TEMOIGNAGES. À Bordeaux : comment la Covid-19 a changé l'avenir et la vie de jeunes étudiants

Après les différents confinements, couvre-feux, fermetures puis réouvertures des universités, les étudiants sont en phase de changer leurs trajectoires de vie. Entre réorientation, année de césure et décrochage complet, la pandémie a eu un impact considérable sur les choix d’avenir des jeunes.

Pour Valentin, étudiant en deuxième année d’école d’ingénieur et passionné d’escalade, la crise sanitaire l'a conduit à s'interroger sur ce qu'il voulait faire. Et il a changé son plan d'études. Pour se donner du temps et le consacrer à sa passion. 

Après deux ans de classes préparatoires, il a choisi d’aménager ses études pour y combiner ses entraînements d’escalade. Les confinements successifs n’ont fait que renforcer l’idée qu’il avait de faire de sa passion un réel projet professionnel.

Tout arrêter d’un coup, ça m’a fait prendre conscience que je voulais beaucoup plus m’investir dans mon sport.

Valentin - 21 ans, étudiant à Bordeaux -

« Je me suis rendu compte que ma place était davantage à l’escalade et que j’avais envie de voir ce que ça pouvait donner ».

Conforté dans ses choix d’avenir, ses parents sont également derrière lui et l’épaule. « Ma mère m’a tout de suite soutenu dans ce projet, elle a envie que je m’épanouisse dans mon projet professionnel, sportif et personnel. Quelques soient mes choix, elle me suit et me soutient »

Le temps de se ressourcer 

Anna, elle, vient d’obtenir sa Licence en Information et Communication à l’Université de Bordeaux. Comme Anna, ce sont près de 2,78 millions de jeunes qui n’ont pas pu assister à leurs cours sur les bancs de la fac cette année. Pour certains, les parents sont restés un soutien et les éclairent dans leurs choix d’avenir.

Elle souhaite faire une année de césure afin de se ressourcer. Après avoir passé la quasi-totalité de son année à travailler dans sa chambre, c’est avec joie mais également une pointe de regret qu’elle valide son diplôme.

J’étais contente de terminer mes études mais pas de cette façon, j’aurai bien aimé que cela se passe autrement.

Anna - 20 ans, étudiante à Bordeaux 

Cette pause lui permettrait d’avoir une idée plus précise de la suite du parcours scolaire qu’elle voudrait emprunter. « Maintenant, j’ai envie de prendre une pause pour moi et puis mettre de côté ce projet professionnel et consacrer mon temps à chercher ce que j’aime pour ensuite faire un Master que j’apprécie ».

Sa mère quant à elle, n’est pas tout à fait aussi optimiste. « Je trouve ça dommage d’arrêter lorsqu’on est dans une dynamique d’étude, reprendre les cours et repartir à la fac c’est quand même compliqué ».

Toutefois, elle entend le souhait de sa fille de vouloir changer d’environnement après cette période compliquée. « Je peux comprendre qu’après l’année très difficile qu’elle a passée, qu’elle en ait assez et qu’elle ait envie de profiter un petit peu de la vie ».

Quand on décroche

Malgré ces réticences, elle admet que cette césure peut être bénéfique et un vrai plus dans le parcours de sa fille. « L’idéal c’est qu’elle puisse aller à l’étranger pour avoir un bagage supplémentaire, pourquoi pas perfectionner son anglais parce que c’est toujours un plus pour le monde du travail ».  Si ce projet se concrétise, elle soutiendra Anna. « Je ne vais pas aller contre son choix ».

Malgré ces témoignages d’étudiants qui s’en sortent, certains n’ont pas pu arriver au bout de l’année scolaire.

C’est le cas des étudiants comme Ludovic, qui n’ont pas tenu le rythme des cours en distanciel et ont complètement décroché en milieu d’année.

Ça a été 6 mois de flou. La mise en place a d’abord été chaotique, chaque prof avait sa plateforme et on a pas été accompagné du tout.

Ludovic - 20 ans, ancien étudiant à Bordeaux -

La motivation perdue, c’est avec regret qu’il a décidé de stopper son année. « Je n’avais plus l’envie ni la motivation de travailler, malgré le fait que cette filière me plaisait au départ » Ludovic suivait une première année  d'AES ( Administration économique et sociale ). « Je ne faisais que rattraper le retard que j’avais accumulé, je ne voyais plus l’intérêt de continuer ». 

Après cet échec, il a cependant décidé de se réorienter l’année prochaine. « J’ai décidé de changer de voix, je commence mon BTS à la rentrée, je pense que c’est un parcours qui me correspond mieux ».

C’est une situation qu’il a reprise en main, mais ce n’est pas le cas pour tous les jeunes ayant décroché. Certains ne sont pas décidés à reprendre les études et préfèrent se lancer sur le marché du travail.

De nombreux jeunes sont concernés par cette problématique. Entre réorientation, césure et aménagement du temps d’étude, les étudiants sont parfois dans l’impasse. Le manque de suivi et les épisodes de brouillard dans leur année ont fait germer des idées d’ailleurs chez certains.

Les Universités de Bordeaux et Bordeaux Montaigne n’ont pas souhaité communiquer les chiffres du décrochage des étudiants, mais nous affirment qu’il n’y a pas de constat flagrant comparé aux années précédentes. 

 

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