A Rouen, après les terrasses, la réouverture des salles de restaurants se prépare avec optimisme

Après 7 mois d'arrêt forcé, la reprise du 9 juin 2021 est vécue comme une bonne nouvelle "qui fait du bien au moral mais aussi au porte-monnaie."

La nouvelle étape de déconfinement de mercredi  prochain (9 juin 2021) est attendue par beaucoup comme un soulagement.

Réouverture des salles des restaurants (en demi-jauge) et couvre-feu repoussé de 21 à 23h : voilà qui permet (enfin) d'oublier les contraintes sanitaires subies depuis des mois et de prévoir des sorties presque comme avant le confinement.

Du côté des professionnels de l'hôtellerie et de la restauration, c'est aussi une bonne nouvelle qui répond à la demande de la clientèle, de tous ceux qui ont envie de sortir explique à Rouen Pierre Guéret, président-directeur-général du Groupe Guéret et vice-président de l' UMIH- 76 (Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie de Seine-Maritime).
A la tête de dix établissements (hôtels, bars et restaurants) il attend beaucoup de cette réouverture qui intervient après celle des terrasses le 19 mai dernier. Trois semaines qui ont permis de relancer l'activité après un arrêt total de 7 mois.

Si certains serveurs ont eu un peu mal aux pieds en reprenant du service, la reprise partielle a permis de reconstituer les équipes, même si le recrutement (notamment celui des cuisiniers) est difficile car tout le monde embauche en même temps, avec en plus, la reprise des établissements saisonniers… S'ajoute à cela l'absence des apprentis dont le cursus de formation a été complétement chamboulé depuis un an…

A Rouen la reprise du service en salle va permettre de conforter l'activité des restaurants qui n'avaient que de toutes petites terrasses. Ces dernières semaines, les clients ont été également obligés de composer avec la pluie et le froid. Une météo qui, indique Pierre Guéret, a eu pour conséquence de compliquer l'activité avec "une alternance de moments de forte affluence et de moments très très calmes."

La réouverture des salles de restaurants, même avec seulement la moitié des couverts, va donc permettre de remettre tout le monde en piste et d'attendre la fin des contraintes espérée fin juin ou début juillet. "On aurait préféré une réouverture complète, mais 50% c'est mieux que rien" commente Pierre Guéret qui ajoute que "cela va nous permettre de passer une transition entre la période que terrasse et celle de la salle de restaurant comme avant".

"Bon pour le moral et aussi bon pour le porte-monnaie"

Cette reprise d'activité en salle et en soirée au début de l'été est perçue de façon très positive par Pierre Guéret, qui comme d'autres professionnels du secteur a encaissé les "coups de massue" des confinements successifs. 

On a été prévenu de façon brutale, au dernier moment, de l'obligation de fermer. Mais cela concernait tout le monde, alors que la deuxième fois, on a eu le sentiment que notre profession a été stigmatisée pendant 7 mois. Et en plus de ce  sentiment d'injustice, le plus compliqué c'était qu'on avait aucune perspective…"

Pierre Guéret,
PDG du Groupe Guéret et vice-président de l'UMIH-76

Quant aux aides de l'Etat, Pierre Guéret confie que ce n'est qu'en décembre que les premiers versements sont arrivés. "Un système complexe de calcul" qui pénalise parfois les grands établissements qui ont des frais importants (comme de forts loyers) et les restaurants créés ou repris  juste avant la crise sanitaire (comme le Jardin des Plumes de David Gallienne à Giverny).

VIDEO - 9 juin 2021 : "Une réouverture qui fait du bien au moral " pour Pierre Guéret, PDG du Groupe Guéret et vice-président de l'UMIH-76

Les hôtels en manque de touristes

Si pour les restaurants  "les clients sont là et ont la volonté de sortir", la situation est un peu plus compliquée pour le secteur de l'hôtellerie : "Faire revenir les touristes, cela se prépare un an à l'avance, quand les "tour-operators" démarchent à l'étranger d'une saison à l'autre" explique Pierre Guéret, qui ajoute que la problématique est la même pour le tourisme d'affaire : "Il n'y a pas de congrès prévus les prochains mois, congrès qui se préparent à l'avance et pour lesquels, comme pour les séminaires d'entreprises, l'essor des visioconférences et la généralisation du télétravail vont sans doute faire évoluer les pratiques."

Le professionnel rouennais est donc un peu pessimiste et n'envisage pas de reprise de l'activité hôtel avant 2022…

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