Témoignage. "On peut facilement tomber dans le piège" : le casse-tête de Maëlle pour trouver un logement étudiant à La Rochelle

Publié le Écrit par Camille Bluteau

Se loger à La Rochelle est devenu un véritable casse-tête pour les nombreux étudiants qui s'y installent. Entre fausses annonces, loyer trop élevé et bail qui s'arrête en juin... les étudiants galèrent. Les 2.000 logements dans le parc public ne suffisent plus pour accueillir les 8.000 étudiants du campus de la ville.

Sur les sites de location d'appartements ou de maisons, les petites annonces fleurissent à perte de vue à l'approche de la rentrée étudiante. Si certaines d'entre elles paraissent alléchantes avec des prix attractifs et des photos dignes de photographes professionnels, prudence ! La Rochelle n'est pas épargnée par les annonces de location frauduleuses. 

"On peut facilement tomber dans le piège"

"Au début, je ne m’en doutais pas", annonce d'emblée Maëlle, admise en master 1 tourisme à l'université de La Rochelle. Aujourd'hui, les arnaques au logement sont de plus en plus crédibles. Cela passe par des photos basiques, des prix habituels au vu du quartier, des annonces claires…

"On se rend compte de l’arnaque par messages ou mails. On m’envoie une adresse mail en photo sur un fond noir (généralement afin de ne plus communiquer sur leboncoin). Par la suite, on m’envoie un très long message m’expliquant qu'eux, les « propriétaires », n’habitent pas dans la région, qu’ils ne veulent pas se déplacer pour rien pour effectuer une visite et demandent de verser un « dépôt de garantie » à l’avance qui nous sera soi-disant remboursé après la visite", raconte Maëlle. Elle ajoute : "On peut facilement tomber dans le piège".

En plus des arnaques, il est de plus en plus difficile, de manière générale, de se loger à La Rochelle. Après le Covid-19, nombreux sont ceux qui se sont tournés vers la Rochelle pour investir en logement secondaire. Alors, "il y a beaucoup de moins de logements disponibles", a constaté Maëlle en faisant ses recherches. Autre constat de l'étudiante : beaucoup de logements sont disponibles à la location seulement pour neuf à dix mois "afin que les propriétaires puissent y vivre l’été ou le louer 3x plus cher l’été". Les recherches de Maëlle sont donc devenues "un calvaire".

Le règlement qui devait limiter les propriétaires a été suspendu

"On a une raréfaction des biens qui sont neutralisés par les meublés de tourisme et qui ne sont pas disponibles à la location à l'année. Et du coup, il y a une augmentation des prix des loyers et un grand nombre de personnes arrivent à accéder à la location ou à l'achat", expliquait Marie Nédellec, adjointe à la mairie de La Rochelle, au micro de France 3 en octobre 2022. En deux ans, le nombre de locations de courte durée a bondi de près de 33%.

Alors qu'un règlement sur les meublés de tourisme devait rentrer en vigueur en juin 2023 et interdire toute location de très courte durée pour les logements d’une surface inférieure à 35 m², les propriétaires de logements locatifs à La Rochelle ont remporté en janvier 2023 une première victoire contre ce règlement. 

"La capacité de logements disponibles n'est pas suffisante"

À La Rochelle, le parc locatif public, à savoir les résidences Crous et celles de l'ARHPEJ, représente quelque 2.000 logements pour 8.000 étudiants sur le campus. "La capacité de logements disponibles n'est pas suffisante par rapport à la demande", souligne Léo Onam-Otieno, vice-président tudiant de l'université. S'il n'y a pas de nouveaux logements pour cette rentrée universitaire, mais la promesse d'en créer aurait été formulée d'après Léo Onam-Otieno.

De son côté, Maëlle, qui a également été admise en tourisme à Nice, ne sait pas encore où elle fera sa rentrée. "J’irais là où j’obtiens un logement en premier, car c’est tout aussi compliqué à Nice", conclut-elle.

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