Coronavirus - L'Institut Pasteur étend son étude épidémiologique à Crépy-en-Valois aux enfants de 5 à 12 ans

Après une première étude épidémiologique fin mars auprès de 661 personnes reliées au lycée Jean-Monnet de Crépy-en-Valois dans l'Oise, l'Institut Pasteur va tester les 5-12 ans scolarisés dans la commune. Le but : comprendre comment elle est devenue le coeur du 1er cluster de Covid-19 de France.

Après son étude séro-épidémiologique sur les lycéens de Jean Monnet à Crépy-en-Valois dans l'Oise, l'Institut Pasteur veut mener une enquête sur les 5-12 ans scolarisés dans la commune.
Après son étude séro-épidémiologique sur les lycéens de Jean Monnet à Crépy-en-Valois dans l'Oise, l'Institut Pasteur veut mener une enquête sur les 5-12 ans scolarisés dans la commune. © FTV
Groupe CORSER-2. C'est le nom de la deuxième phase de l'étude épidémiologique de l'Institut Pasteur à Crépy-en-Valois dans l'Oise. Cette fois-ci, ce sont les enfants de 5 à 12 ans, scolarisés dans la commune, et leurs parents qui sont ciblés, après avoir testé 661 personnes liées au lycée Jean Monnet du 30 mars au 3 avril, un établissement proche de celui où était professeur la première victime française du coronavirus. 
 
L'Institut Pasteur espère ainsi "connaître l'impact et la diffusion du coronavirus" sur les plus jeunes. Cette nouvelle enquête sanitaire aura lieu du mardi 28 au jeudi 30 avril sur le site de la Passerelle à Crépy-en-Valois. 
 
Un mail a donc été envoyé à tous les parents ayant un enfant scolarisé dans l'une des 6 écoles élémentaires de Crépy-en-Valois. En copie, plusieurs documents expliquant pourquoi une nouvelle étude est menée et comment elle va l'être. Des explications pour les adultes mais aussi pour les plus jeunes susceptibles de participer à cette enquête. Une participation qui n'a rien d'obligatoire."Tu es tout à fait libre de refuser de participer à cette étude. Tu as le droit de réfléchir à ta décision", rappelle le courrier adressé aux enfants. Un glossaire reprenant les principaux termes qui seront entendus lors de cette étude, comme "étude séro-épidémiologique" ou "personne suspecte d’infection", a même été ajouté aux documents d'information. 
 

Prélèvement sanguin

Concrètement, les volontaires s'entretiendront dans un premier temps avec un médecin investigateur pour évaluer leur état de santé depuis le début du mois de février. Puis un prélèvement sanguin, qui remplira un tube de 5 ml, sera effectué. Une fois analysé, il révélera ou non la présence d'anticorps au coronavirus Covid-19. Toutes les informations collectées resteront confidentielles. Seule l’équipe de recherche connaîtra les noms et prénoms des participants qui seront remplacés par un code chiffré sur le tube et les documents. 

Mais tout le sang prélevé ne sera pas utilisé pour cette étude. Le volume restant sera congelé et conservé en collection dans une biothèque. Cette collection d’échantillons sanguins sera ouverte à la communauté scientifique pour des travaux de recherche portant sur le virus et l’immunité vis-à-vis du SARS-CoV-2, voire sur des virus apparentés ou des co-infections. Les échantillons pourront dès lors "être transmis à d’autres scientifiques de l’Institut Pasteur ou d’autres laboratoires en France ou à l’étranger menant des recherches sur le coronavirus", précise l'Institut Pasteur. Bien qu'en participant à cette étude, vous acceptiez de facto la mise en collection de votre sang, vous pourrez néanmoins faire part de votre opposition à sa conservation lors de votre entretien avec le médecin investigateur.


Permettre d'"affiner la stratégie de déconfinement"

L'Institut Pasteur espère ainsi "évaluer le pourcentage d’enfants ayant été infectés par le coronavirus" et comprendre "dans quelle mesure les enfants de cet âge peuvent avoir transmis la maladie à leurs parents" et "mieux comprendre [leur] contribution dans la transmission du virus". Et de préciser que "ces informations sont primordiales pour affiner la stratégie de déconfinement qui sera mise en oeuvre en France à partir du 11 mai".

Au total, l'Institut Pasteur espère recueillir un échantillon de sang d'environ 200 personnes. Un calendrier a été mis en place pour chaque école et chaque classe de Crépy-en-Valois. Les premiers enfants attendus sont ceux de l'école élémentaire Jean Cocteau et ceux de Gaston Ramon le mardi 28 avril. Le lendemain, ce sera le tour des élèves de Jean Vassal et de Charles Péguy. Les écoles André Malraux et Sainte Marie cloront l'enquête.
 

Une première enquête auprès des lycéens 

Depuis fin mars, l'Institut Pasteur focalise ses études séro-épidémiologiques sur la population de Crépy-en-Valois parce que cette commune de l'Oise a été le premier foyer majeur de l’épidémie de Covid-19 en France.

Les investigations des chercheurs de l’Institut Pasteur menées du 30 mars au 3 avril sur des élèves scolarisés dans un établissement voisin - le Lycée Jean-Monnet - et les personnes avec qui ils sont entrés contact, ont montré que 41% des personnes fréquentant l'établissement ont été infectées par le Covid-19 mais que dans les familles, le virus s'est moins diffusé : seuls 11% des proches ont été infectés.

Une recommandation du Conseil scientifique


Samedi 25 avril, le Conseil scientifique a rendu publiques ses recommandations concernant la réouverture des écoles à partir du 11 mai. Il note qu'"il n'y a pas eu d'épidémie documentée dans les crèches, écoles, collèges, lycées et universités à ce jour" exceptée l'étude épidémiologiste au lycée de Crépy-en-Valois. De l'avis du Conseil scientifique, "en prévision de la réouverture des écoles, et afin d'évaluer le potentiel épidémique associé à cette réouverture, il semble urgent d'étudier rétrospectivement la circulation du virus chez les enfants lors de la première vague épidémique". Il propose de mettre en place des études sérologiques dans les écoles comme cela est prévu du 30 avril au 3 avril dans toutes les écoles élémentaires de Crépy-en-Valois.
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