Chocolats de Pâques : à qui profite le scandale Kinder ?

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Cinq références de la marque Kinder ont été retirées de la vente à cause de suspicion de salmonellose début avril. Plusieurs centaines de kilos ont dû être jetées, correspondant à plusieurs milliers d’euros. A quelques jours de Pâques, à qui profite ce manque à gagner ?

En France, les ventes de chocolat représentent 205 millions d’euros pour la seule fête de Pâques. Suite à l’immense rappel de produits Kinder quelques jours avant cette période cruciale, le manque à gagner pour le secteur est colossal.

« Les deux tiers des ventes se font la dernière semaine (avant Pâques ndlr.) Alors le retrait de produit Kinder perturbe un peu… », tente de nuancer Stéphane Plantefol, propriétaire de l’Intermarché de Montville, en Seine-Maritime.  

Kinder représente une grosse part de ce marché très spécifique… On fera les comptes en fin de saison, mais forcément il y a un manque à gagner

Stéphane Plantefol, propriétaire de l’Intermarché de Montville

« Le segment enfant (qui représente essentiellement les confiseries pour enfants) représente 22% de notre chiffre d’affaire. Et Kinder représente une grosse part de ce marché très spécifique… On fera les comptes en fin de saison, mais forcément il y a un manque à gagner » détaille-t-il.

Stéphane Plantefol se veut optimiste en expliquant que les clients n’ont pas perdu confiance envers son enseigne. Difficile pourtant d’estimer si leurs consommation s’est redirigée vers des marques concurrentes.

Les chocolatiers, grands gagnants ?

Si les marques concurrentes ne bénéficient pas d’un transfert vers leurs produits, qu’en est-il des chocolatiers professionnels ? Mohammed Boukhchim est le gérant de la boulangerie artisanale Le Fournil du Mitron à Rouen.

La période de Pâques est très importante pour lui car il commercialise les chocolats créés par son pâtissier. « Le chocolat c’est 20% de notre chiffre d’affaire annuel dont 15% seulement à Pâques », détaille celui que ses clients appellent « Momo ».

Mais pas de hausse particulière constatée suite aux annonces de Ferrero. « Kinder c’est Kinder mais nous c’est autre chose, vraiment, c’est de l’artisanal. Les bueno c’est bon aussi mais l’artisanal c’est meilleur non ? » plaisante le gérant de la boulangerie-pâtisserie des hauts de Rouen.

Même constat du côté des chocolatiers professionnels. Pour la boutique Le Cacaotier Hubert Masse, aucun effet notable à observé sur les ventes. « Pour l’instant c’est comme d’habitude, mais on verra peut-être un effet une fois Pâques passé », explique Magalie Auffret, la responsable de la boutique du centre-ville de Rouen.

Tout laisse à croire que les chocolatiers professionnels constituent un marché distinct des produits de supermarché Kinder. Toutefois, un changement plus lent des habitudes de consommation semble s’opérer sur le marché du chocolat.

Magalie Auffret note que « depuis les confinements successifs, on remarque une hausse de nos ventes et l’arrivée de nouveaux clients. Vu que beaucoup de commerces étaient fermés, les gens se sont rattrapés sur l’alimentation et plus particulièrement, sur le chocolat, qui fait du bien au moral. J’ai l’impression que les gens essayent de se tourner vers de très bons produits, quitte à acheter moins mais de qualité ».

Difficile de tirer de réelles conclusions. Il est encore trop tôt pour connaître l’impact économique réel du gigantesque rappel de produits Kinder sur l’ensemble du marché du chocolat.