Loto du patrimoine 2022 : la Mission patrimoine alloue près d’un million d’euro à 5 édifices normands en péril

La 5e édition du Loto du patrimoine, qui s'est tenue les 15 et 16 septembre dernier, a permis, via la vente de tickets dédiés, de collecter des fonds pour financer les travaux de restauration de 100 monuments français. En Normandie, cinq d’entre eux avaient été sélectionnés par la Mission patrimoine. Au total, 938 000 euros leur seront alloués.

Portée par Stéphane Bern et dédiée à sauvegarder le patrimoine français en péril, la Mission patrimoine a permis cette année de débloquer 20,1 millions d’euros pour l’ensemble des monuments sélectionnés, un par département et collectivité d’outre-mer.

Cinq monuments normands, quatre châteaux et une église, vont ainsi pouvoir se refaire une beauté.

Église Saint-Rémi (Eure) : 300 000 €

Située à Bézu-Saint-Éloi (Eure), près de Gisors, l’église Saint-Rémi touche le pactole : 300 000 euros, soit la somme maximum allouée par la Mission patrimoine.

Mais ces fonds ne couvriront qu’une partie des travaux. Ces derniers, qui débuteront à l’horizon 2024, s’élèvent en effet à 1,5 millions d’euros.

L’édifice a notamment vu son clocher s’effondrer en 2010. La restauration devrait mettre en valeur le monument sans toutefois dissimuler les traces du sinistre. La nef sera quant à elle transformée en lieu de médiation culturelle.

Château du Bourg-Saint-Léonard (Orne) : 290 000 €

Deuxième monument normand à toucher une grosse somme d’argent, le château du Bourg Saint-Léonard à Gouffern en Auge (Orne), demeure du XVIIIe siècle classée au titre des monuments historiques depuis 1942.

Situé entre le pays d’Auge et la plaine d’Argentan, le parc du château, décoré à la française, comprend trois édifices qui seront restaurés : la maison du jardinier, le fruitier et l’orangerie.

Les travaux ont déjà commencé et se poursuivront à l’horizon 2023. Le budget global s’élève à 2,8 millions d’euros pour la totalité des communs.

Château de la Mailleraye-sur-Seine (Seine-Maritime) : 165 000 €

En Seine-Maritime, c’est le pigeonnier du château de la Mailleraye-sur-Seine, en bordure du parc naturel régional des Boucles de la Seine et de la forêt de Brotonne, qui bénéficiera cette année des fonds.

Ces derniers seront utilisés pour la restauration de la charpente, de la couverture, de la corniche et de son échelle et permettront d’y préserver la biodiversité, une grande quantité d’espèces d’oiseaux y nichant. Les travaux devraient démarrer fin 2023 et coûter au total 267 000 euros.

"Ce colombier est, avec la chapelle seigneuriale et la basse-cour qui sont transformées en maisons d’habitation,  l’un des seuls vestiges du château de La Mailleraye-sur-Seine, démantelé en 1856", avait précisé la Fondation du patrimoine en annonçant sa sélection.

Mur Grimaldi (Manche) : 117 000 €

Le mur Grimaldi – 300 mètres de long sur 12 mètres de haut – fait partie du château de Torigny-les-Villes (Manche), dans l’agglomération de Saint-Lô.

Le projet de rénovation, chiffré à 608 000 euros, consiste à le sécuriser dans sa totalité afin de rouvrir au public une promenade, jusque-là fermée, surplombant l’étang de Torigni.

Les travaux ont démarré en octobre dernier et se prolongeront jusqu’en 2024. Un moyen de mettre en valeur une partie inexploitée de cette commune de près de 4 400 habitants.

Château d'Amblie (Calvados) : 66 000 €

Dans le Calvados, une demeure privée, le château d’Amblie à Ponts-sur-Seulles, bénéficiera de 66 000 euros. Le projet consiste à restaurer le prétoire du château. La propriétaire souhaite mettre à disposition du public une partie du site. Les travaux, prévus l’année prochaine, sont chiffrés à 91 000 euros.

Une bonne nouvelle pour le maire de la commune de Ponts-sur-Seulles, Gérard Leu. "Nous allons refaire la route qui passe devant le château. Le prétoire, on le voit depuis l’extérieur", relève-t-il.

Il y a un travail énorme à l'intérieur.

Gérard Leu

à France 3 Normandie

Le château en lui-même, ancienne dépendance de l’abbaye de Fécamp, contient nombre de pièces remarquables, comme une chambre froide maçonnée en pierre de taille. "Il y a vraiment quelque-chose à faire. 66 000 euros, c’est bien, mais ça ne va pas couvrir la totalité des besoins", souligne cependant l’élu.

Depuis son lancement en 2018, la Mission du patrimoine a soutenu 37 projets en Normandie. A noter que l’appel à candidatures pour le Loto du patrimoine 2023 est toujours en cours. Les projets seront étudiés à partir du 28 février prochain.