Le Havre : un étudiant condamné à 4 mois de prison après des menaces de mort sur des députés

Le tribunal correctionnel du Havre (Seine-Maritime) a condamné le 5 janvier 2022 un jeune homme âgé de 19 ans à 4 mois de prison ferme pour avoir appelé sur internet à tuer des députés

Le 2 janvier 2022, et alors que plusieurs députés, dont, en Seine-Maritime Agnès Firmin Le Bodo, venaient de faire l'objet de menaces de mort avant le débat sur le pass vaccinal, un jeune Havrais a publié un appel à tuer des députés.  

"Je veux tuer un député. Je veux voir du sang (...) Ces gens doivent mourir (...) Ils s'en foutent de notre liberté. La seule solution, c'est de les buter", a posté le Havrais le 2 janvier. "J'ai une liste de députés prioritaires à tuer. Moi ça me ronge de les savoir en vie".  

Retrouvé et interpellé le lendemain matin par les enquêteurs du commissariat central du Havre, l'auteur de ces menaces comparaissait devant le tribunal correctionnel du Havre le 5 janvier 2022.
Il s'agit d'un étudiant âgé de 19 ans, passionné d'informatique et de jeux vidéo et habitué du "dark web", ou web clandestin, une version parallèle d'internet où l'anonymat des utilisateurs est protégé.   

"Pour s'amuser"

A la barre du tribunal, le jeune homme a expliqué avoir copié "sans réfléchir" un message trouvé sur le "dark web" et l'avoir posté sur le forum avenoel.org "pour troller", c'est-à-dire selon lui pour "s'amuser" et "provoquer des réactions".  

L'Assemblée nationale partie civile

Des menaces publiées par amusement ? Cette version des faits n'a pas du tout convaincu l'avocat de l'Assemblée nationale (partie civile dans cette affaire) venu spécialement de Paris. 
Pour maître Ali Derrouiche, il y a trop de coïncidences : " Ce message est posté le 2 janvier, soit la veille du débat portant sur le pass vaccinal, et on voit bien que [le prévenu] s'est approprié les termes de ce message pour le diffuser auprès d'un plus large public, puisque ce message a été extrait du "dark web".

"Je ne crois pas du tout à la plaisanterie, absolument pas. Il doit être reconnu coupable, c'est le plus important."

Maître Ali Derrouiche, avocat de l'Assemblée Nationale

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Le 5 janvier 2022, le tribunal correctionnel du Havre a condamné à 4 mois de prison ferme pour avoir diffusé des menaces de mort contre des députés. ©France Télévisions

L'avocat a rappelé le grand nombre de menaces adressées aux députés, dans leur circonscription et à l'Assemblée nationale et qu'il était important, dans ce contexte, "d'être présent devant l'institution judiciaire pour en solliciter la condamnation, symbolique, des prévenus."  

Dix mois de prison

Au cours de l'audience, Cyrille Fournier, le procureur de la République du Havre a requis douze mois de prison, dont six avec sursis, avec mandat de dépôt.
"Il a sorti du dark web un message pour le poster sur un site où la modération est plus souple", a souligné le procureur, dénonçant "un message d'une extrême violence qui vise à porter atteinte au fonctionnement de la démocratie".    

Finalement, la condamnation sera moins sévère puisque le tribunal a condamné l'étudiant à dix mois de prison, dont six avec sursis, avec interdiction de détenir une arme pendant cinq ans.  

La peine ferme sera purgée au domicile de son père où il vit, avec un un bracelet électronique.