Municipales à Denain : l'emploi et la sécurité au centre du débat entre les six principaux candidats

Du haut à gauche au bas à droite : Anne-Lise Dufour-Tonini (PS), Ahmed Habbar (DVG), Sébastien Chenu (RN), Djemi Drici (SE), Yvon Riancho (DVG) et Samy Tehami (LO) qui représente Jacky Boucot. / © MONTAGE FRANCE 3
Du haut à gauche au bas à droite : Anne-Lise Dufour-Tonini (PS), Ahmed Habbar (DVG), Sébastien Chenu (RN), Djemi Drici (SE), Yvon Riancho (DVG) et Samy Tehami (LO) qui représente Jacky Boucot. / © MONTAGE FRANCE 3

Le débat entre les candidats à la mairie de Denain a été diffusé sur notre antenne mercredi 26 février. Principaux thèmes abordés : le développement économique, avec la dépollution des anciennes friches d'Usinor, et la sécurité.

Par Q.V

Qui dirigera Denain (Nord) et ses 20 000 habitants pour les cinq ans à venir ? À l'approche des élections municipales, prévues les 15 et 22 mars, nous avons accueilli sur le plateau de France 3 Nord Pas-de-Calais un débat entre les six principaux candidats.

Il a été dissué ce mercredi 26 février à 21H45.
 
© FREDERIK GILTAY / FRANCE 3 NORD PAS-DE-CALAIS
© FREDERIK GILTAY / FRANCE 3 NORD PAS-DE-CALAIS
 

Qui sont les candidats à avoir débattu ?

  • Anne-Lise Dufour-Tonini, maire sortante PS, élue en 2011 et en lice pour un second mandat à la tête de la liste "Fiers d'être Denaisiens".
  • Sébastien Chenu, député RN du Nord et porte-parole du parti, à la tête de la liste "Nous sommes Denain".
  • Ahmed Hebbar, médecin et candidat "écolo-social" (DVG), à la tête de la liste "Denain pour Tous, Tous pour Denain". 
  • Yvon Riancho  ex-socialiste 'DVG) et proche de l'ancien maire (PS) Patrick Roy, à la tête de la liste "Tous citoyens, unis pour Denain".
  • Samy Tehami, qui représente Jacky Boucot, conseiller municipal (Lutte ouvrière) d'opposition dont il est le 3e colistier.
  • Djemi Drici, conseiller municipal Sans étiquette, à la tête de la liste "Rassemblement denaisien".
 

 
Denain : les six principaux candidats aux élections municipales débattent sur France 3
 

L'emploi au cœur des enjeux à Denain


Denain, ville à gauche depuis plus d'un siècle, porte toujours les stigmates de la faillite d'Usinor, qui annonçait il y a 40 ans le plus grand plan de licenciement de l'histoire (8850 postes supprimés). L'ancienne capitale de l'acier et du charbon, surnommée la "ville-usine", a depuis perdu un tiers de sa population.
 

L'un des principaux thèmes abordé mercredi soir a donc été celui du développement économique, dans une ville où le taux de chômage atteint les 34% et où 43% de la population vit sous le seuil de la pauvreté.
 
Municipales à Denain : quels sont les enjeux ?



La dépollution des anciennes friches Usinor, priorité pour développer l’emploi à Denain ?


A la question : "La dépollution des anciennes friches Usinor est-elle une priorité pour développer l’emploi à Denain et attirer de nouvelles entreprises ?", les six candidats présents sur le plateau ont répondu par l'affirmative. 
  • Anne-Lise Dufour-Tonini, maire PS de Denain.
     
    • "C’est une priorité parce qu’il y a une urgence environnementale, une urgence écologique. Ça fait 40 ans que cette zone est en friche. Quand Usinor est parti, les industriels n’ont pas été obligés de traiter cette pollution. Et c’est une catastrophe parce que ça coûte très cher."
       
    • "Je suis intervenue de façon massive en tant que maire et vice-présidente de la communauté d’agglomération en charge du développement économique. La communauté d’agglomération a ainsi investi 13 millions d’euros pour la dépollution et la création d’une voirie. J’ai pu obtenir en tant que députée une desserte autoroutière directe, préalable à une future plate-forme multimodale. Là où Denain est tombée, c’est là où Denain va se redresser."
       
  • Yvon Riancho, ex-socialiste (DVG)
     
    • "Cette zone doit être dépolluée. C’est un considérable atout avec la desserte autoroutière à venir, la voie ferroviaire qui la traverse, et le canal de l’Escaut qui devidendra le futur canal Seine Nord.  Avec le projet du Canal Seine Nord, on sait qu’il pourrait y avoir 45 000 emplois créés. Denain doit pleinement avoir sa place."
       
  • Sébastien Chenu, député RN du Nord
     
    • "On n’a pas actionné les bons leviers. L’emploi, le développement économique, ça ne se décrète pas. Madame Dufour a promis 1000 emplois en 2014. Les promesses c’est toujours pour demain. Ce que je vois, c’est qu’à Denain, on n’inaugure pas grand-chose".
       
    • "Denain a des atouts, mais il faut que la jeunesse soit prête, qu’elle soit employable. Nous avons dans notre programme un gros dossier sur la formation de la jeunesse, avec la création d’une agence locale de l’emploi. Il faut aussi ramener la sécurité et la propreté parce que c’est comme ça qu’on rend une ville attractive."
       
