqué. Sur Twitter, Natacha Bouchart, maire de Calais a aussi justifié cette décision en dénonçant des irrégularités dans les travaux du mur.

"Dès ce soir, la préfecture du Pas-de-Calais prendra un arrêté suspendant l'arrêté municipal interruptif de travaux afin de permettre la poursuite des travaux du mur végétalisé", a immédiatement répliqué la préfecture, qui défend la pertinence de ce dispositif. La préfecture argue que "dans un contexte international de crise migratoire durable", la sécurisation de la zone doit être "pérennisée pour les prochaines années", au-delà du démantèlement, "afin de diminuer l'attractivité du Calaisis pour les passeurs". Sur le terrain, les travaux en sont encore aux fondations, a constaté lundi un correspondant de l'AFP.

Lundi dernier, Natacha Bouchart avait dit avoir demandé à François Hollande "avec détermination" et obtenu du chef de l'Etat que la construction du mur "anti-intrusion" de migrants de 1km le long de la rocade portuaire, entamée la semaine précedente, soit suspendue. Elle estimait que cet ouvrage n'avait "plus lieu d'être" depuis que le démantèlement avait été annoncé. Elle affirmait avoir convaincu le chef de l'Etat.

Mais aucune confirmation officielle n'était venue confirmer cette annonce. Le Président de la République n'avait pas évoqué ce mur dans ces deux discours de la journée. 

Financé par la Grande-Bretagne (2,7 millions d'euros), ce mur vise à protéger la rocade des assauts répétés de migrants, qui tentent de monter à bord des camions en partance pour l'Angleterre. Mme Bouchart estime que l'édification de ce mur végétalisé de 4 m de hauteur et 1 km de long, prolongeant les grillages déjà installés sur la rocade près du port, n'a "plus lieu d'être" depuis l'annonce le 2 septembre par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve du prochain démantèlement de la "Jungle".

L'annonce de la maire de Calais a en revanche fait bondir Jean-Marc Puissesseau, le patron du port de Calais, organisme qui a en charge la responsabilité du projet. "Je ferai tout pour que nous arrêtions d'avoir un port qui n'est pas sécurisé et qui va perdre cette année neuf millions d'euros de chiffre d'affaires à cause de l'effet migratoire", a-t-il dit.

"Si on prend des décisions contre le port, qu'on le dise! Pour l'instant le mur continue", a assuré M. Puissesseau qui a réclamé depuis plusieurs mois la construction de cet ouvrage pour protéger la circulation menant au premier port français en trafic passager.

L'intégralité du communiqué 

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