Embrouille dans les marais : un chasseur coupe des arbres qui le gênent sur le terrain d'un voisin.

Publié le Mis à jour le
Écrit par Olfa Ayed .

Vendredi 28 octobre, le propriétaire d'un terrain situé à Saint-Georges-de-Bohon (Manche) et son petit-fils découvrent que plusieurs dizaines d'arbres ont été coupés sur leur terre. Ils ont porté plainte. Le chasseur de gibiers d'eau à l'origine de cet abattage assure qu'il en avait l'autorisation. Il a lui aussi porté plainte, s'estimant diffamé. Ambiance...

"Il n’a pas respecté ses engagements. Il m’avait dit : dix arbres. Je suis un peu trahi. Il a été au-delà de l’accord qu’on avait fait verbalement", réagit Léon Morel, propriétaire d'un terrain situé dans les marais du Cotentin à Saint-Georges-de-Bohon (Manche). Vendredi 28 octobre, Romain Montigny - petit-fils de Léon Morel et l'un des héritiers de ce terrain - et son grand-père découvrent l'abattage de trois lignes de peupliers. Plusieurs dizaines d'arbres...

Les soupçons de Romain Montigny et de Léon Morel se sont rapidement tournés vers un chasseur de gibiers d'eau. Leur voisin. Il voulait abattre certains arbres pour "lui apporter une clarté de la ville de Carentan", explique Léon Morel, afin qu'il puisse pratiquer la chasse la nuit.

Le petit-fils explique aussi que "cette personne voulait acheter le terrain pour pouvoir enlever librement les arbres. J’avais été très clair sur le fait que le terrain n’était pas à vendre, qu’il appartenait à mon grand-père et que je ne souhaitais plus qu’on coupe d’arbres. Je n’ai pas été entendu, c’est regrettable", déplore Romain Montigny. "Voyant que je ne céderai pas, il est retournée voir mon grand-père. C’était plus simple de demander à une personne de 90 ans d’abattre 10 arbres à un endroit donné. Tous les moyens étaient bon pour obtenir une autorisation. Il y a eu une manipulation."

Les peupliers de la discorde

"Je lui ai demandé s’il était possible de couper des arbres, se défend le chasseur. Il (Léon Morel) est venu à mon gabion pour que je puisse lui montrer un peu ce que je voulais. On est allé voir dans ses parcelles, on a défini une zone géographique. On n’a pas parlé d’un nombre précis. Il m’a juste dit : ça représente une bonne vingtaine."

Ce chasseur qui souhaite rester anonyme du fait de la médiatisation de l'affaire promet que cet abattage n'était pas seulement destiné à faciliter la chasse aux canards : 

Normalement un marais c’est un milieu où il n'y a pas d’arbres (…) Les arbres sont plantés dans un but forestier. Comme c'était en face de mon gabion, ça ferme le milieu. Je lui ai demandé si on pouvait en abattre (des arbres) et faire du bois. C’est ce qu’on avait fait la première fois il y a 5 ans.

Le chasseur

France 3 Normandie

Vendredi après-midi, les services de l'Office Français de la Biodiversité (OFB) sont venus sur le terrain de Léon Morel pour constater des faits. Samedi, le propriétaire a porté plainte auprès de la gendarmerie pour l'abattage des arbres. Le chasseur a lui aussi porté plainte pour diffamation.

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