  • ​​Djemi Drici, conseiller municipal Sans étiquette
     
    • "Au-delà de la dépollution des terres, il y a aussi toutes ces entreprises qui s’installent, des déchetteries par exemple, qui ajouent à la pollution des sols celle de l'air. Il faut réellement proposer un projet dans ce sens. La dépollution est essentielle."
       
  • Ahmed Hebbar, médecin et candidat "écolo-social" (DVG)
     
    • "C’est à la société Usinor de dépolluer. J'y ai travaillé pour financer mes études, je suis allé dans les caves. Les caves n’ont pas été prises en charge, on a remblayé. C’est un gruyère. Il faut dépolluer. Le canal Seine Nord est une grande chance". 
       
  • Samy Tehami, qui représente Jacky Boucot, conseiller municipal (Lutte ouvrière) d'opposition dont il est le 3e colistier.
     
    • "La question est toujours la même : qui va payer ? C’est aux riches de payer, à ceux qui ont fait ça, à Usinor, leurs descendants, leurs héritiers.Tout le monde dit qu’il va créer des emplois. Il faudrait commencer par ne pas en supprimer. Carrefour Denain, groupe multimilliardaire, supprime des postes. Sevelnor touche des milliards de subventions, ils licencient des gens. Le problème là-dedans, c’est qu’il faudra aller chercher de l’argent là où il est."
       
Municipales à Denain : la dépollution des anciennes friches Usinor et l'emploi au cœur du débat
 

Faut-il encore développer la vidéosurveillance à Denain ?

C'était la deuxième grande question abordée dans ce débat. Trois candidats ont répondu par la négative, trois par l'affirmative. 
Le bilan de la maire sortante a été abondemment commenté, notamment par son adversaire du RN qui l'a régulièrement invectivée sur son bilan.  Morceaux choisis des propositions et commentaires des uns et des autres.

  • Non, pour ​​Djemi Drici, conseiller municipal Sans étiquette
     
    • "Denain n’est pas une ville qui vit dans l’insécurité. Il faut arrêter avec ça. Il y a des cambriolages comme partout, des jeunes turbulents. Denain, c’est 44 % de personnes en situation de précarité. Une jeunesse qui a plus de 53% est au chômage.
       
    • "Nous avons une police municipale qui fait son travail. Il faut repenser sa mission, car il y a parfois confusion des tâches avec la police nationale. Et remettre un peu de médiation dans leur fonction."
       
  • Oui, pour Anne-Lise Dufour-Tonini, maire PS de Denain
     
    • "Mon bilan parle de lui-même : j’ai mis en place la police municipale avec 23 policiers. J’ai aussi mis en place la vidéosurveillance. Il n’y a pas plus ni moins de faits de délinquance à Denain qu’ailleurs."
       
    • "La police municipale a traité plus de 3400 dossiers, il y a 315 caméras de surveillance. Tout cela a permis de résoudre plus de 900 dossiers."
       
    • "Il y a encore une centaine de caméras à poser, soit 800 000 €. J'ai obtenu du fond de prévention de la délinquance 50% de subventions. Il y en aura donc partout dans la ville."
       
  • Non, pour Samy Tehami, conseiller municipal (Lutte ouvrière) d'opposition
     
    • " La vraie insécurité, ce sont les 600 intérimaires virés de Sevelnor. 2600 personnes inscrites au Secours populaire de Denain. C’est ça l’insécurité."
       
  • Non, pour Yvon Riancho, ex-socialiste (DVG)
     
    • "A Nice, il y a 1 caméra pour 249 habitants. A Denain, une caméra pour 69 habitants. Nenain  ne me parait pas être dans l’insécurité. On a oublié de faire de l’éducation populaire. En même temps, on a supprimé le seul club de prévention de la délinquance qui existait sur Valenciennes".
       
  • Oui, pour Ahmed Hebbar, médecin et candidat "écolo-social" (DVG)
     
    •  "Au départ, j'étais contre. Maintenant, je suis pour un déploiement dans tous les quartiers. Mais le plus important pour moi c’est la prévention, donc des médiateurs de rue comme à Lambersart ou à Lille. Il faut réintroduire de l’humain. Développer la police municipale en concertation avec la communauté d’agglomération ce qui nous permettra d’élargir les heures d’ouverture de la police municipale".
       
  • Oui, pour Sébastien Chenu, député RN du Nord 
     
    • "Je conteste le bilan d'Anne-Lise Dufour. Les chiffres officiels font état d'une augmentation de 70 % de faits délictuels à Denain. Les moyens sont ne ni suffisants ni adaptés."
       
    • " L’insécurité n’est pas une fatalité. Il faut multiplier la police municipale par deux. Un appel, une action. Une brigade canine, une brigade à VTT, un accueil permanent des victimes, un plan municipal de lutte contre les toxicomanies, un plan lumières car là où il y a de la lumière, il y a moins de délinquance, l’accompagnement des personnes âgées. Nous consacrerons toutes les embauches à la sécurité." 
    •  
Municipales à Denain : faut-il encore développer la vidéosurveillance ?




La carte des 300 débats diffusés sur France 3

 

Denain, fiche d'identité :

Nombre d'habitants : 19 825 ( -2,61% entre 2012 et 2017 )
Taux de chômage : 36.05% (INSEE 2016)
Revenu fiscal de référence moyen par foyer :12 678 € (moyenne nationale : 25 476 € )
Dette de la ville par habitant : 970 € (moyenne des villes de taille similaire: 1039 €)

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