L'amertume des policiers bordelais : "les délinquants ont pris de l'assurance, nous c'est l'inverse"

À Bordeaux, les policiers font état du franchissement d'un cap dans le degré de violence des délinquants. Et pour eux, la réponse pénale n’est pas adaptée. Le tout, à un moment où ils se sentent "lâchés" par le ministère de l’Intérieur.
 

© Nicolas Tucat pour l'AFP
Jean-Louis*, brigadier de police, travaille sur Bordeaux depuis près de dix ans. Il a quitté la région parisienne et patrouille désormais sur la rive droite. « Quand je suis arrivé, j’ai été étonné par le calme qui régnait dans cette ville. Mais depuis quelques mois, ça se complique de plus en plus. Il y a une multiplication des faits de violence, de rassemblements de bandes rivales qui progressent en toute impunité. Ça devient préoccupant ».

"La Direction départementale de la Sécurité Publique (DDSP) ne veut pas contrarier la préfecture, elle n'a pas envie que ça remonte à Paris au ministère de l'Intérieur", confie un autre policier, "Bordeaux, c'est comme ça, c'était la Belle endormie".


Nous avons sollicité la préfecture, la Direction Départementale de la Sécurité Publique et le parquet pour une interview. Aucun n’a souhaité communiquer. En revanche, la préfecture nous a livré par mail sa lecture des chiffres dont elle dispose sur la sécurité.

Le nouveau maire de Bordeaux n'a pas non plus souhaité s'exprimer sur la situation. " On ne peut pas se disperser sur tous les sujets d’actualité brûlante en ce moment », nous a confié Nicolas Mannant, le directeur de cabinet de Pierre Hurmic. «"Il faut d’abord qu’on fasse un état des lieux (...). Nous n’avons jusqu’ici jamais eu de remontées de la préfecture et de la police ".  

La capitale girondine ne serait pourtant pas la seule à être touchée. "C'est de plus en plus violent mais pas plus à Bordeaux qu’ailleurs, et cela fait des années", déclare Philippe Rolland secrétaire régional d’Unité SGP Police FO.
Si une pause a été observée durant le confinement, qu'en est-il depuis ? "Après le déconfinement, on a eu une explosion des incivilités, un phénomène récurrent lié à la présence des Mineurs Non-Accompagnés (MNA)", précise Eric Marrocq, secrétaire régional du syndicat Alliance. Comment se manifestent ces " incivilités" ? En quoi les délinquants sont-ils de plus violents ? S’affrontent-ils entre eux ou s’attaquent-ils aussi aux passants ? Et de quels moyens disposent les policiers pour faire face ?
 

Manque de considération

Ces moyens, certains policiers les jugent insuffisants, à l’image d’une reconnaissance de leur travail qui peine parfois à s’exprimer. "Oui franchement je suis déprimé , avoue l’un d’eux. Le "manque de considération de la hiérarchie ", n’y serait pas pour rien. Autant que " la perte d’autorité sur le terrain" .
Récemment, près de 150 policiers se seraient rassemblés sous les fenêtres du Directeur Départemental de la Sécurité Publique pour manifester leur soutien à un collègue convoqué dans son bureau. Ensemble, ils ont fait bloc.

Cambriolages

C’est un constat fait par tous les policiers contactés : "il y a plus de cambriolages qu'avant". En 2019, ils avaient progressé de 20%. Ces deux derniers mois, alors qu'une partie de la période étudiée était sous le coup du confinement, 155 cambriolages de logements ont été enregistrés à Bordeaux selon les chiffres de la préfecture. C'est donc logiquement moins que les 210 relevés l'année dernière à la même période. 

Les 27 et 28 juin, cinq cambrioleurs ont été arrêtés en flagrant délit.  Dans la nuit du vendredi au samedi, deux Géorgiens ont été interpellés alors qu’ils étaient rentrés dans le domicile d’un particulier au Haillan. Trois autres ont été pris la main dans le sac en plein centre-ville de Bordeaux, deux jeunes Tunisiens et un mineur non accompagné lybien.

Conscientes de cette problématique qui touche de nombreuses villes, les autorités ont créé un groupe d’enquête dédié à la délinquance des mineurs non accompagnés au sein de la police de Bordeaux. Une nouveauté qui date de septembre dernier, et une première en France. 
© MaxPPP

Mineurs non-accompagnés (MNA)

"Les cambriolages sont en grosse recrudescence, c’est exponentiel, raconte Jordan*, brigadier chef à la brigade Anti-criminalité (BAC) de Bordeaux. C’est hyper fréquent, essentiellement lié aux MNA". Le quartier Saint-Michel serait particulièrement touché. 

