Les apiculteurs dénoncent une "concurrence déloyale", ils envisagent des actions coup de poing dans les supermarchés

Ventes en baisse, faible rémunération, concurrence des miels étrangers. Les apiculteurs de Gironde s'alarment d'une précarisation croissante de la profession. Des actions coup de poing sont envisagées dans les supermarchés.

La saison n'a même pas commencé, les problèmes sont déjà là pour Henri Nicolas. Gérant de la Maison apicole de Lugos, dans le sud de la Gironde, il doit écouler la tonne de miel qu'il n'a pas réussi à vendre l'an dernier. 

Son grossiste habituel ne lui a acheté qu'une partie de sa production annuelle, l'obligeant à réduire la voilure de son exploitation. "On a dû annuler des récoltes et renoncer à des investissements dans du matériel plus récent", raconte l'apiculteur.

Pour remonter la pente, le gérant a décidé d'opter pour la vente directe et d'augmenter ses prix. "On est autour de 16 euros le kilo. Ça n'est pas suffisant", regrette le producteur.

Car dans le même temps, ses coûts de production ont flambé. "On a des frais de gasoil important et nos pots en verre ont doublé, voire triplé de prix".

"Concurrence déloyale"

Les miels importés de l’étranger mettent également la filière à rude épreuve. "Les coûts de production en France sont plus élevés qu'en Chine et dans les pays de l'Est. On est sur une dérégulation qui crée une concurrence déloyale", s'indigne Pierre Verger, président du Syndicat apicole de la Gironde.

Autre préoccupation majeure de la profession : la suspension du plan de réduction de l'usage des pesticides, annoncée cette semaine par le gouvernement. 

"C'est une catastrophe pour l'environnement et les insectes et les abeilles", s'alarme Pierre Verger. Le représentant départemental redoute des mortalités en hausse dans les ruches.

Les apiculteurs vont devoir faire plus d’élevages, reformer des colonies, racheter des reines, c’est du travail et de l’argent supplémentaires.

Pierre Verger

président du Syndicat apicole de la Gironde

Des actions pour marquer les consommateurs

Le syndicat apicole de la Gironde plaide pour une meilleure répartition des marges entre producteurs, industriels et distributeurs. Il exige des contrôles renforcés aux douanes pour détecter les produits importés qui ne respecteraient pas la réglementation. 

Ses revendications seront portées dans les prochains jours à l'occasion d'actions surprises dans des supermarchés du département. Il envisage de retirer des miels étrangers des rayons et de les prendre en photo.

"On veut marquer le grand public et montrer qu'on trouve 80% de miel étranger en grande surface", détaille Pierre Verger. De là à copier les manifestations des agriculteurs ? "Il n'y aura pas de casse ni de dégradation", prévient le syndicaliste.

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