Carrefour : des supermarchés en grève le week-end de Pâques

Des supermarchés et hypermarchés Carrefour seront bloqués ou fermés samedi, en plein week-end de Pâques. Les syndicats de Carrefour annoncent vouloir frapper fort face aux "attaques" de la direction, avec une "grève générale".
Carrefour : les magasins étaient en grève le week end de Pâques pour protester contre le plan de transformation
Carrefour : les magasins étaient en grève le week end de Pâques pour protester contre le plan de transformation © PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

Difficile de faire une projection sur l'ampleur de la manifestation annoncée mais pour Nadine Tillaut, déléguée syndical CFDT Carrefour Mondeville, le mécontentement est général et les salariés entendent bien le montrer, "toutes les entités sont concernées". La plupart des magasins normands (Supermarchés, hypermarchés, Carrefour Market) prévoient donc de manifester samedi matin.

Un mouvement "exceptionnel" selon F.O.

"Exceptionnel" selon FO, voire inédit selon la CFDT, le mouvement qui s'annonce est à la mesure de la colère qui gronde parmi les salariés du géant de la grande distribution. De leur "inquiétude" aussi, dit la CGT. Il traduit également une très forte "dégradation" du dialogue social, dénoncée par tous les syndicats.

A la suppression de milliers d'emplois annoncée en janvier, au projet de passage en location gérance de plusieurs hypermarchés (cinq confirmés, une quarantaine potentiellement visés), aux craintes sur l'avenir à long terme d'autres milliers d'emplois (logistique, réduction de 100.000 m2 des surfaces des hypermarchés), s'est ajouté le "mépris" ressenti par les salariés face à une "aumône".


Annonce d'une participation de 57 euros en moyenne

L'annonce d'une participation moyenne de 57 euros, contre 610 l'an dernier, c'est "la goutte d'eau qui a fait déborder le vase", dit Sylvain Macé (CFDT). "L'ébullition" s'est manifestée bien avant samedi par des débrayages et manifestations spontanés dans des magasins et des plateformes logistiques, souligne Michel Enguelz, représentant de FO, premier syndicat du groupe.

"Consciente de l'impact de cette baisse sur le pouvoir d'achat", la direction a proposé de relever ce montant à 407 euros, via un complément forfaitaire d'intéressement de 350 euros. Sans désamorcer la fronde. Les actionnaires vont toucher, eux, 356 millions d'euros de dividendes, font valoir les syndicats qui anticipent aussi des négociations salariales au rabais.

Un appel à la déconnexion totale de 9h à 11h

Signe que le mécontentement touche aussi les cadres, considérés comme "la dernière roue du carrosse", leur syndicat, le SNEC CFE-CGC, s'il ne s'associe pas au mouvement de grève, les appelle à la "déconnexion totale" de 9h à 11h vendredi dans toutes les sociétés du groupe.

Les annonces par voie de presse avant d'en informer les représentants du personnel, les négociations "à marche forcée", l'absence de réponses aux revendications formulées : les syndicats sont unanimes à s'élever contre la "méthode" depuis qu'Alexandre Bompard, qui a pris les rênes du groupe l'été dernier, a dévoilé le 23 janvier son "plan de transformation".

Les négociations sur le plan de départs volontaires (PDV) qui vise les sièges du groupe (2 .400 suppressions de postes sur
10 500) se sont achevées mercredi. Celles sur le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) accompagnant la fermeture de 273 magasins de proximité (ex-Dia) avec à la clé quelque 2.300 emplois supprimés devraient l'être jeudi.

Sur le PSE, Michel Enguelz (FO) évoque quelques "avancées", sur la durée du congé de reclassement ou le budget formation. Même son de cloche à la CFDT, qui reste toutefois, comme la CGT, "très sceptique sur les capacités" du groupe à reclasser les salariés.



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