Ils rayonnent autour des squats, ça fonctionne comme ça depuis un an ou deux 

Jordan, brigadier-chef à la BAC de Bordeaux

Et leur manière de faire aurait évolué. "Avant ils n’étaient pas armés. Ils essayaient d’ouvrir des portes, comme ça, 'à l’opportunité '. Maintenant, ils rentrent même si c’est occupé. Ils prennent le risque, se protègent avec un cutter dans la main et n’hésitent pas à rentrer en confrontation avec les victimes si elles s’opposent ". 

" Pas de sanctions pénales "

Pour Philippe Rolland, "le problème c’est la réponse pénale ". "Certains commettent des délits mais il n’y a pas de sanction pénale derrière, du coup on les retrouve très rapidement dans la rue, c’est notamment le cas pour les MNA à Saint-Michel. Parfois on dit qu’on est trop violent, parfois on dit qu’on n’est pas là. C’est très compliqué pour nous, qui plus est, si on interpelle et qu’il n’y a pas de sanctions derrière ".

"Quand on les arrête , explique Olivier * , gradé à la compagnie départementale d’intervention, on voit bien qu’ils ont 25 ans.  Mais ils disent qu’ils en ont 16 ans et refusent les examens osseux. Nous, on ne comprend pas qu’on laisse faire cela dans Bordeaux. Derrière les vols à l’arrachée, c’est eux qu’on retrouve, les cambriolages, c’est eux aussi.  Alors évidemment la justice aussi manque de moyens. Je sais. Mais c’est compliqué… "
Palais de justice de Bordeaux
Palais de justice de Bordeaux © France 3 Aquitaine


Rixes à l’arme blanche : "pour un rien vous prenez un coup de couteau"

"C'est un constat dans les grandes villes : pour un rien vous prenez un coup de couteau", constate Philippe Rolland. La nuit de la fête de la musique, cinq rixes avec utilisation d'arme blanche ont été enregistrées.

Autre exemple : le week-end du 27 et 28 juin. Pas de couteau mais des scènes révélant une violence certaine.  Dans la nuit de samedi à dimanche trois rixes, ou plutôt « violences à la personne », selon les termes policiers en vigueur, ont été recensées. Un jeune homme de 29 ans a été frappé à coup de palettes en bois par deux personnes sans domicile fixe dans le tramway, non loin de Pellegrin. Un homme a également été agressé quai des Salinières, sans qu’il ne porte plainte. Selon nos informations, il s’agirait d’un règlement de compte au sein de la communauté bulgare.

Enfin, un SDF assis sur les quais au niveau du miroir d’eau a été attaqué à coups de « taser » par une quinzaine de prétendus MNA qui voulaient lui dérober son portable. Visiblement, apte à se défendre, le SDF a envoyé au tapis l’un de ses agresseurs. Il s’est donc retrouvé en garde à vue, tout comme l’homme détenant le taser.


Des chiffres de la délinquance officiellement en baisse


En 2019, les coups et blessures volontaires avaient augmenté de 7%. Ces deux derniers mois, 162 faits ont été enregistrés selon la prefecture, contre 307 l'année dernière à la même période. "On constate que, malgré la médiatisation de plusieurs agressions violentes ces deux dernières semaines, les chiffres de la délinquance sur Bordeaux ces deux derniers mois et sur le premier semestre sont meilleurs que ceux de 2019 **, annonce la préfecture. "Cela s'explique par la période de confinement et par l'adaptation de l'organisation des services de police (exemples : brigade VTT, cellule MNA)".
Une diminution récente (et relative si on prend en compte la crise du Covid) de l'insécurité, qui ne semble pas remonter le moral des troupes policières pour lesquelles un cap dans la violence a été franchi.

Ce sont souvent des règlements de compte pour des guerres de stupéfiants et des guerres de territoires 

Philippe Rolland (Unité SGP Police FO).

« C’est multiple et varié. Nous, on intervient mais nous n’avons pas d’analyse du pourquoi et du comment », poursuit Philippe Rolland. Ces règlements de compte entre bandes venues de cités différentes sont à l’image des évènements survenus le soir de la fête de la musique place de l’Europe au Grand Parc. Eric Marrocq (Alliance) raconte. "C’est une banale histoire de vol de scooter. La victime, issue de la rive droite, reconnaît son scooter volé, le ton monte" . Des barres de fer sont sorties, des couteaux aussi.  "La solidarité entre bandes joue à plein".

Parfois les rixes au couteau surviennent au sein d’une même bande, entre MNA par exemple. " Même dans des endroits qui pourraient s’apparenter à des quartiers bobos", précise Jordan Dusseau, délégué départemental UNSA.  

