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L'art donne-t-il bon goût au cochon ? Un plasticien tente l'expérience à Saint-Lô

Une fois par semaine, l'artiste Nicolas Koch vient faire la lecture ou jouer de la musique aux cochons du lycée agricole Saint-Lô Thère
Une fois par semaine, l'artiste Nicolas Koch vient faire la lecture ou jouer de la musique aux cochons du lycée agricole Saint-Lô Thère

Durant six mois, une fois par semaine, l'artiste plasticien Nicolas Koch rend visite aux cochons du Lycée de Saint-Lô Thère pour leur faire la lecture, écouter de la musique ou regarder un film. Le but: déterminer si un cochon "cultivé" donne une meilleure viande.

Par CM et ND

C'est un projet qui tente de marier l'agriculture et la culture, un projet à la fois artistique mais aussi scientifique, dans une certaine mesure, en ce qu'il tente de répondre à une question par l'observation et l'expérimentation. Avec "180 jours de bonheur", Nicolas Koch tente de savoir si un cochon "cultivé" a meilleur goût. Pour l'artiste plasticien, la culture est source d'épanouissement et donc de bonheur. Il a donc décidé, durant six mois, d'initier des cochons aux arts pour voir si le "taux de bonheur" change le goût de la viande. Car passé 180 jours, le bonheur sera pour celui qui tient la fourchette.
 
L'art donne-t-il bon goût au cochon ? Un plasticien tente l'expérience à Saint-Lô
Reportage de Nicolas Dalaudier et Joël Hamard

Une fois par semaine, Nicolas Koch enfile son bleu de travail et vient se mêler aux 43 cochons de la porcherie du Lycée agricole de Saint-Lo Thère pour un moment privilégié. "Je suis venu avec un ukulélé, je leur ai joué de la musique, je leur amène des livres, des livres que j'ai déjà lus ou des livres que j'ai envie de lire et au lieu de les lire tout seul chez moi, je les lis à voix haute avec eux", raconte l'artiste. Parmi les autres animations prévues, une matinée violoncelle, une séance de lecture du livre "Petit traité sur l'immensité du Monde" de Sylvain Tesson ou encore une diffusion d'images de la mer.
 

 

"on fait venir l'art chez nous"

Ce projet, mené en partenariat avec l’Usine Utopik à Tessy-Bocage, a été initié par le lycée Saint-Lô Thère dans le cadre des cours d’éducation socioculturelle dispensés à ses élèves. "Nos élèves ne sont pas toujours prêts à aller vers des structures artistiques, culturelles, ou tout simplement, ils n'en ont pas l'occasion", explique Stéphanie Jouët, enseignante, "donc là, on fait venir l'art chez nous."

Ce n'est pas la première fois que les mondes de la culture et de l'agriculture travaillent main dans la main. Une expérience a été menée pendant plusieurs mois par la Haute école des Arts de Berne, dans une cave d'affinage de Berthoud, dans l'ouest de la Suisse. Selon les auteurs de cette étude, la musique influencreait le goût du fromage.
 
La musique favoriserait aussi, selon certains chercheurs, la croissance des plantes. La technique est notamment utilisée dans une plantation d'endives à Saint-Martin-le-Beau, en Indre-et-Loire. En Bretagne, dans le golfe du Morbihan, c'est une ostréicultrice qui s'est lancée dans une expérience similaire en faisant venir jouer un saxophoniste dans son élevage.
 

A Saint-Lô, l'expérience menée se veut multimédia puisqu'elle mêle à la fois musique, images, littérature et même activités ludiques et sportives dans l'espoir d'apporter un peu de bonheur aux animaux. En attendant la dégustation qui attestera ou non de la réussite du projet. Une conclusion, certes cruelle, mais artistique en un sens. Ne parle-t-on pas d'arts culinaires ?  
 

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