Une djihadiste lilloise condamnée en Irak implore la France de lui “laisser une chance”

La djihadiste originaire du Nord avait été condamnée pour djihadisme en Irak en 2018. / © Ammar Karim / AFP
La djihadiste originaire du Nord avait été condamnée pour djihadisme en Irak en 2018. / © Ammar Karim / AFP

Condamnée à la prison a perpétuité en Irak pour appartenance au groupe Etat Islamique, la djihadiste Djamila Boutoutaou, originaire de Lille, demande à revenir en France. Elle a adressé un courrier à sa mère et au président Emmanuel Macron ce vendredi 12 avril.

Par M.D. avec AFP

"C'est tellement difficile, j'ai besoin d'aide, sortez-moi d'ici", implore Djamila Boutoutaou. La Française a été condamnée à la perpétuité en Irak l'an dernier pour appartenance au groupe jihadiste État islamique. Aujourd'hui, la Nordiste implore la France de "lui laisser une chance" dans une lettre adressée à sa mère.

"J'accepte d'être en prison en France si vraiment vous me pensez dangereuse (j'ai envie de vous montrer le contraire, vous prouver que je suis une personne tout à fait normale)", écrit-elle dans son courrier daté du 5 mars et tamponné par la Croix-Rouge française, qui l'a fait parvenir à sa mère, Saïda.
 

Originaires de la métropole lilloise, Djamila et son époux Mohammed étaient partis, en 2016, pour les territoires contrôlés par l'organisation extrémiste, emmenant avec eux leurs enfants Abdallah, 4 ans à l'époque, et Khadija, bébé de quatre mois. Abdallah avait été tué quelques mois plus tard dans un bombardement. Après la mort de Mohammed près de Mossoul, Djamila avait ensuite été arrêtée avec sa fille et jugée à Bagdad.
 
Une djihadiste lilloise condamnée en Irak implore la France de lui "laisser une chance"

Privée de son avocat français lors de son procès, elle avait assuré avoir rejoint le groupe jihadiste contre son gré, dupée par son époux, ce qu'elle redit dans sa lettre : "Je te jure qu'il m'a trahi, tu me connais bien, j'aurais jamais fait ça, je ne suis pas folle. Même en France, je n'étais pas libre de faire ce que je voulais".

La djihadiste lilloise est aujourd'hui seule dans les geôles irakiennes. "Les conditions y sont très difficiles, elle a beaucoup maigri, elle ne mange pas à sa faim. C'est un bout de femme très courageuse. Je souhaite qu'elle tienne bon", espère sa mère, Saïda. Comme elle, près de 600 étrangers, presque tous des femmes, ont été condamnés en Irak en 2018 pour "appartenance au groupe Etat Islamique".
 

Sa fille rapatriée en France


"J'ai envie de vivre une nouvelle vie (...) d'être une femme libre sans que personne ne décide de ma vie, poursuit Djamila Boutoutaou. J'ai envie de crier « Je veux être libre ». Pitié, aidez-moi, que faire ? Qu'est-ce que vous voulez de moi ? (...) Ca fait maintenant un an et sept mois que je suis en prison en Irak avec ma fille de trois ans et demi, je vais envoyer ma fille, après je n'aurai plus de raisons de vivre."
 

Sa fille a été rapatriée le 27 mars en France alors que Saïda implorait le gouvernement depuis plusieurs mois. "J'avais envie d'écrire un courrier au gouvernement (...) mais j'ai eu droit qu'à une seule feuille. J'ai envie de dire à la France : Laissez-moi une chance, vous prouver mon innocence et laissez-moi la possibilité de devenir une femme libre", écrit encore la détenue dans ce courrier également transmis vendredi par sa mère au président Emmanuel Macron.

 

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