Le trafic de stups "qui gangrène Bordeaux"

Sur la rive droite, Jean-Louis a le sentiment que  "pendant le confinement ça s’est calmé ". "Mais récemment, cinq personnes ont encore été blessées. Au hasard ou entre bandes rivales, je ne sais pas, mais il y a des dégâts, des guerres avec les stups qui génèrent beaucoup d’argent. Sur la rive droite il n’y a pas tant de MNA que ça, ce sont des jeunes qui ont grandi ici, parfois issus de l’immigration".
Olivier* travaille à la compagnie départementale d’intervention de Bordeaux et possède aussi une expérience en région parisienne. Il livre son analyse de la situation girondine. «"Ce qui gangrène Bordeaux, c’est le trafic de stupéfiants. Et il n’y a pas une volonté politique d’y mettre fin, pour acheter la paix sociale, dans des quartiers comme les Aubiers ou le Grand Parc.

A Saint Michel, c’est du petit deal de rue, pas un gros trafic. Nous, en tenue, on a pas les moyens, il faut être en civil, sinon avec les guetteurs c’est « nettoyé » quand on arrive. Même mes collègues en civil  se font griller. Il faudrait avoir des appartements pour planquer, des sous-marins
(des camions aux vitres teintées qui permettent d’observer sans être vu, ndlr) aussi.

Les stups ont trop à faire. Le deal de rue, ce n’est pas intéressant pour eux, ils se concentrent sur les informations, font leurs enquêtes mais ne sont pas assez nombreux. Il y a du trafic de stupéfiants partout : aux Aubiers, à Chantecrit, Sège, Saint-Michel, même dans les petites cités. C’est ce qui rapporte le plus avec le moins de risque. Ce n’est pas lié qu’à Bordeaux".

Difficultés d’intervention : " ils sont de plus en plus violents "

" Avant, quand je voulais contrôler des jeunes, ils partaient en courant , raconte Jean-Louis. Là ils restent. Ils ont plus de répartie et d’assurance; ils nous tiennent tête ".
"Il y a des endroits où c’est très difficile de pénétrer pour des policiers
, reconnaît Philippe Rolland. Vous n’allez pas en patrouille pédestre à deux ou trois à Bacalan comme à Cauderan. On sait bien qu’on les gêne pour dealer Quand on y va on sait que c’est toujours compliqué. Pareil avec les rodéos : ça gêne les gens, mais pour autant interpeller les auteurs  peut être dangereux pour eux et pour nous."
 

L’engagement dont font preuve les délinquants est de plus en plus violent envers les citoyens et la police. Ils ont parfois des armes de poing : dernièrement on contrôlé des MNA qui avaient des pistolets ».

Jordan, BAC de Bordeaux


Un constat partagé par la préfecture. "L'usage d'armes blanches (couteau) à l'occasion de vols avec violence est une réalité en zone police et zone gendarmerie (du fait des MNA hébergés dans des squats qui agissent en groupe). C'est pourquoi, les patrouilles de police ont été adaptées et intensifiées le soir, et des réquisitions accordées par le parquet permettent aux policiers de contrôler les identités et le port d'armes prohibées".
Certains policiers font état d’une « banalisation de l’arme blanche ».
Certains policiers font état d’une « banalisation de l’arme blanche ». © MaxPPP

La question des moyens 

"Souvent ces mineurs non accompagnés sont très dangereux car ils sont tenus par un réseau qui les drogue à l’extrême, constate Jordan Dusseau (UNSA).  La question des moyens est catastrophique. On a toujours un, voire deux, trains de retard.

"L’administration est une grosse machine. C’est la même logique dans le domaine hospitalier : on est tellement nombreux à prendre des décisions qu’au final on n’en prend pas. Rajoutez à cela qu’on n’a pas de matériel opérant et qu’on est pris par des tâches indues qui nous prennent du temps "
. Autant de raisons qui donnent aux policiers le sentiment de ne pas avoir les moyens d’intervenir à un moment où le rapport de force leur paraît défavorable.

"Les gens n’ont plus peur de la police"

"Eux (les délinquants, ndlr) ont pris de l’assurance et pas nous, se désole Jean-Louis,  je ne sais pas où on va aller, mais on ne va pas vers de beaux jours . Même constat pour Olivier "Les gens n’ont plus peur de la police, on n’arrive plus à se faire respecter, on se fait insulter dans la rue, surtout depuis les manifestations de soutien à Gorges Floyd ».

"Le ministère de l'Intérieur nous a laissé tomber"

Manifestations contre les violences policières, scènes d’arrestation quasiment systématiquement filmées, remise en question de la technique dite de "la clé d’étranglement"… Les policiers se sentent sous les feux d’un mauvais projecteur. "On traite les policiers de violents et de racistes. Si on ne nous donne pas les moyens d’intervenir les violences vont augmenter", rage Philippe Rolland.
"C’est difficile avec cette polémique sur la technique d’étranglement. Comment interpeller quand on intervient sur des rixes avec des gens alcoolisés, drogués ou surexcités ? Comment on fait ? On a le sentiment que le ministère de l’Intérieur nous a laissé tomber".

