Oise : les surveillants pénitentiaires bloquent la prison de Beauvais

Les gardiens de prison du centre pénitentiaire de Beauvais, dans l'Oise, se sont rassemblés ce mercredi 6 mars pour protester contre le manque de sécurité dans leur travail. Ils répondent à un appel à la mobilisation nationale lancée par les syndicats après l'agression à Condé-sur-Sarthe, mardi.
Après l'agression de deux surveillants de prison, poignardés par un détenu radicalisé à la maison centrale d'Alençon-Condé-sur-Sarthe, dans l'Orne, mardi 5 mars, les syndicats ont appelé à la mobilisation nationale des gardiens pour bloquer les prisons et demander plus de sécurité dans leur travail. Le mouvement a été suivi en Picardie à Beauvais, à Laon et à Amiens.
 
À Beauvais, depuis ce mercredi matin, une vingtaine de surveillants bloquent la prison. La visite au parloir pour les familles est interrompu.

Ils demandent plus de mesures de sécurité au sein des prisons, comme l'explique Julien Stievenard, secrétaire FO Pénitentiaire à Beauvais. 

On travaille dans une prison où personne n'est fouillé en arrivant. Prenez l'exemple des aéroports, des salles de concert, ou des parcs d'attractions, on est palpé. Mais on ne peut pas le faire, on a aucune qualification judiciaire. On demande de la sécurité. Hier, deux collègues ont failli y passer. L'un d'entre eux a eu son pronostic vital engagé. Clairement, demain on aura un mort. On ne peut pas rester impassible face à ça. Le ministère doit réagir.


Mardi, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, affirmait qu'il "faudra tirer toutes les conséquences de cette attaque".

Les surveillants attendent l'application du plan pénitentiaire négocié l'année dernière avec la ministre. Il avait été établi juste après l'agression de trois gardiens à Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais, par un détenu radicalisé. Elle y avait annoncé la création de 2 500 nouvelles places de prison avec un "haut niveau de sécurité".

Mais les moyens ne sont pas encore là, pour Joao Gil, représentant UFAP-UNSA à Beauvais.

On nous donne pas les moyens pour travailler au sein de ces détentions. On demande la création de quartiers spécifiques pour pouvoir mettre ces personnes détenues à l'écart aussi des détenus qui sont là pour d'autres raisons, qui pourraient être entrainés ou passer à l'acte. 

Ils devraient être rejoints par leurs collègues de Liancourt à la mi-journée. Ils espèrent reconduire leurs actions jeudi et les jours qui suivent. 


 
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