• FAITS DIVERS
  • MÉTÉO
  • Société
  • ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • CULTURE

TÉMOIGNAGES. Endométriose : “Depuis mes onze ans, ce sont des douleurs infernales le premier jour de mes règles”

Avril 2019- Consultation de dépistage de l'endométriose au centre hospitalier de Lillebonne (Seine-Maritime) / © France 3 Normandie / Image extraite de la vidéo du JRI Damien Lefauconnier
Avril 2019- Consultation de dépistage de l'endométriose au centre hospitalier de Lillebonne (Seine-Maritime) / © France 3 Normandie / Image extraite de la vidéo du JRI Damien Lefauconnier

Une consultation spécialisée a lieu chaque jeudi au centre hospitalier intercommunal Caux Vallée de Seine de Lillebonne (Seine-Maritime). L'endométriose est une maladie qui touche 1 femme sur 10
 

Par M.E.L. du texte de E. Proença-Pina

Les femmes touchées par l'endométriose souffrent de douleurs pelviennes souvent invalidantes.
Longtemps mystérieuse, cette maladie est aujourd'hui mieux connue. Elle est due à la migration et la prolifération des cellules issues de l'utérus.

Outre la douleur, une endométriose non traitée peut aboutir à une infertilité. Une simple échographie ou une IRM permettent le diagnostic. Un diagnostic précoce à la puberté sera bientôt rendu obligatoire.
A Lillebonne, près du Havre, parmi les patientes du centre hospitalier intercommunal Caux Vallée de Seine : Caroline, âgée de 18 ans, qui chaque mois, souffre énormément :

Depuis mes  onze ans, ce sont des douleurs infernales le premier jour de mes règles. Je reste au lit, j'en pleure,je suis couchée, je suis repliée sur moi-même.. Il y a plein de questions dans ma tête : soit je suis stérile, soit je peux développer un cancer,  soit j'ai juste l'endométriose et c'est juste des douleurs et je pourrais avoir des enfants…

Endométriose : dépistage et consultations près du Havre
VIDEO : le reportage d'Eric Proença-Pina et Damien Lefauconnier (montage : Cécile Garzéna)


L'importance du dépistage

Autre témoignage : celui de Sarah, 29 ans et mère de 2 enfants. Sa maladie a été détectée plusieurs années après son déclenchement :

J'avais des douleurs. Mon premier gynéco n'a pas cherché plus loin : il me disait que c'était normal… Et j'ai vu un autre gynéco qui m'a fait des examens plus poussés et qui m'a dit que c'était ça, que c'était l'endométriose.

Les consultations spécialisées

Des consultations spécialisées ont lieu chaque jeudi au centre hospitalier intercommunal Caux Vallée de Seine de Lillebonne avec le docteur Lempicka, médecin radiologue. Elle a effectué son internat à Paris auprès du docteur Erik Petit, radiologue spécialisé dans le diagnostic de l'endométriose. Elle s'est également formée auprès du ResEndo, le Réseau Endométriose de l'Hôpital Saint Joseph de Paris et dans le centre de référence endométriose créée en 2017 à Rouen.

Le Docteur Lempicka et d'autres professionnels de santé souhaitent créer en septembre 2019 un réseau de praticiens spécialisés sur le territoire de la Pointe de Caux.
 

A connaitre :

" Soutenir, Informer et Agir " les 3 missions d'Endofrance, l'association française de lutte contre l'endométriose 

 

L'endométriose, c'est quoi ?

L’endométriose toucherait 3 millions de femmes en France.
Elle tire son nom de l'endomètre, la muqueuse qui recouvre la paroi interne de l'utérus.
Au début de chaque cycle menstruel, les cellules de l'endomètre prolifèrent. Le réseau de vaisseau sanguin de la muqueuse se renforce pour éventuellement accueillir un embryon.

L'endométriose peut apparaitre dès l'adolescence, lors des premières règles: Des cellules de l'endomètre sortent de l'utérus. Elles peuvent alors s'installer dans les trompes, sur les ligaments de l'utérus, les ovaires, le péritoine, les reins, la paroi de la vessie ou celle de l'intestin, les poumons...
Ce périple n'altère pas la nature des cellules endométriales: chaque mois, elles vont continuer de saigner comme elles le feraient dans l'utérus. Et créent des micro-hématomes (des bleus) qui amplifient les douleurs liées aux règles.
Les atteintes sont d'abord superficielles. Les bleus créent ensuite des plaques de fibrose et des adhérences. Des tissus envahissants qui peuvent générer des douleurs en continu.
Découverte il y a plus d’un siècle, la maladie est de mieux en mieux connue du grand public. Malgré son retentissement sur la vie quotidienne de nombreuses femmes, l'endométriose est généralement diagnostiquée 5 à 8 ans après son apparition.
Un retard qui engendre souffrance, dépression voire, dans les cas les plus sévères, des difficultés à concevoir un enfant.

Le premier traitement de l'endométriose est pourtant très simple: l'aménorrhée totale, la suppression des règles par la prise de la pilule contraceptive en continu.
Pour 5 à 10% des patientes, en cas de prolifération trop importante des plaques de fibrose, la chirurgie peut être envisagée. Les lésions sont inventoriées puis traitées. Des adhérences éventuellement douloureuses pourront résulter de l'opération.
Les symptômes s'estompent avec la ménopause et la mise en sommeil des cellules endométriales.

Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé, a annoncé le 8 mars 2019 un diagnostic de l'endométriose bientôt obligatoire entre 11 et 13 ans puis 15 et 17 ans.
 

A lire aussi

Sur le même sujet

Un musée de la Libération de 1944 ouvre dans l'Eure

Les + Lus