Même sentiment d’avoir été lâché pour Jordan à la BAC. "J’ai impression que quand tout se passe bien, on nous épaule. Mais si il y a des difficultés dans la procédure, nous sommes certes, soutenus par notre propre hiérarchie directe , mais au dessus c’est l’omerta. La haute hiérarchie suit le gouvernement.

Le 12 juin dernier, les policiers ont manifesté leur colère envers le gouvernement à Bordeaux mais aussi à Périgueux et Pau. Quelques jours plus tard les équipes de nuit ont défilé à bord de leur vehicule rue Sainte-Catherine.
Les policiers ont manifesté à Bordeaux le 12 juin dernier suite aux annonces du ministre de l'Intérieur.
Les policiers ont manifesté à Bordeaux le 12 juin dernier suite aux annonces du ministre de l'Intérieur. © Nicolas Tucat / AFP

Policiers déprimés

Récemment un évènement est venu accentuer l’amertume des policiers bordelais. Le 10 juin, en marge d’une manifestation contre les violences policières, la façade du commissariat central a été taguée. " La manifestation était interdite. Ils sont montés sur le perron, et ils ont tagué "ACAB" ("All cops are bastards"), et " police raciste – Etat complice" sur la façade. On avait l’ordre de laisser faire, raconte Olivier.
Ça a été très mal vécu par les collègues. Il ne fallait pas de violences, mais qu’est ce qui nous empêchait de les repousser gentiment ? On a perdu l’autorité et le respect".

On a fait un cordon pour les empêcher de rentrer dans le commissariat et on s’est fait insulter pendant une heure, alors qu’on aurait pu les disperser sans violences,

Olivier, policier bordelais

Cent-cinquante policiers sous les fenêtres de la direction


"Les ordres venaient du Directeur Départemental de la Sécurité Publique. Quand il est passé le soir, certains agents lui ont tourné le dos, après avoir déposé au sol leurs sacs de maintien de l’ordre et les menottes dans le couloir.
Un des responsables du groupe a été convoqué le lendemain par le DDSP. Lui, il suit les instructions du préfet, qui lui-même suit les instructions du ministère. Ça aurait été des gilets jaunes cela aurait été différent. Là George Floyd c’était un autre contexte, donc fallait laisser tout faire.
On a le sentiment qu’on nous prend pour des girouettes. Tout ça pour ne pas éclabousser Bordeaux. Pendant le rendez-vous, près de 150 policiers se sont rassemblés en bas sous les fenêtres, pour manifester leur soutien au collègue convoqué "

Le policier est écœuré.
Près de 150 policiers se sont réunis dans la cour du commissariat central en soutien à un de leur collègue convoqué par leur direction le 11 juin dernier.
Près de 150 policiers se sont réunis dans la cour du commissariat central en soutien à un de leur collègue convoqué par leur direction le 11 juin dernier. © DR

"On travaille pour les politiques, pas pour la population. C’est la réalité: quand on vous fait faire des opérations suite à la publication de statistiques sur les téléphones au volant, pour les faire baisser, on sait qu’on travaille pour les politiques", renchérit Olivier. Il l’avoue il est déprimé.

J’arrive le matin au commissariat et j’ai pas envie. Pourtant je suis rentré par vocation. J’ai pas le moral et quand j’en sors j’ai doublement pas le moral.

Olivier, policier à la compagnie départementale d’intervention de Bordeaux

"Certains ont envie physiquement de vomir, ils sont écœurés. Les histoires de psy dans la police c’est tabou : on en a, mais on n’y va pas. Même l’esprit collectif est malade, ce n’est pas du 'perso', on a tous le même malaise. Faudrait pas qu’il y ait, en plus, des problèmes à la maison... ".

Policiers en grève

"Depuis l’effet d’annonce du ministre, globalement les collègues ont levé le pied , raconte Jean-Louis. On ne s’attendait pas à ce qu’on fasse une généralité à partir d’un seul cas.
Alors on intervient arpès des appels au 17 pour des rixes, ou des violences conjugales, mais on ne fait pas d’initiatives, c’est à dire de contrôles de papiers par exemple, tant qu’on n'aura pas de réponse à notre colère "
.
Olivier non plus "ne patrouille plus spécialement là où c’est criminogène". "On attend les appels au commissariat, ou on reste posé sur le terrain à un endroit".


(*) Les prénoms ont été modifiés
(**) Sont à la baisse au premier semestre 2020 (par rapport à la même période en 2019) les vols violents sans arme (-37%), les vols sans violences contre des personnes (-42%), les coups et blessures volontaires (-20%), les vols de véhicules (-17%). Les vols avec armes sont en revanche en légère hausse (35 faits enregistrés au premier semestre 2020 contre 29 au premier semestre 2019).


 
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