Pourquoi il faut continuer de porter le masque dans les transports en commun

Publié le Mis à jour le
Écrit par Richard Plumet .

Même si le soleil printanier et l'allègement des mesures sanitaires depuis le 14 mars 2022 donnent la sensation que la crise sanitaire est finie, porter le masque dans les bus, cars, tramways, métros et trains reste obligatoire.

Le point de situation épidémiologique Covid-19 de l'agence régionale de santé de Normandie du 22 mars 2022 le confirme : la circulation du virus repart avec une progression du taux d'incidence de + 38,8 % en une semaine.



Un chiffre qui monte à +49,4 % pour le département de la Seine-Maritime !  

Dans ce contexte de "rebond épidémique", les autorités de santé recommandent de "garder les bons réflexes acquis tout au long de la crise". Et même si les mesures sanitaires ont été allégées le 14 mars, l'ARS recommande de continuer à aérer régulièrement, de se laver souvent les mains, à utiliser du gel hydroalcoolique et de s’isoler chez soi dès l’apparition de symptômes ou en cas de test positif.

Un masque pour protéger les autres

Si le port du masque reste vivement recommandé pour les personnes à risque de forme grave de Covid-19 et pour les personnes de leur entourage, il reste obligatoire dans les transports en commun. A Rouen, comme dans les autres grandes villes, les bus sont bondés aux heures de pointe, les passagers sont collés les uns aux autres et l'aération est limitée.



D'où l'obligation de porter un masque. Un masque chirurgical (ou médical) est un masque (jetable)  qui permet protéger les autres en empêchant sa respiration d'envoyer des gouttelettes dans l'air.  

Un port du masque pas ou peu respecté

Après la fin de l'obligation du port du masque dans les lieux clos soumis au pass sanitaire ,puis la fin du masque en extérieur et en entreprise, de nombreux usagers des transports en commun "oublient" pourtant de porter leur masque en montant dans un bus ou un tramway.

C'est le cas à Rouen, où environ une personne sur sept n'est pas (correctement) masquée.  



Il y a ceux qui n'en n'ont pas, ceux qui le porte autour du cou, ceux qui le descendent au ras des lèvres, laissant nez et bouche à l'air libre, et ceux qui l'ajustent sous le nez "pour mieux respirer".  

Pourtant, comme le précisait à nos collègues de France 3 Aquitaine le docteur Pierre Parneix, médecin de santé publique et d'hygiène hospitalière au CHU de Bordeaux, le masque, pour être utile, se porte sur le nez :

"On le porte bien au-dessus du nez. On voit beaucoup de gens avec un masque sous le nez. On respire souvent par le nez donc le virus va rentrer. Et si on est malade, l'endroit où il y a le plus de virus, c'est le nez, donc on en dissémine partout."

 Un masque pour se protéger des autres

Dans ce contexte de relâchement du port du masque et de la reprise de la circulation du virus, certains considèrent que la levée du port du masque s'est faite trop tôt.



C'est le cas de l'épidémiologiste Yves Buisson qui, sur France Info expliquait le 23 mars 2022  que "cette décision a été prise un peu par le grand public comme une annonce de la fin de la pandémie. Or, on voit bien qu'il n'en est rien. La pandémie n'est pas finie et il faut continuer de respecter les gestes barrières et le port du masque partout où c'est nécessaire, surtout pour les personnes à risques. Elles doivent continuer de se protéger. Dans la mesure où le port du masque n'est plus obligatoire, il faut maintenant changer la doctrine."

Yves Buisson, qui est aussi président de la cellule Covid-19 à l’Académie nationale de médecine, ajoute que si le port du masque chirurgical était un moyen de protéger les autres, il faut désormais s'adapter à la nouvelle situation :

"Maintenant que tout le monde a enlevé le masque, il faut que les personnes à risque portent un masque de type FFP2, qui les protège elles."  

Un masque FFP2 est un masque "protecteur des agents pathogènes en suspension dans l'air" qui est généralement utilisé par les personnes qui travaillent en milieu hospitalier ou médical.  

Un variant très transmissible 

En attendant une campagne d'information et de sensibilisation des compagnies de transports en commun en direction de leurs clients pour rappeler que le masque doit couvrir la bouche ET LE NEZ, porter un masque FFP2 dans un bus serait donc un moyen d'éviter une contamination.

Surtout que circule un variant, l'Omicron BA2, qui, indique Yves Buisson, est extrêment transmissible : "il est même capable parfois d'infecter des personnes qui ont déjà été infectées par le Omicron BA1. On a affaire à une recrudescence très importante, très rapide, qui a sans doute été sous-estimée. Il ne faut pas se leurrer sur le fait qu'il n'y a pas beaucoup d'entrées à l'hôpital ou d'admissions en réanimation nouvelles : cela va arriver. On sait bien qu'il y a un décalage entre les infections, les contaminations et malheureusement, la survenue de formes compliquées."  

Alors n'oublions pas notre masque et entrons couverts dans les transports en commun !

Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer des newsletters. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas des e-mails. Notre politique de confidentialité