Vague de froid : les agriculteurs se préparent aux gelées printanières

Météo France a annoncé une vague de fraîcheur sur toute la France pour la semaine prochaine. Des gelées sont à prévoir. Un manque à gagner pour les horticulteurs et arboriculteurs nordistes.

Selon l'adage, "Saint Servais, Saint Pancrace et Saint Mamert font à eux trois un petit hiver". Prévus entre le 11 et le 13 mai, les Saints de Glaces représentent selon les croyances, les ultimes gelées de la saison. Cette année ne semble pas déroger à la règle puisque Météo France annonce pour cette dernière semaine d'avril des températures fraîches, bien en deçà des normales de saison. Au risque même, d'assister à des gelées printanières.

Mauvaise nouvelle pour les jardiniers en herbe, mais aussi pour les agriculteurs, qui accusent encore le coup d'un hiver humide.

Un danger variable selon ce qui est cultivé

À Wambrechies, sous les serres Grave, l'inquiétude de Mme Lambin monte. "C'est déjà arrivé, ce n'est pas la première fois, mais c'est compliqué à gérer. On va espérer ne pas être gelé dans les serres" explique l'exploitante. "S'il gèle, tout serait foutu. Ça représenterait des milliers d'euros de perte. Ce n’est pas possible de se remettre de ça". Tomates, aubergines, fraises, poivrons, la Wambrecitaine va faire le "maximum" pour sauver ses plants printaniers. En prévision de la vague de froid, elle installe des dispositifs contre le gel. Ces craintes météorologiques ne sont pas les mêmes selon l'exploitation, poursuit la maraîchère : "on est peut-être plus touchés dans le milieu horticole et le maraîchage que dans la grande culture."

S'il gèle, tout serait foutu. Ça représenterait des milliers d'euros de perte.

Mme Lambin

Maraîchère des serres Grave à Wambrechies

Ce constat, Antoine Gomel, porte parole de la Confédération Paysanne dans le Nord et le Pas-de-Calais, le partage. "Le danger est particulièrement important pour les arboriculteurs, c'est la période où les pommiers, les poiriers, mais aussi les pruniers sont en fleur. Il y a donc une vraie crainte que les températures descendent trop bas. Pour le reste, il y aura des complications liées à cette vague de froid." Entre autres, du retard dans les cultures. "Que cela soit pour l'élevage, la culture du blé ou de la betterave, c'est du retard qui est pris. On peut craindre pour les rendements."

Du froid au mois d'avril ce n'est pas non plus un phénomène exceptionnel.

Antoine Gomel

Porte parole de la Confédération Paysanne 59/62

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Le porte-parole relativise tout de même le phénomène. "Du froid au mois d'avril ce n'est pas non plus un phénomène exceptionnel." Il ne craint d'ailleurs pas spécialement de surcoût pour les consommateurs, bien que les conséquences sur le rendement ne puissent être connues qu'au moment de la récolte. Il termine, "les saints de glace sont un repère dans l'année, plus culturel que scientifique. Avec le changement climatique, avant c'était une référence, maintenant c'est compliqué de savoir."