PORTRAIT. Manon Arcangioli mise sur son mental pour affronter "les meilleures du monde"

Battue l’an dernier par Martina Trevisan, la Normande participe à nouveau à l’Open de Caen en 2023, où elle affrontera Varvara Gracheva, ce dimanche 10 décembre. Un monde sépare les deux joueuses mais ça n'effraie pas Manon Arcangioli dont le travail mental est au centre de ses préoccupations.

"Je vous préviens, je n’ai plus trop de voix.” À quelques jours du lancement de l’Open de Caen de tennis au Palais des Sports (Calvados), Manon Arcangioli a été touchée par une forte angine. Fièvre, maux de gorge, grosse fatigue, la Lillebonnaise n’est pas en grande forme à l’approche de son match contre la tête de série du tournoi, la Croate Donna Vekic, finalement forfait et remplacée par la Française, Varvara Gracheva.

Un défi pour certains, une montagne pour d’autres et le destin pour Manon. “Je pars du principe que tout arrive pour une raison.” Bénéficiaire d’une wild card (une invitation), la joueuse de 29 ans a clôturé une excellente saison 2022/2023, en terminant première des circuits nationaux des grands tournois (CNGT).

Ça a été une année parfaite, aussi bien au niveau du tennis, qu’humainement où nous avons formé un petit groupe de joueurs et de joueuses, devenu comme une petite famille, sur le circuit.

Manon Arcangioli

à France 3 Normandie

Forte de cet accomplissement, la Normande, devenue joueuse professionnelle à 17 ans, repart pour une nouvelle saison. “Je souhaitais atteindre le top 5 l’an passé, j’ai terminé première. Cette année, je vise la même chose, on verra bien, exprime-t-elle, confiante. C'est un objectif assez élevé lorsqu’on regarde la différence de points entre la première et la cinquième.”

Inscrit dans son programme, l’Open de Caen lui permet d’engranger des points mais surtout de se frotter à des joueuses dont elle n’a pas l’habitude et de se découvrir encore davantage. “L’an passé, j’étais essoufflée lors du second set à cause du stress, se souvient la sportive d'1,62 m. Habituellement, j’ai une bonne condition physique, j’ai vraiment pris conscience des effets sur le cardio à ce moment-là”.

Respirer et profiter

“C’est une chance de participer”, se réjouit l’ancienne 268e mondiale et invitée pour la première fois à Roland-Garros en 2015. “Depuis que j’ai quitté le circuit ITF [le circuit mondial] en 2021, je n’ai plus l’occasion de rencontrer ce genre de joueuses. C’est donc un match intéressant, dont il faudra profiter pleinement. ” 

Une rencontre qu'elle considère comme une expérience de plus, et ce peu importe son adversaire : “Que ce soit Donna Vekic ou Varvara Gracheva, c’est la même chose : elles font partie des meilleures du monde, confie-t-elle quelques heures après l’annonce du forfait de la Croate, samedi 9 décembre. À côté de la préparation physique, il y a celle du mental, avec la visualisation et d’autres techniques.”

Le mental. Un domaine qu'elle connaît bien puisqu’elle s’est récemment lancée en tant que coach. “J’aide quelques personnes pour le moment, pas beaucoup, mais ça me plaît, raconte-t-elle avec enthousiasme. Ça me permet de voir autre chose.”

Lectrice de livres sur le développement personnel, Manon s’intéresse aussi à la méditation et à la course à pied. “Juste 20 à 40 minutes de footing, ça m’aère l’esprit”. Des pauses nécessaires pour une âme stratège, qui outre la mise en place de tactiques de jeu, “adore les escape games !”