La fabrication du "plus gros sous-marin jamais construit en France" est lancée

Ils seront à la pointe de la dissuasion militaire française. La découpe de la première tôle du premier des quatre sous-marins lanceurs d'engins 3ᵉ génération a eu lieu ce mercredi sur le site de Naval Group à Cherbourg. Plus d'un millier de personnes y travaillent sur ce projet révolutionnaire.

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C'est un secret bien gardé ! Ni photo, ni vidéo, même pour une cérémonie officielle. "Nous enverrons tout aux rédactions par mail à 18h", nous prévient-on. Les règles ont le mérite d'être clair, on ne transige pas avec l'armée ou le nucléaire... Les 200 invités ont été choisis soigneusement.

Renouveler la flotte de sous-marins nucléaires

Il ne s'agit pourtant que d'un acte très habituel chez Naval Group : la découpe d'une tôle. Mais ce n'est pas n'importe laquelle. C'est le marqueur du programme militaire le plus important des 30 prochaines années, au même titre que le projet de futur porte-avions pour remplacer le Charles-de-Gaulle. 

La cérémonie vient sanctionner le bon avancement du programme, tant dans les études de conceptions générales, la coque que la chaufferie.

Ingenieur en chef Jean-Baptiste

Directeur de projet SNLA 3G pour la DGA

La France a décidé de renouveler sa flotte de sous-marins nucléaires lanceurs d'engins, et ils seront donc fabriqués en grande partie à Cherbourg.

Budget du programme ? "Non communicable."

Secret et flou

De ces sous-marins SNLA 3ᵉ génération, on ne sait que peu de choses encore pour l'instant :

  • 130 marins
  • 16 missiles nucléaires
  • 15.000 tonnes de poussée en plongée
  • moins bruyant qu'un banc de crevette
  • 150 mètres de long environ

"Environ", un terme qui ne semble pas habituel dans des chantiers navals, encore moins dans le domaine militaire. Mais en fait, les bureaux d'études sont encore en plein travail.

Le programme de construction sera adapté au fil des ans, la chaudière est pour l'instant l'ingénierie la plus avancée.

"Les SNLE 3G bénéficieront d’avancées technologiques qui accentueront leur discrétion acoustique et leur furtivité. Grâce à des senseurs (sonars, détecteurs de radars) plus performants, ils bénéficieront de capacités de détection accrues. Ils répondront à l’évolution de la menace pour les cinquante prochaines années. Ils embarqueront les futures versions du missile stratégique M51", indique fièrement le ministère des Armées.

"Le SNLE est l’un des objets technologiques les plus complexes au monde. C’est à la fois une chaufferie nucléaire embarquée, une plateforme de lancement de fusées, un navire de combat avec un équipage de plus de 100 marins à faire vivre sous la surface des océans, en autonomie complète et en toute discrétion, pendant près de trois mois", ajoute de la Défense. 

On va chercher des performances de discrétions acoustiques plus performantes et le système de combat va évoluer. On le conçoit avec une capacité d'évolution.

Ingénieur en chef Jean-Baptiste

Directeur de projet SNLA 3G pour la DGA

Livraison prévue du premier de ces sous-marins : entre 2030 et 2040.

Il s'agit du "plus gros sous-marin jamais construit en France", selon Vincent Groizeleau, rédacteur en chef de "Mer et Marine", interrogé par nos confrères de France bleu Cotentin.

Contrairement aux sous-marins d'attaque, prêts à engager le combat contre d'autres navires, les sous-marins lanceurs d'engins visent eux une riposte nucléaire.

"Ils sont cachés quelque part dans l'Atlantique et ils sont prêts, sur ordre du président de la République, à tirer leurs missiles nucléaires. Ils ont seize missiles à bord. Chaque missile peut emporter un certain nombre de têtes nucléaires. Pour avoir un ordre d'idée, chaque tête nucléaire a une puissance d'à peu près dix fois Hiroshima. Donc, ce sont des bateaux extrêmement puissants, extrêmement destructeurs." 

Un programme d'envergure jusqu'en 2050

15 millions d'euros pour les études, 20 millions pour les heures de fabrication (100 millions d'heures de travail pour ces 4 sous-marins)... Les chiffres s'envolent forcément pour évoquer un tel programme, lancé début 2021.

Sur Cherbourg, le travail ne manque pas. Plus d'un millier de personnes sont déjà mobilisées par ce SNLE 3G, alors que les chantiers de Naval Group doivent aussi terminer pour l'armée française trois sous-marins type Barracuda d'ici à 2030, et qu'ils auront normalement aussi une commande pour les Pays-Bas de quatre sous-marins. Sans oublier la déconstruction du Terrible, le dernier des cinq sous-marins SNLE de première génération démantelés entièrement ici.

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Naval Group remporte le marché des sous-marins aux Pays-Bas. ©A. Misery / France 3 Normandie

Notre site est dimensionné pour faire tout ça. Naval Group à Cherbourg 50 hectares. Il y a des entreprises auxquelles nous achetons des équipements et des prestations spécialisés, et des prestataires qui viennent sur site pour contribuer à réaliser des activités.

Anne Bianchi

Directrice de programme sous-marins France Naval Group

Naval Group à Cherbourg, c'est 3 500 employés et 2 000 personnes chez leurs sous-traitants, "très très largement en France".

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