Interventions, pluviométrie, pompiers engagés, entreprises touchées : le bilan des inondations dans l’Oise en chiffres

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Écrit par Justine Saint-Sevin
Les plongeurs ont notamment été mobilisés pour retrouver le corps de l'adolescent de 17 ans, disparu la nuit des intempéries.
Les plongeurs ont notamment été mobilisés pour retrouver le corps de l'adolescent de 17 ans, disparu la nuit des intempéries. © Haron Tanzit / FTV

Dans la nuit du 21 au 22 juin, de violentes intempéries se sont abattues sur l'Aisne, l'Oise et la Somme causant le décès d’un jeune homme de 17 ans et de nombreux dégâts, en particulier dans le Beauvaisis.

Un mois de précipitation. C’est le premier chiffre que nous donnerons pour commencer à mesurer l’ampleur de la catastrophe enclenchée dans la nuit du 21 au 22 juin. Entre 30 et 60 mm de pluie sont localement tombés sur plusieurs communes du Beauvaisis. Retour en chiffres sur cette soirée et ses conséquences dans l'Oise, secteur le plus violemment touché.

  • 2 mètres

La crue exceptionnelle du Thérain, dont la violence pourrait s’expliquer par plusieurs facteurs autres que les seules précipitations, est au coeur des inondations. Celui qui était autour de 50 à 70 centimètres avant l’épisode pluvieux a dépassé les deux mètres, les 2,80 mètres même à Goincourt. Mercredi 23, il n’avait toujours pas retrouvé son niveau normal, mais redescendait doucement. Les derniers relevés effectuées dans la matinée indiquaient alors 1,74 mètres à Goincourt et 1,60 mètres à Beauvais.

  • 900

C’est le nombre de sapeurs-pompiers du Sdis intervenus dans le secteur dont 545 à Beauvais même. Les sapeurs-pompiers de l'Oise qui continuent les opérations de pompage dans tout le territoire concerné sont intervenus à plus de 600 reprises dans la seule nuit du 21 au 22 juin. Ils ont réalisé près de 726 secours depuis le début de la crise.

  • Entre 700 et 1000

La fourchette est large et doit être affinée au fil de l’enquête menée par la préfecture de l’Oise accompagnée d’entités départementales et ministérielles, mais le premier bilan dressé par la ville de Beauvais fait état de 700 à 1000 habitations touchées par les intempéries. Les quartiers des centres-villes de Marissel, Notre-Dame-du-Thil, Voisinlieu, Saint-Just-des-Marais, Saint-Jean, d’Argentine et Saint-Lucien ont particulièrement étaient touchés. Les remontées d’une dizaine de maires d’autres communes concernés font grimper les estimations à 170 unités supplémentaires.

  • 16

Comme le nombre de communes ayant déjà d’ores et déjà déposées une demande de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle.

La préfète compte mobiliser pour l’ensemble des communes affectées qui en feront la demande le fonds d’aide pour le relogement d’urgence. "Ce fond permet à l’État d’apporter une aide financière aux communes, centres communaux d’action sociale et établissements publics locaux sous la forme d’un remboursement des dépenses réellement engagées pour le relogement temporaire des personnes sinistrées avant leur réintégration dans leur logement, pour une durée de six mois maximum", précise la préfecture de l’Oise dans un communiqué. Beauvais a quant à elle mis en place différentes actions dont un hébergement d’urgence pour une vingtaine de familles ainsi que des actions d’aide sociale.

  • 50%

De nombreux particuliers, mais aussi beaucoup d’entreprises et d’exploitations agricoles ont été durement touchés par les intempéries. D’après le premier bilan de recensement conjointement dressé par les chambres consulaires, la direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) et la direction départementales des territoires (DDT), près d’une entreprise beauvaisienne sur deux a été frappée.

Dans le lot, les commerces de centre-ville et les bâtiments de stockage ont été particulièrement touchés. 3 zones industrielles et commerciales (Z.A. de l’Avelon, P.A.E. du Haut-Villé, zone de la rue de l’industrie) ont vu leurs toitures sérieusement endommagées et des dégâts dues aux infiltrations d’eau.

  • 3000

La médiathèque du centre-ville de Beauvais n’a pas été épargnée par les orages et les pluies diluviennes qui ont frappé le département de l’Oise. Près de 3000 ouvrages ont été touchés. Alors qu’une partie des ouvrages appartenant au fonds courant a été altérée et a dû être jetée, les équipes s’affairent à sauver un maximum des ouvrages des fonds patrimoniaux également touchés. L’établissement est actuellement fermé jusqu’à nouvel ordre.

  • Des interrogations persistent encore

A ce jour, si les professionnels signalent notamment de lourds dégâts dans le Sud Beauvaisis dans le secteur agricole, il faudra un peu de temps avant d’y voir plus clair. "Le problème est que les entreprises ont elles-mêmes du mal à évaluer le montant de leur dommage. Quand les caves ont été inondées et ont ruiné les stocks à 100% c'est plus simple à calculer que lorsqu'il est partiellement ruiné, ou qu'il faut attendre, comme dans certaines entreprises que les machines sèchent complètement avant de voir si elles fonctionnent", précise le président de la Chambre de commerce et d'industrie de l'Oise, Philippe Enjolras.

A ce jour (le 25 juin), en comptant les remontées après des coups de téléphone et près de 1300 visites, on est à peu près à 25% d'entreprises touchées dans l'Oise, mais c'est un chiffre qui devrait évoluer.

Philippe Enjolras, président de la Chambre de commerce et d'industrie de l'Oise

Tant que les demandes des communes et les enquêtes sont en cours, il est difficile de chiffrer financièrement les dégâts causés par ces inondations. "On a du mal à joindre les entreprises de un ou deux salariés, qui ont forcément autre chose à faire en ce moment que nous répondre, donc c'est difficile d'avoir une vue d'ensemble. Ça devrait commencer à se débloquer dans les jours qui viennent", ajoute le président de la CCI de l'Oise. D'après ce dernier, il faudra au moins attendre la fin de la semaine prochaine pour pouvoir dresser un premier bilan chiffré des dégâts causés par les inondations.

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