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Mauvais résultats des Républicains aux européennes : la chute des bastions de l'Oise

L'échec de la liste portée par F-X. Bellamy, y compris dans l'Oise, pousse Les Républicains à se remettre en cause. / © JACQUES DEMARTHON / AFP
L'échec de la liste portée par F-X. Bellamy, y compris dans l'Oise, pousse Les Républicains à se remettre en cause. / © JACQUES DEMARTHON / AFP

Sur ses terres électorales historiques - Compiègne (Philippe Marini), Chantilly (Eric Woerth), Beauvais (Caroline Cayeux) -, la liste Bellamy n'a pas fait beaucoup mieux qu'au niveau national, dimanche.

Par Mickael Guiho

Même dans ses bastions, la droite républicaine n'aura pas résisté à la recomposition politique nationale. Pris en tenailles dans le duel imposé par le Rassemblement national et La République en marche dans la campagne des européennes, Les Républicains ont finalement réalisé dimanche leur plus faible score historique. Dotés de 8,48% des suffrages nationaux, ils ont aussi lourdement chuté dans l'Oise (tous les résultats ici), y compris à Beauvais (6,72%) et même Chantilly (14,34%) ou Compiègne (13,64%).

Sur ces terres pourtant historiquement acquises, la droite fait :
  • 2x moins qu'avec François Fillon à la présidentielle de 2017.
  • 3x moins qu'avec Jérôme Lavrilleux aux européennes de 2014.


Des barons inquiets pour le parti, moins pour eux-mêmes


Ce sont des résultats "catastrophiques" sur le plan national, admet Eric Woerth, maire (LR) de Chantilly. Lui qui avait été réélu à la tête de sa commune en 2014 avec 75% des suffrages dès le premier tour précise toutefois que ce scrutin européen "n'a rien à voir avec des situations locales", mettant les oppositions en garde contre les "conclusions hâtives" en vue des municipales de 2020.

"Évidemment, c'est un score décevant", confirme son homologue compiégnois Philippe Marini, qui ne s'inquiète pas non plus pour sa propre réélection en 2020. Alors qu'il avait rassemblé 64,75% des voix exprimées aux dernières municipales, il "ne doute pas que l'électorat saura une nouvelle fois légitimer le maire en place."

C'est un "effondrement", constate enfin Caroline Cayeux. La maire de Beauvais, qui a "pris (ses) distances avec sa famille politique", regrette que "le duel RN/LREM se soit réalisé". Un défi que Les Républicains n'ont pas sû relever, encore moins qu'Europe-Ecologie. Ont-ils loupé le coche écologique sur cette élection ? "Oui, je le pense", répond Caroline Cayeux. "Ils ont un corpus d'idées sur lequel ils doivent retravailler pour s'adapter à la société."
 

Où sont partis les électeurs ?


Localement, Philippe Marini voit deux explications dans la fuite de ses électeurs traditionnels. "Dans les quartiers populaires de Compiègne, les thèmes de la sécurité et de l'emploi ont bénéficié au Rassemblement national", déclare l'édile, qui distingue une autre partie de l'électorat : "Il y a les légitimistes qui ont préféré voter pour la liste du président Emmanuel Macron, pour légitimer le garant de l'ordre public face aux gilets jaunes." Ainsi les sympatisants LR se seraient dispersés entre l'extrême droite et la majorité présidentielle.

Une analyse probablement insuffisante pour expliquer l'ampleur de la chute par rapport aux précédents scrutins. Chute bien plus vertigineuse que la progression des deux partis en tête. L'observation des équilibres entre les principales listes laisse imaginer qu'une partie de la droite s'est également reportée sur le vote écologiste et européen, mais aussi que beaucoup ne se sont tout simplement pas rendus aux urnes. L'offre européenne de François-Xavier Bellamy - ou l'offre nationale de Laurent Wauquiez - n’ont pas permis de mobiliser leur camp.
 
 

Éric Woerth : "Il faut tout changer"


Le bureau politique du parti s'est réuni à Paris ce lundi soir, pour ce qui ressemblait à une réunion de crise. Le président Laurent Wauquiez a proposé "des états généraux" du parti à la rentrée, afin de "tout remettre à plat". Pas de démission donc, alors que des ténors du parti faisaient pression en ce sens, notamment le président du Sénat Gérard Larcher, la présidente de région Ile-de-France Valérie Pécresse ou l'ancien président de l'UMP Jean-François Copé.

Juste avant la réunion, Eric Woerth nous confiait sa volonté personnelle : "Il faut tout changer." Le maire de Chantilly voulait "une prise de conscience lucide" de cet "échec des Républicains", un parti qui "aujourd'hui peut disparaître" s'il ne change pas de gouvernance et de méthode.

Ce résultat ne conforte pas le président des Républicains. Je me suis souvent exprimé, pensant que la stratégie politique des Républicains, de diviser les électorats, aboutissait à un rétrécissement du parti. Bon, maintenant c’est le cas ! Il faut tout changer. Changer les modes de gouvernance, la capacité à mieux travailler ensemble. Trouver des solutions réelles, pas de façade (...). J’en appelle à un changement de méthode, probablement aussi pour Laurent Wauquiez. S’il souhaite partir et prendre du champs, il y a d’autres solutions possibles. S’il souhaite rester, alors il faut qu’il change sa manière de faire. C’est vrai sur le fond, sur la forme, sur la capacité d’unir.

Ce soir, Laurent Wauquiez qualifie les résultats des européennes de "choc majeur pour (sa) famille politique" : "Nous n'avons pas été capables de parler aux Français, nous avons subi une défaite amère, il ne s'agit pas de faire semblant sur l'ampleur de la remise en cause que cela représente pour Les Républicains". A droite, l'été sera chaud.

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