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INTERVIEW. Des réfugiés du “Sea-Watch” à Lille ? Martine Aubry s'explique sur son offre d'accueil

© MAXPPP & HANDOUT/ SEA WATCH / AFP
© MAXPPP & HANDOUT/ SEA WATCH / AFP

La maire socialiste de Lille dit vouloir "porter un accueil à tous ceux qui fuient la guerre".

Par Fabrice Dujardin et Quentin Vasseur

La maire socialiste de Lille Martine Aubry a indiqué samedi dans un tweet qu'elle souhaitait accueillir à Lille les dix migrants que la France s'est proposée de faire venir. L'élue s'est expliquée sur cette offre auprès de France 3 Nord-Pas-de-Calais.
 



Pourquoi avoir fait cette offre d'accueil ?

Je pense depuis toujours que la France ainsi que les autres pays européens ne font pas assez pour remplir leur devoir humanitaire. La France pourrait faire beaucoup plus, je l'ai dit à plusieurs reprises. Je veux porter un accueil à tous ceux qui fuient la guerre.

J'ai toujours pris parti dans ce sens, y compris quand la France a refusé que des bateaux s'arrêtent dans ses ports. Je pense notamment à l'Aquarius, qui avait dû accoster en Espagne.

Dès que j'ai appris que la France s'était portée candidate pour recevoir dix personnes, je me suis proposée pour pouvoir les recevoir.
 


La situation est-elle similaire avec l'Aquarius ? Qu'en est-il de ces réfugiés aujourd'hui ?

À l'époque, déjà, j'avais déjà accueilli auparavant des réfugiés et je me suis portée volontaire quand la France avait accepté d'accueilir près de 70 migrants de l'Aquarius. J'ai accepté à l'époque de recevoir 42 jeunes Soudanais.
 

Beaucoup de ces jeunes vont sortir d'ici le mois de juillet. Ils ont appris le français, certains travaillent déjà ou sont intégrés dans un système de formation. Nous avons des places pour en accueillir d'autres.
 

J'ai appelé le directeur général de l'OFII (Office français de l'immigration et de l'intégration), que j'ai déjà eu l'occasion de côtoyer précédement pour les réfugiés de l'Aquarius, afin de lui dire que nous étions prêts à les accueillir, que le lieu convenait parfaitement.


Que sait-on des réfugiés du Sea-Watch ?

Ce sont des gens qui fuient des persécutions, qui sont en danger de mort. Certains ont vu leur mère, leur soeur violées puis mourir devant eux, ou bien ont vécu dans des geôles libyennes

On ne sait pas s'il s'agit de jeunes, de familles, etc. Pour l'instant, on attend que l'OFPRA (Office français de protection des réfugiés et des apatrides) soit allé sur place. Si ces personnes obtiennent le statut de réfugiés, car c'est à cette condition seulement qu'ils pourront venir, ça veut bien dire qu'ils fuient la guerre, les persécutions ou le terrorisme.

Je salue le courage de la jeune capitaine du "Sea-Watch" [qui a dû "forcer" le passage pour accoster sur l'île italienne de Lampedusa]. Elle a déclaré : "J'ai obéi à ma conscience, je ne pouvais pas laisser ces 40 personnes mourir."


Combien de personnes pourraient être accueillies à Lille ?

La France a dit qu'elle était prête à en accueillir dix, alors j'ai fait une offre pour les dix, mais ce n'est pas nous qui décidons. À ce stade, nous attendons une réponse du gouvernement français.


Quelle sera selon vous la réaction des Lillois ?

Je n'agis pas ainsi pour me montrer, mais par conviction personnelle et je pense que les Lillois comprennent cela.

Ils ont toujours été là. C'était le cas, par exemple, pour l'Aquarius,. Les réfugiés soudanais sont arrivés un vendredi à 15H30, et on avait appris leur venue le matin même. On a lancé un appel pour des collecter des vêtements et les Lillois ont répondu présent.

Les réfugiés ont été accueillis dans des familles, ils ont reçu des cours de français. Ce sont des personnes qui n'avaient qu'une seule envie, c'était de s'intégrer, de travailler.
 

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