Pêche de la coquille Saint-Jacques : aucune présence de poulpe dans la Manche

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Écrit par Mathilde Riou
Les poulpes ont envahi la zone des Glénan
Les poulpes ont envahi la zone des Glénan © Sarra Ben Cherifa

Contrairement à nos voisins et amis bretons, les pêcheurs normands n’ont pas constaté la présence de poulpes dans leurs dragues.

Depuis mercredi 1er décembre 2021, la pêche à la coquille Saint-Jacques a commencé dans le Sud-Finistère. Le constat est amer pour la majorité des pêcheurs qui a remonté plus de poulpes que d’or blanc. Nos amis bretons se doutaient de la surpopulation de poulpes aux Glénan liée à un réchauffement des eaux dans le secteur. La conséquence sera directement visible sur les étals des poissonniers : en temps normal, comptez 6 euros le kilo de Saint-Jacques des Glénan, cette année le kilo devrait se vendre à 15 euros. Les coquillers se consoleront en vendant le poulpe à 8 euros/kg. Ces céphalopodes sont recherchés dans les pays du sud de l’Europe.  

Pas de poulpes (pour l’instant) dans la Manche

Le comité régional des pêches maritimes et des élevages marins de Normandie ne semble pas inquiet : « il y a très longtemps que nous n’avons pas vu de poulpes dans la Manche. Les pêcheurs les plus âgés parlent des années 60 » nous confirme Nathan Bouguet chargé de mission coquille Saint-Jacques au comité régional des pêches de Normandie. Cette présence a été confirmée par Anne-Sophie Darmaillacq, enseignante-chercheuse au laboratoire d’Ethologie Animale et Humaine (EthoS) de Caen, « Il y a toujours eu des poulpes sur les côtes françaises, qu’elles soient atlantique, méditerranéenne ou de la Manche ». Interrogée par Ouest-France la scientifique précise qu’une population a disparu au cours de l’hiver le plus rigoureux du XXe siècle en France. « L’hiver 1962-1963 a été excessivement froid. La mer a gelé au niveau côtier. Le poulpe commun, l’Octopus vulgaris, est un poulpe côtier, détaille-t-elle. Lors de ce fameux hiver, tous les spécimens ont disparu. Depuis soixante ans, il ne fait en fait que reprendre un espace qui lui appartenait avant. »  

Pour l’instant aucun pêcheur de la Baie de Seine n’a signalé la présence anormale de cette pieuvre. « Nous avons une très bonne saison qui commence avec déjà 3500 tonnes de coquilles Saint-Jacques débarquées en Normandie (toutes criées confondues). Le cours actuel est compris entre 4 et 4.50 euros le kilo » se réjouit Nathan Bouguet. Ces chiffres sont bien meilleurs que les trois dernières années. L’ensemble des gisements se porte bien et tous les acteurs de la filière normande semblent satisfaits.

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