Les pêcheurs de Boulogne-sur-Mer mécontents des quotas de pêche en 2020

Pour les pêcheurs dans des chalutiers, l'année 2019 a une nouvelle fois été compliquée. / © Joséphine Kloeckner - France 3 Hauts-de-France
Pour les pêcheurs dans des chalutiers, l'année 2019 a une nouvelle fois été compliquée. / © Joséphine Kloeckner - France 3 Hauts-de-France

Les ministres européens de la pêche ont fixé les quotas de capture de poissons pour 2020. Cette année encore, les pêcheurs boulonnais se sentent lésés.

Par Victor Lengronne

Pour les pêcheurs boulonnais, fin d'année ne rime pas avec fêtes mais plutôt quotas de pêche. Les limites de capture de poissons pour 2020 ont été fixées ce mercredi 18 décembre, au sein de la commission européenne, entre les ministres des pays membres de l'UE.
 

"La commission a encore fait des eurosceptiques"


Cette année encore, les pêcheurs de Boulogne-sur-Mer, premier port de pêche, et ses alentours, ne sont pas satisfaits par les décisions prises. "On revient toujours déçu. La commission a encore fait des eurosceptiques. Avec les accord Nord, on a pris cher. On a perdu 50 % sur le cabillaud, 40 % de merlan, pas loin de la même chose en haran", regrette Eric Gosselin, directeur de la coopérative maritime étaploise, en charge des chalutiers. "On n'est pas écoutés par la commission européenne", déplore Olivier Leprêtre, président du comité régional des pêches.
 

"Sur la sole, il y a de quoi rire !"


Ils remettent en cause la confiance aveugle des politiques aux scientifiques qui, selon les professionnels, se cantonnent à des calculs. "Sur la sole, il y a de quoi rire ! 30 % d'augmentation alors qu'il n'y en a plus. Il y a un décalage entre les calculs scientifiques et la réalité du terrain. La mer ne se gère pas sur un ordinateur ou une calculatrice", déplore Olivier Leprêtre, en charge des pêcheurs de la région.

La raie pose aussi problème. Pour ce poisson, l'augmentation est très légère, seulement 5 %, alors que la ressource serait abondante. "On est obligé de quitter des endroits en mer pour ne pas pêcher de raie", ajoute Eric Gosselin. 
 

Inquiets du Brexit, mais pas que


Après une année 2019 "en demi-teinte" (Eric Gosselin) pour les chalutiers, le moral n'est pas au beau fixe pour 2020. Avec une source d'inquiétude, outre le Brexit : l'augmentation du nombre de navires étrangers dans la mer du Nord. "Le fait de restreindre les quotas a des conséquences pour nous. Les bateaux étrangers, notamment Hollandais déplacent leur flotille en Manche pour pêcher des espèces non soumises à quotas", pour Olivier Leprêtre.

Résultat, la flotille locale est affaiblie face à "des bateaux de plus en plus gros, sur une zone relativement réduite" selon Gosselin. Avec le risque d'une surexploitation voire une extinction des espèces. Les pêcheurs boulonnais, espèrent, eux, que "le poisson revienne". Tout simplement.

2020, année de surpêche

En 2019, la surpêche était estimée à 40 %. En 2020, elle devrait toucher 35 % dans une zone donnée. "La surpêche en 2020 est illégale. Malheureusement, les ministres de la pêche ont choisi de ne pas respecter le droit de l’UE", a déclaré Pascale Moehrle, directrice exécutive de l’ONG Oceana en Europe au journal Le Monde qui titre "Les Etats européens ne parviennent pas à supprimer la surpêche".

Les pêcheurs français s'en défendent. Si Stéphane Pinto, marin-pêcheur à Boulogne, demande depuis plusieurs années la suspension de la pêche de la sole pour que l'espèce se régénère dans la zone, Eric Gosselin estime que la France est un bon élève. "Certains pays prennent beaucoup de latitude. En France, on applique le règlement à la lettre avec une certaine pression."

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