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Bordeaux : la politique de maintien de l'ordre dénoncée par un rapport de l'OGLP

Un policer devant un départ de feu à Bordeaux, lors de la 10e journée de mobilisation des Gilets jaunes / © GEORGES GOBET / AFP
Un policer devant un départ de feu à Bordeaux, lors de la 10e journée de mobilisation des Gilets jaunes / © GEORGES GOBET / AFP

L'Observatoire Girondin des Libertés Publiques dénonce dans un rapport la politique de l'ex-préfet Didier Lallement aujourd'hui en fonction à Paris. Selon lui, sa politique aurait délibérément contribué à l'escalade de la violence à Bordeaux notamment lors des manifestations des gilets jaunes.

Par C.O


Le rapport est épais (60 pages), et se nomme "une politique d'intimidation". Le ton est donné. Il est le fruit d'un travail d'observation mené de la mi-novembre à la fin du mois de février sur Bordeaux. Ce rapport a été réalisé par l'OGLP : l'Observatoire Girondin des Libertés Publiques. Il s'agit d'un collectif qui regroupe entre autres le Syndicat des Avocats de France, Greepeace, La Ligue des Droits de l'Homme Médecins du Monde ou encore l'Asti.

Ce rapport s'est appuyé sur des observations donc, mais aussi des vidéos, et une quarantaine de témoignages et de signalements. 

► Découvrez l'intégralité de ce rapport :
 

"Le message principal du constat, c''est que depuis début décembre 2018, la politique du préfet s'est traduite par une stratégie d'intimidation qui a contribué à une escalade des tensions" à Bordeaux lors des manifestations des gilets jaunes, explique Jean-Claude Guicheney délégué régional de la Ligue des Droits de l'Homme.

 
© © Gilles Bernard
© © Gilles Bernard


"Répression policière et judiciaire", "usage non-maitrisé et dangereux des armes"

Soixante pages dédiées à la politique de Didier Lallement lors des manifestations en terme de maintien de l'ordre. Et une table des matières traitant de cette "politique d'escalade de la violence" ("sommations inexistantes", "communication agressive" ...), "répression des manifestations lycéennes", "usage non-maitrisé et dangereux des armes" (grenades GLI-F4, LBD-40, Lacrymogènes...), "répression judiciaire" ("entrave à la liberté de manifester", "gardes a vues", "traitement judiciaire des procédures à l'encontre des manifestants"...). Dans son rapport, l'Observatoire pointe d'ailleurs un tournant le 1er décembre 2018 où deux manifestations avaient lieu simultanément. 

"La dérive, c'est toujours plus de limitations individuelles", explique Manon Wendling avocate au Barreau de Bordeaux. "On a beaucoup de témoignages en ce sens. Il y a beaucoup de personnes qui sont empêchées de manifester ou auxquelles on confisque le matériel (gilet jaune, sérum physiologique, masque etc) dans le but de les dissuader d'aller jusqu'à la manifestation". 

Par ailleurs, "il y a un décalage entre le nombre de gardes à vue et le nombre finalement de poursuites judiciaires qui en découlent", relate l'avocate. "Par exemple, le week-end dernier, on nous a indiqué qu'il y avait eu 10 gardes à vue au commissariat central et finalement nous n'avons que trois procédures judiciaires derrière" poursuit-elle.


"Ce qui s'est passé à Bordeaux, c'est qu'on a testé un certain nombre de techniques de maintien de l'ordre qui se retrouvent aujourd'hui à Paris comme par hasard, ironise Jean-Claude Guicheney, en particulier les voltigeurs mobiles à moto, en particulier la technique de nassage, la présence de chiens dans la manifestation de femmes courant décembre". "Donc, effectivement, on a aujourd'hui une panoplie d'outils de maintien de l'ordre qui sont aujourd'hui des outils qui tendent plutôt à aggraver la situation lors de ces rassemblements plutôt qu'à l'apaiser".
 

"Plus de 200 enquêtes sont en cours au niveau national à l'IGPN"

A Bordeaux plusieurs personnes ont été blessées lors des manifestations des gilets jaunes. On se souvient notamment de ce pompier volontaire Olivier Beziade gravement blessé, selon son avocat, par un tir de LBD

►Gilets jaunes : le témoignage Olivier Béziade, grièvement blessé après un tir de flashball à Bordeaux

Loïc Prud'homme avait demandé à ce que le préfet Didier Lallement soit relevé de ses fonctions. L'élu affairmait à l'époque avoir été  frappé le 2 mars par des policiers à coups de matraque, bien qu'il ait décliné sa qualité de parlementaire. 


Didier Lallement a été nommé le 20 mars dernier prefet de police à Paris. Il a été remplacé par Fabienne Buccio qui lors d'une conférence de presse avait annonçé que la gestion des manifestations des gilets jaunes reste sa priorité immédiate. Ajoutant : "pas questions de modifier les arrêtés préfectoraux pris jusqu'à maintenant."

Un certain nombre de blessés a déposé une plainte. Et plusieurs enquêtes ont été ouvertes et confiées à l'IGPN, la police des polices. "Pour l'instant nous n'avons aucun retour sur les résultats de ces enquêtes" explique Jean-Claude Guicheney, "plus de 200 enquêtes sont en cours au niveau national à l'IGPN".
 
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