Tour de France 2023 : comment les maires d'Aquitaine ont bataillé pour obtenir une étape

De Mont-de-Marsan à Dax en passant par Bordeaux, les sept maires aquitains des villes-étapes du Tour de France 2023 sont ravis d'accueillir la plus belle course du monde. Une occasion en or pour mettre en valeur leur commune.

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Cette fois, le sud-ouest sera bien loti. Après avoir boudé l'Aquitaine en 2022, le Tour de France 2023 passera une semaine dans la région, pour le plus grand bonheur des fans de cyclisme. Les maires des villes-étapes concernées sont ravis. 

Car pour convaincre les organisateurs, les élus ont dû batailler. À coups de dossiers de candidatures étayés et d'appels répétés au directeur de l'organisation. "Ça a été le fruit de longues discussions avec Christian Prudhomme, le directeur du Tour", confirme Pierre Hurmic, le maire de Bordeaux.

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Cela faisait treize longues années que la Grande Boucle n'avait pas fait étape dans la capitale girondine. Bordeaux est pourtant une ville historique du Tour de France. C'est même la deuxième ville dans laquelle il s'est le plus arrêté, après Paris. En 2023, Bordeaux accueillera donc l'arrivée de la 7ᵉ étape. Pierre Hurmic est donc ravi de se présenter comme "le maire qui a fait revenir le Tour à Bordeaux".

Pour le Tour de France, faire étape dans une ville tenue par un maire écologiste est aussi un symbole. Car vélo ne rime pas toujours avec écolo. En 2020, le maire EELV de Lyon Grégory Doucet avait accusé le Tour de France d'être "polluant". Aujourd'hui, Pierre Hurmic promet que la course "est en train d'évoluer pour être une manifestation écologiquement responsable".

Culture du cyclisme 

Le maire de Bordeaux espère également que le passage du Tour encouragera la pratique du vélo. "On est en train de devenir une ville de référence sur le terrain des voies cyclables", assure l'élu.                Le vélo tient aussi une place particulière à Mont-de-Marsan. Avec quatre clubs de cyclisme et des centaines de licenciés, la commune "a multiplié les efforts pour essayer de convaincre l'organisation du Tour", se rappelle le maire Charles Dayot. Lors de la précédente édition, il a lui-même arrêté Christian Prudhomme pour lui remettre, symboliquement, le dossier de candidature de la ville. 

D'autant que Mont-de-Marsan avait un anniversaire à fêter : celui des 50 ans de la victoire de Luis Ocaña sur le Tour de France 1973. L'Espagnol de Mont-de-Marsan, comme il était surnommé, a fait ses débuts au stade Montois cyclisme. Les Landais lui restent très attachés et le passage du Tour permettra de célébrer sa victoire. 

Retrouvez notre reportage : sur les traces du champion Luis Ocaña

Sur le Tour 2023, une autre ville landaise rendra hommage à son champion. Dax, qui accueillera le départ de la 4ᵉ étape, célèbrera le sprinteur André Darrigade. Vainqueur de 22 étapes du Tour de France, il est originaire de Narrosse, à côté de Dax. Alors que le tracé était encore secret, le maire de Dax Julien Dubois avoue avoir vendu la mèche à une seule personne : André Darrigade ! "En accord avec Christian Prudhomme bien-sûr", s'empresse-t-il de préciser.

Rayonnement garanti 

Et cet hommage à l'enfant du pays n'est pas le seul argument que la ville a fait valoir. Pour accueillir un départ ou une arrivée du Tour, la commune doit disposer des infrastructures nécessaires. "Avec l'organisation des fêtes de Dax, on est habitués à organiser des événements de grande ampleur", explique Julien Dubois. 

Pour accueillir une étape du Tour, les communes doivent débourser un certain budget, de l'ordre de 100 000 € pour Mont-de-Marsan et Dax par exemple. Mais les élus l'assurent : les retombées économiques directes et indirectes sont bien plus importantes. "Le Tour est diffusé partout dans le monde, rappelle le maire de Dax. Des études ont évalué qu'un euro investi en rapporte trois." À Mont-de-Marsan, le maire espère bénéficier du rayonnement du Tour. "Au regard de l'exposition, c'est un vecteur important de communication pour le territoire", s'enthousiasme Charles Dayot.

Au Pays basque, on se réjouit aussi de l'impact du Tour de France sur le tourisme. "On dit traditionnellement que la saison démarre le 14 juillet, cette fois, on peut se dire qu'elle va commencer la première semaine de juillet", estime Nicolas Alquié, l'adjoint au maire de Bayonne en charge du tourisme. 

La ville de Bayonne prépare sa candidature depuis trois ans déjà, en partenariat avec le Pays basque espagnol. En 2019, le maire de Bayonne Jean-René Etchegaray et le président du gouvernement basque Iñigo Urkullu annonçaient leur candidature commune pour l'accueil du départ du Tour de France. "L'occasion d’un grand rassemblement populaire par-delà la frontière", a assuré le maire de Bayonne, qui souhaite faire de ce rendez-vous un symbole d’une collaboration transfrontalière.

Avec une semaine entière dans la région, c'est tout le sud-ouest qui bénéficiera du rayonnement conféré par le Tour de France.