Le camouflage d'un bunker au cœur d'une polémique : "L'ouvrage en est dévalorisé"

Un bunker à Granville (Manche) est au centre des attentions en cette fin du mois d'octobre 2023. Sa rénovation réalisée par le graffeur Baby.K Graffiti et l'association Un Été 44 ne correspond pas aux attentes de la municipalité et provoque le mécontentement des habitants.

"Nous voulions reproduire à l'identique le maquillage de ce bunker." Depuis jeudi 26 octobre 2023, le camouflage du bunker situé près du phare à la pointe du Roc à Granville (Manche) suscite la polémique.

De son côté, Stéphane Souvenet, le Trésorier de l'association Un Été 44 défend le travail réalisé par le graffeur professionnel Kévin Legoff, alias Baby. K Graffiti.

Un projet pédagogique né en 2021

Présidée par Christian Busson, l'association Un Été 44, qui gère les visites du musée du mur de l'Atlantique, a lancé ce projet de rénovation il y a un an et demi. L'objectif consistait à rappeler aux visiteurs l'histoire des bunkers, notamment les contraintes auxquelles étaient soumis les soldats à l'époque.

Dans cette démarche pédagogique, une plaque en céramique a été commandée pour expliquer la démarche et indiquer qui l'a financée. "La Fondation du patrimoine et un mécène ont participé à 50/50, détaille le trésorier. C'est un réel hommage pour le mécène dont le père a été contraint de construire ce bunker. Il y a une forte signification."

Déjà sollicité plusieurs fois dans la région, Baby K est appelé par l'association. "Nous nous sommes basés sur des archives, assure le membre d'Un Été 44. Il restait également les traces d'une fenêtre, dont les contours étaient rouges/marrons."

"Un torrent de désaccord des Granvillais"

Interrogée, la municipalité estime que le résultat est "une représentation de ce qui a pu exister et non une restauration. L'ouvrage en est dévalorisé." Selon la mairie, les méthodes utilisées par l'artiste n'auraient pas non plus été en adéquation avec l'avis de l'Architecte des bâtiments de France (ABF).

Parmi les habitants, les avis divergent.

Le résultat de ce projet à la visée patrimoniale et pédagogique provoque un torrent de désaccord. Même si beaucoup de Granvillais ne savaient pas avant cette intervention que ce genre de camouflage existait, l'aspect factice de la réalisation noie malheureusement le côté pédagogique.

Alexis Cosson-James, l'élu au patrimoine de la ville de Granville.

à France 3 Normandie

De son côté, l'association défend l'artiste et assure qu'avec la patine, les pierres dessinées ne seront plus aussi visibles. "Nous avons reproduit à l’identique il suffit de regarder les photos d’archives", appuie Stéphane Souvenet.

Un potentiel effacement

La mairie reconnaît que depuis le début l'association "a fait les choses dans les règles et tenu à échanger avec les différents acteurs et les impliquer dans le projet."

Alexis Cosson-James et Stéphane Souvenet appellent tous les deux à l'apaisement. L'élu estime aujourd'hui qu'il n'y a pas d'urgence à agir.

Mais il se réserve le droit de demander l'effacement de la peinture et précise que s'il a lieu "l'idée n'est pas de pénaliser l'association, la question se posera d'engager ou non les moyens de la mairie."

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