Grande-Synthe : relaxe de quatre ex-dirigeants du centre chiite Zahra France, suspecté d'avoir continué leurs activités

Dans le collimateur depuis 2018 pour légitimation du djihad, quatre ex-dirigeants du centre Zahra de Grande-Synthe ont été relaxés, mercredi 27 janvier, par le tribunal judiciaire de Dunkerque. Ils étaient accusés d'avoir maintenu leurs activités malgré la dissolution de leur association.
 

Le centre Zahra France, situé à Grande-Synthe, le 2 octobre 2018.
Le centre Zahra France, situé à Grande-Synthe, le 2 octobre 2018. © Philippe Huguen - AFP

La décision de justice était attendue ce mercredi 27 janvier. Et le tribunal judiciaire de Dunkerque n'a pas suivi les réquisitions du parquet. Il a relaxé quatre ex-dirigeants du centre Zahra France à Grande-Synthe, dans le Nord. Ils étaient soupçonnés d'avoir maintenu l'activité de cette structure légitimant le djihad, selon le gouvernement, et qui avait été dissoute en 2019 à la demande de Christophe Castaner, alors ministre de l'Intérieur. 

Lors de l'audience, le 27 novembre, le parquet avait requis des peines de prison ferme à l'encontre du fondateur du centre Yahia Gouasmi, de son fils et ex-trésorier Bachir Gouasmi et de deux autres anciens dirigeants, Jamel Tahiri et Abdelkrim Khalid, pour avoir continué à organiser "des activités de type prêches ou rencontres prêchées" sur place et sur les réseaux sociaux. "Nous retrouvons les mêmes personnes se réunissant dans le même lieu avant et après (la dissolution), avec le même matériel de propagande, pour diffuser le même discours", s'était agacé le procureur de la République de Dunkerque, Sébastien Piève, qui a fait appel de cete décision de justice.

La défense dénonce une politisation du dossier

La défense avait pour sa part contesté le maintien de l'activité. Me Elie Hatem, avocat de Yahia Gouasmi et Jamel Tahiri, avait dénoncé une politisation de ce dossier due au "lobby sioniste". Il s'est félicité du verdict rendu : "Le tribunal a tranché à partir des éléments produits, essentiellement par la
défense, qui démontrent qu'il n'y a aucune activité ni de prosélytisme, ni culturelle, seulement des réunions de famille qui se tenaient dans cette maison qui appartient à M. Gouasmi et sa femme."

Dans le radar des autorités depuis plusieurs années, le centre Zahra avait été dissous en mars 2019. Le ministre de l'Intérieur de l'époque, Christophe Castaner l'avait accusé de mener des activités "qui légitiment de façon régulière le djihad armé".

La dissolution avait ensuite été validée par le tribunal administratif de Lille, qui avait considéré que les messages et les activités du centre relevaient de la glorification de la lutte armée et de la provocation à la haine, "entraînant ainsi le risque de commission d'actes terroristes".

Opération antiterroriste en 2018

En octobre 2018, les locaux du centre Zahra avaient été visés par une opération antiterroriste, en raison du soutien de ses dirigeants à des organisations terroristes. Des armes à feu avaient été découvertes lors de perquisitions administratives, menant à la condamnation de Bachir Gouasmi à 18 mois de prison, dont six ferme, pour leur détention illégale.

A l'époque, le préfet du Nord avait ordonné la fermeture pour six mois du lieu de culte géré par l'association. Le prédicateur Jamel Tahiri avait pour sa part été condamné fin 2019 à six mois de prison avec sursis pour provocation à la haine antisémite.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
justice société religion terrorisme faits divers